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Tous capables de sainteté

Jésus-Christ avait exercé pendant trente ans un vil métier?; caché dans une boutique, vivant du travail de ses mains et ne donnant aucun signe de ce qu’il était. Autant que la chose dépend de nous, nous devons préférer la vie commune à toute autre, afin d’imiter de plus près Jésus-Christ, de nous conserver dans l’humilité, de rendre la vertu aimable au prochain, au lieu de le rebuter en la lui présentant sous une forme et des dehors presque impraticables. La vie commune est nommée ainsi, parce qu’elle est dans l’ordre commun de la Providence, parce qu’elle est compatible avec tous les états qui partagent la société. Elle n’exige ni de grandes forces de corps, ni des secours extraordinaires de Dieu, ni qu’on se sépare entièrement du monde, ni qu’on aille se renfermer dans un cloître, ou se cacher dans un désert. La vie commune s’allie merveilleusement avec l’esprit d’oraison, le recueillement habituel, le détachement des choses créées, l’union avec Dieu, la charité envers le prochain, les plus sublimes vertus du christianisme?; et elle a l’avantage de nous soustraire à la louange des hommes, et aux tentations de notre propre vanité. En général, les âmes intérieures sont pour la vie commune?; elles ne s’en écartent pas volontiers?; elles ne craignent rien tant que de se distinguer au-dehors en quoi que ce soit?; et si Dieu veut d’elles quelque chose d’extraordinaire, elles le dérobent avec le plus grand soin à la connaissance des autres.

Jean-Nicolas Grou (1731-1803), L’intérieur de Jésus, ch. XXIX

Nous devons préférer la vie commune à toute autre. Et si Dieu, lui, en préfère une autre pour nous, il saura nous le dire. Une vie ordinaire, celle d’un père ou d’une mère de famille, celle d’un salarié ou d’un retraité, n’est pas moins voulue et donnée par Dieu qu’une vie extraordinaire?: la sainteté n’est pas dans les événements, mais dans la façon dont nous les vivons, et l’usure d’un quotidien monotone n’exige pas moins de fidélité que la violence d’un martyre sanglant. Si l’Église canonise souvent des vies exceptionnelles, c’est parce qu’elles éclairent les vies plus habituelles?: les héros des films nous intéressent par leurs performances, mais parce qu’ils nous renvoient à nous-mêmes et nous donnent l’envie de nous dépasser. Mais l’erreur serait de vouloir les imiter, là où ils doivent simplement nous encourager. La vie commune s’allie merveilleusement avec l’esprit d’oraison?: n’attendons pas d’être saint pour le devenir?! C’est l’union à Dieu qui fait la sainteté, et dès que nous nous tournons vers lui, la petite graine reçue au baptême se met à grandir?: c’est par là qu’il nous faut commencer, et nous en sommes tous et toujours capables.

Grou (Jean-Nicolas, 1731-1803)
   Né à Calais, le jeune Grou entre à 15 ans chez les jésuites. Brillant professeur de lettres à La Flèche, il s’exile en Lorraine lors de la suppression de la Compagnie en 1763. Bientôt à Paris, il se consacre à la direction spirituelle, avant un nouvel exil en Angleterre du fait de la Révolution française.