Mercredi 9 septembre 2026

Dieu ne nous tente pas

« Ne nous soumets pas à la tentation ! » Le Christ nous enseigne à demander, non pas que nous ne soyons pas tentés, mais que nous ne nous laissions pas dominer par la tentation. Car si l’homme est vainqueur de la tentation, il mérite la couronne de la victoire, et c’est pour cela que saint Jacques dit : « Frères, lorsque vous serez sollicités par diverses tentations, tenez cela absolument pour une joie ! » (Jc 1, 2) ; et de même dans le livre de l’Ecclésiastique : « Mon fils, si tu te mets au service de Dieu, prépare ton âme à la tentation ! » (Eccl 2, 1) ; et encore saint Jacques : « Heureux l’homme qui tient bon dans la tentation, car pour avoir été éprouvé, il recevra la couronne de vie. » (Jc 1, 12) Et donc, Jésus nous enseigne à ne pas nous laisser dominer par la tentation en
y consentant.

Vous n’éprouverez pas de tentation qui ne soit à mesure humaine (I Co 10, 13), car s’il est humain d’être tenté, consentir à la tentation vient du diable. Serait-ce parce que Dieu conduirait au mal, que nous lui demandons : « ne nous soumets pas à la tentation » ? Non, on peut seulement dire cela au sens où Dieu permet le mal, et où il retire alors sa grâce de l’homme en qui le péché s’est multiplié ; et la grâce faisant défaut, l’homme tombe dans le péché.

Saint Thomas d’Aquin (1224-1274), Sur le Notre Père, n° 85

MÉDITER LE NOTRE PÈRE

La tentation n’est telle que parce que nous y faisons attention. Et nous n’y ferions pas attention si nous étions occupés à faire ce que Dieu nous demande. Comment la femme aurait-elle cru aux paroles du serpent, si déjà son esprit n’était pénétré de cet amour de son propre pouvoir et d’une certaine et orgueilleuse présomption, qui fut révélée par cette tentation ? (Saint Augustin) La tentation révèle le péché, plus qu’elle ne le provoque.

Mais la conséquence du péché commis, c’est que nous découvrons la tentation trop tard, une fois qu’elle est là. Et alors le combat est inévitable. Mais de cette occasion de chute qu’il n’aurait pas voulue, Dieu va faire une occasion de victoire, et donc d’amour supplémentaire. Et pour cette victoire, il nous donne toute la force dont nous avons besoin, ce qui nous rend notre liberté perdue dans le péché.

N’envisageons pas le combat comme perdu d’avance : C’est une heureuse condition pour nous en cette guerre, que nous soyons toujours vainqueurs, pourvu que nous voulions combattre. (saint François de Sales)

VIVRE LE NOTRE PÈRE

Les tentations qui se présentent à nous sont presque toujours les mêmes : paresse pour les uns, cupidité pour les autres, etc. Commençons par bien les identifier, et lorsque nous récitons le Notre Père, arrêtons-nous à « ne nous soumets pas à la tentation », et mentionnons explicitement notre tentation habituelle.

L´Auteur :

Thomas d’Aquin (Saint, 1225-1274)

D’une noble famille d’Italie du sud, Thomas est formé au célèbre monastère du Mont-Cassin, dont il était destiné à devenir l’abbé. Il entre à vingt ans chez les dominicains, étudie puis enseigne à Paris et en Italie, élaborant avec sa Somme Théologique, une œuvre de référence pour la pensée chrétienne.