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La sainteté est à l’intérieurUne des choses les plus admirables en Jésus-Christ, et les plus contraires à nos idées, c’est la vie commune qu’il a menée, et qui, étant du choix même d’un Dieu, est évidemment la plus parfaite. Nous ne considérons guère la sainteté que parce qu’elle a d’extérieur, de frappant, d’extraordinaire. Nous avons peine à croire qu’un homme soit saint, à moins qu’il n’étonne notre imagination par sa vie solitaire, ses jeûnes, ses veilles, ses austérités. Les Juifs pensaient ainsi, et lorsqu’ils virent Jean sortir du désert, vêtu d’un cilice de poil de chameau, ne vivant que de miel sauvage et de sauterelles, cet appareil de pénitence le leur fit prendre aisément pour un prophète, et ils étaient tout disposés à le reconnaître pour le Messie. Tel est notre jugement sur la sainteté. Tout ce qui en paraît au-dehors est, à la vérité, une marque, mais une marque équivoque. On peut mener une vie singulière par l’austérité, et ne pas être un saint?; et sans mener une pareille vie, on peut être un grand saint?; ce qu’il y a de solide et d’éminent dans la sainteté est renfermé au-dedans?; Dieu seul le voit et en juge?; les hommes n’en aperçoivent rien?; ils n’en peuvent juger que par conjecture, et même ils sont la plupart hors d’état d’en juger. C’est ainsi que les Juifs se méprirent au sujet de Jésus-Christ?; et que ne voyant rien dans sa vie qui le distinguât du commun des hommes, ils ne purent se résoudre à croire qu’il fût le Messie, le Fils de Dieu. Jean-Nicolas Grou (1731-1803), L’intérieur de Jésus, ch. XXIX Nous pensons la sainteté comme un exploit?; moyennant quoi elle nous fait peur et nous nous en dispensons, comme si elle était facultative. En cela, les vies de saints que nous trouvons dans les livres ne nous rendent pas que des services, leurs auteurs jouant sur le fait qu’il faut de l’extraordinaire pour être intéressant. Mais la vie du plus saint des saints, Jésus-Christ, fut tellement ordinaire que ses contemporains n’ont rien remarqué?; et quand saint Pierre reconnaît en lui le Fils de Dieu, Jésus souligne aussitôt?: «?ce n’est pas la chair ni le sang qui t’a révélé cela, mais mon Père qui est dans les cieux?!?» Le surnaturel est absolument transparent. Ce qu’il y a de solide et d’éminent dans la sainteté est renfermé au-dedans. C’est pour cela que le recueillement, l’intimité avec Dieu, autant dire la prière, est la seule voie pour grandir en sainteté, la seule chose décisive. Certes, la sainteté a des conséquences extérieures, elle nous fait agir de façon cohérente avec ce que nous sommes, ou plutôt avec ce que Jésus-Christ est en nous, mais il ne faut pas confondre la cause et la conséquence. Le vrai combat chrétien est spirituel?; le temps de l’Avent est là pour nous aider à le mener, temps qui ouvre une année et toute une vie chrétienne. Grou (Jean-Nicolas, 1731-1803)
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