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Apprendre à prier auprès de la crèche.

Quand Dieu parle, sa parole nous oblige à nous taire et à l’écouter ; mais quand il se tait, mais quand il se met même dans l’obligation de se taire et dans l’incapacité de parler, et qu’il se réduit à la captivité de l’enfance, combien plus sommes-nous obligés au silence par son silence et son impuissance !

C’est le partage de la Vierge en ce saint temps que le silence ; c’est sa voie, c’est sa vie. Son état intérieur et extérieur est un état de silence, qui adore la Parole éternelle qu’elle voit devant ses yeux, en son sein et entre ses bras, muette et sans parole. Le silence de Jésus qui est un état d’impuissance et de captivité, mais où il est entré par puissance et par volonté, la tire hors d’elle et la ravit en soi, et elle passe de silence en silence, de silence d’adoration en un silence de transformation, son esprit et ses sens conspirant également à former et perpétuer en elle cette vie de silence.

Adorons ce silence, imitons ce silence, et comme Marie est tirée et ravie dans le silence de Jésus Enfant, allons et adhérons à Marie, et lui demandons qu’elle nous y tire avec elle. Car qui ne doit beaucoup plus désirer de demeurer en silence que de parler, voyant Jésus et Marie, le Fils unique de Dieu et de sa Mère, en silence ? Outre que le silence est la principale louange et le plus grand hommage que nous puissions rendre à Dieu, dont l’immense grandeur nous ravit à nous-mêmes et nous ôte toute parole.

 

Guillaume Gibieuf (1583-1650), De la Vie et des Grandeurs de la Vierge, VIII

 

 Le silence est le milieu naturel de la prière : silence pour écouter, mais silence aussi parce que tout est dit dans cette simple présence à Dieu qui lui permet de venir demeurer en nous. En cela, toute prière trouve son accomplissement dans le mystère de Noël, dans le silence de la Parole incarnée.

La plus parfaite disciple de Jésus fut Marie, bien avant qu’elle soit sa Mère. Le silence de Jésus devient le sien dans la plénitude de l’accueil par lequel elle lui permet de prendre chair en elle, au-delà de tout ce qu’elle pourrait en dire, silence plein de Dieu, et non silence vide d’une pure et simple absence ; silence de la Parole qui crée, avant même que cette Parole ne dise. Notre prière naît dans ce silence et nous y reporte, nous faisant passer du silence d’adoration au silence de transformation, puisque s’accomplit alors en nous la naissance du Fils de Dieu à notre humanité.

Marie à Bethléem nous apprend à prier : toute disponible à Jésus, intensément présent et pourtant silencieux, lui qui ne parle pas mais qui est Parole. Le dénuement de la crèche nous enseigne qu’à l’exemple de Marie, de Joseph et des bergers, on ne prie bien que dans la pauvreté, la simplicité et l’humilité.

Gibieuf (Guillaume, 1580 ?-1650)
D’une famille de magistrats berrichons, Gibieuf entre à l’Oratoire de son ami Bérulle, et en assume pratiquement
le gouvernement avant d’en être évincé. Il fut trèsnmêlé à l’installation du Carmel thérésien en France. La Vie et les grandeurs de Marie appartient au meilleur de la littérature mariale de son époque.