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Jeudi 16 avril 2026
Saint Benoît-Joseph Labre
Pèlerin, mendiant (+ 1783)
Le chemin est venu jusqu’à nous
Grande chose que la Vérité, grande chose que la Vie, si seulement il y avait moyen que mon âme y parvienne ! Tu cherches le chemin ? Écoute-le te dire d’abord : Je suis le chemin. Avant de te dire le point d’arrivée, il commence par te dire par où passer : Je suis, dit-il, le chemin… ; le chemin pour où ? … et la Vérité et la Vie1. Il dit d’abord par où tu parviendras, et ensuite où tu parviendras.
Je suis le chemin, la Vérité et la Vie : demeurant auprès du Père, le Seigneur est la Vérité et la Vie ; revêtant la chair, il devient le chemin. Il ne t’est pas dit : donne-toi du mal pour chercher le chemin qui conduit à la Vérité et à la Vie ; ce n’est pas cela qui t’est dit. Debout, paresseux ! Le chemin lui-même est venu jusqu’à toi et t’a réveillé de ton sommeil, toi qui dormais, du moins je l’espère ! Lève-toi et marche2 !
Peut-être essaies-tu de marcher, mais tu n’y arrives pas parce que les pieds te font mal ? Et pourquoi te font-ils mal ? Auraient-ils couru sur de mauvais chemins sous la conduite de l’avarice ? Mais le Verbe de Dieu a guéri aussi les boiteux ! Non, diras-tu, j’ai de bons pieds, mais c’est le chemin que je ne vois pas… Oui, mais il a aussi illuminé les aveugles !
1. Jn 14, 6 2. Jn 5, 8
Saint Augustin (354-430), Sur l’Évangile de Jean, traité 34, 9
MÉDITATION
Dieu lui-même a fait tout le chemin pour venir jusqu’à nous, ne tenant aucun compte de notre éloignement du fait du péché, ne nous reprochant rien, désireux comme au premier jour de mener vie commune avec nous. Une seule chose manque à nos retrouvailles avec lui : notre consentement. C’est la limite absolue de l’amour : il doit être libre.
Les textes de la Liturgie nous parle souvent de notre sommeil et de notre paresse spirituels : le péché originel nous plonge dans l’engourdissement, qui nous fait facilement différer les vraies résolutions, et traiter comme secondaire la question essentielle de notre vie éternelle.
Nous sommes sans excuse : si nos pieds (c'est-à-dire notre volonté) nous font mal, laissons-nous guérir par Jésus en nous tournant vers lui ; si nos yeux (c'est-à-dire notre intelligence) sont aveugles, tournons-nous encore vers lui, et nous verrons clair. Il n’y a que le premier pas qui coûte : celui de la foi.
L´Auteur :
Augustin d’Hippone (Saint, 354-430)
Saint Augustin, fils d’un père païen et de la pieuse sainte Monique, le plus célèbre, le plus lu et le plus commenté des Pères de l’Église latine, est un berbère de l’actuelle Algérie. Converti par la prédication de saint Ambroise (en 386) après une jeunesse orageuse et la parfaite éducation d’un rhéteur de l’Empire romain finissant, il est évêque d’Hippone en 395. Son œuvre immense ouvre le Moyen Âge ; rédigée au moment où les invasions barbares marquent la fin de l’Antiquité, elle domine la théologie et la spiritualité occidentales.
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