/* paroisseetfamille pageprier.php 2021-02-25 JMC essai mysqli 2021-03-01 JMC adaptation mysqli status : OK */ ?> Paroisse et Famille - Une maison d´Édition au service des Paroisses et des Familles

Parler ou se taire dans la prière ?

    Jésus me dit un jour : « Ma fille, il y a une sorte de prière qui m’est très agréable : c’est celle d’une âme qui se tient devant Dieu sans aucun désir, sans autre volonté que la volonté de Dieu, qui se livre complètement à lui pour tout ce qui l’intéresse et la concerne, et, comme un enfant, sans rien demander à son père, s’abandonne à ses soins paternels, ayant néanmoins les yeux toujours attachés à lui pour recevoir ses ordres et les exécuter au premier signe de sa volonté. Combien Dieu regarde cette âme avec complaisance, comme il s’attache à elle ! Ah ! ce silence est plus éloquent que la plus éloquente des voix. Celui qui fait ainsi dit tout à Dieu sans lui rien dire, et, sans lui rien demander, il lui demande tout.
   N’oubliez pas ce que je viens de vous dire, ma fille. Quand vous prierez, si vous goûtez la présence de Dieu et ne pouvez parler sans perdre cette présence, laissez toute prière vocale ; mais si vous pouvez prier et jouir en même temps de la présence de Dieu, faites-le ; sinon, ne priez pas [vocalement] ; je le veux ainsi et soyez tranquille. De même, si vous êtes privée de la présence sensible de Dieu, ne la recherchez pas avec trop d’empressement ; sachez faire le sacrifice du plaisir que vous éprouveriez, et attendez avec soumission et humilité que Dieu vous accorde cette faveur s’il le juge convenable.
   La prière vocale, ma fille, et les actes de piété, sont ou pour exciter en soi des sentiments affectueux envers Dieu, ou pour les lui témoigner. Pourquoi, dans ces moments [où vous goûtez la présence de Dieu], iriez-vous chercher cela dans la prière vocale quand vous le possédez d’ailleurs ? »

 

Marie Lataste (1822-1847), Œuvres, VI, ch

 

    L’essence de la prière est dans notre volonté de faire la volonté de Dieu : deux personnes sont unies lorsqu’elles veulent la même chose, et cette union à Dieu, voilà notre vocation. Mais pour cela, encore faut-il que nous ayons les yeux toujours attachés à lui, et cela dépend de nous. C’est même la seule chose qui dépende de nous dans la prière, que cela soit accompagné ou non de mots, d’idées ou d’images dans notre cervelle : celui qui fait ainsi dit tout à Dieu sans lui rien dire, et, sans lui rien demander, il lui demande tout.
   Toute relation vraie entre deux personnes tend à la transparence, et donc au silence d’une simple présence de l’un à l’autre. Les mots (qu’ils soient effectivement prononcés dans la prière vocale ou simplement formés mentalement dans la méditation) aident à certains moments (pour exciter en soi des sentiments affectueux envers Dieu, ou pour les lui témoigner), gênent à d’autres : il ne faut donc pas hésiter à les délaisser quand ils n’aident plus, soit parce que la présence de Dieu s’impose avec évidence, soit parce qu’ils ne serviraient qu’à provoquer une impression de présence de Dieu, alors que nous savons qu’en réalité il est toujours là. Dans les deux cas, nous forcer à former ces mots empêche la transparence de la relation.
   D’une manière générale, seule la présence de Dieu perçue dans la foi compte dans l’oraison, et moins nous attacherons d’importance au reste, plus nous serons disponibles pour lui. La prière n’est pas une activité mais une relation, et elle peut être continuelle tant qu’au fond de notre conscience, nous savons que Dieu est là et que nous sommes attentifs à faire ce qu’il demande.

 

Lataste (Marie, 1822-1847)
   Née près de Dax, dans les Landes, au sein d’une nombreuse et pieuse famille paysanne, Marie Lataste bénéficia, à partir de l’âge de 17 ans, de très nombreuses révélations sous forme de conversations familières avec Jésus-Christ. Entrée à 22 ans chez les religieuses du Sacré-Cœur, elle mourut trois ans plus tard dans leur couvent de Rennes.