Dimanche 28 juin 2026

13ème Dimanche du Temps Ordinaire

Agissant ou agité ?

Il semble que je vous voie empressée avec grande inquiétude à la quête de la perfection. Or, je vous le dis en vérité, comme il est écrit au Livre des Rois : Dieu n’est ni au vent fort ni en l’agitation, ni en ces feux, mais en cette douce et tranquille portée d’un vent presque imperceptible.

Laissez-vous gouverner par Dieu, ne pensez pas tant à vous-mêmes. Si vous désirez que je vous commande, je vous commanderai premièrement, qu’ayant une générale et universelle résolution de servir Dieu de la meilleure façon que vous le pourrez, vous ne vous amusiez pas à examiner et éplucher subtilement quelle est la meilleure façon. Vous savez que Dieu veut en général qu’on le serve, en l’aimant par-dessus tout, et notre prochain comme nous-mêmes : cela suffit, il faut le faire à la bonne foi, sans finesse ni subtilité, à la façon de ce monde, où la perfection ne réside pas ; à l’humaine selon le temps, en attendant un jour de le faire à l’angélique et selon l’éternité. L’empressement, l’agitation du dessein n’y sert à rien ; le désir en est bon, mais qu’il soit sans agitation. C’est cet empressement que je vous défends expressément, comme la mère imperfection de toutes les imperfections.

Saint François de Sales (1567-1622), À la Sœur de Soulfour, 16 janvier 1603

Méditation

L’Évangile demande du temps : Dieu a pris presque vingt siècles pour préparer le peuple d’Abraham à la venue de son Fils. Le temps liturgique nous éduque à laisser Dieu nous gouverner.

La vie chrétienne est rarement spectaculaire : sa perfection consiste à être parfaitement accordé à Dieu, non pas à faire des choses parfaites. La sainteté n’est pas notre affaire, mais la sienne.

L’Évangile est simple : se laisser faire par Dieu et par ses frères. Ne cherchons pas la performance, mais l’amour. Pour cela, nous avons d’abord à vivre les dix commandements et à nous acquitter de nos devoirs de chrétiens. Commençons par-là, et nous rêverons ensuite à une sainteté « canonisable ».

L´Auteur :

François de Sales (Saint, 1567-1622)

Noble savoyard, après une éducation de gentilhomme et de juriste à Paris et à Padoue, il entre dans les ordres et ramène au catholicisme le nord de la Savoie. Évêque de Genève en 1602, il réside en fait à Annecy, et réforme son diocèse dans l’esprit du Concile de Trente. En 1610, il inaugure une nouvelle forme de vie consacrée en fondant la Visitation avec Jeanne de Chantal. L’activité pastorale épuisante de François de Sales reposait sur une vie intérieure des plus riches, dont témoignent autant son enseignement « grand public » (dans l’Introduction à la Vie dévote et dans sa correspondance) que son magistral Traité de l’Amour de Dieu. Directeur spirituel, prédicateur, diplomate, écrivain… : un des maîtres absolus de la contre-réforme catholique !