|

Mercredi 22 juillet 2026
Sainte Marie-Madeleine
Pénitente, disciple du Christ (Ier siècle)
La force de l’amour
Vous aimez saint Augustin, sainte Madeleine, ces âmes auxquelles « beaucoup de péchés ont été remis parce qu'elles ont beaucoup aimé ». Moi aussi je les aime, j'aime leur repentir, et surtout… leur amoureuse audace ! Lorsque je vois Madeleine s'avancer devant les nombreux convives, arroser de ses larmes les pieds de son Maître adoré, qu'elle touche pour la première fois ; je sens que son cœur a compris les abîmes d'amour et de miséricorde du Cœur de Jésus, et que toute pécheresse qu'elle est ce Cœur d'amour est non seulement disposé à lui pardonner, mais encore à lui prodiguer les bienfaits de son intimité divine, à l'élever jusqu'aux plus hauts sommets de la contemplation.
Ah ! Mon cher petit Frère, depuis qu'il m'a été donné de comprendre aussi l'amour du Cœur de Jésus, je vous avoue qu'il a chassé de mon cœur toute crainte. Le souvenir de mes fautes m'humilie, me porte à ne jamais m'appuyer sur ma force qui n'est que faiblesse, mais plus encore ce souvenir me parle de miséricorde et d'amour.
Comment lorsqu'on jette ses fautes avec une confiance toute filiale dans le brasier dévorant de l'Amour, comment ne seraient-elles pas consumées sans retour ?
Thérèse de l’Enfant-Jésus, Lettre à l'Abbé Bellière, 21 juin 1897
Méditation
Jésus ne nous aime pas par devoir, mais par amour, avec affection, avec tendresse. S’il nous donne la pécheresse Marie-Madeleine en exemple, c’est bien pour nous dire qu’être chrétien n’est pas affaire de vertu.
La vertu n’y perdra rien : Marie-Madeleine et les autres pécheurs de l’Evangile se convertissent après avoir rencontré Jésus, mais parce qu’ils l’ont rencontré, et non pour pouvoir le rencontrer.
Alors, oui, chassons de notre cœur toute crainte : aucun péché ne résistera à l’amour de Dieu ; c’est nous qui risquons de lui résister en prétendant à une autre justice que la sienne.
L´Auteur :
Thérèse de l’Enfant-Jésus (Sainte, 1873-1897)
Née à Alençon, étoile filante dans la nuit rationaliste de son siècle, Thérèse Martin n’est encore qu’une fillette hypersensible, brisée par la mort de sa mère, lorsqu’elle ressent à l’occasion d’un chagrin d’enfant durant la nuit de Noël 1886 toute la détresse de l’homme sans Dieu. Mais prenant appui sur cette faiblesse même, elle plonge au cœur de l’Amour miséricordieux, opérant d’un coup la révolution copernicienne qui caractérise sa « petite voie », dans laquelle va s’engouffrer la spiritualité contemporaine : « En cette nuit où Il se fit faible et souffrant pour mon amour, Il me rendit forte et courageuse, Il me revêtit de ses armes. » Entrée quelques mois plus tard au carmel de Lisieux, elle fera de cette impuissance le ressort de son union à Dieu, avançant de joie en joie dans les épreuves les plus rudes du corps et de l’âme, jusqu’à une mort pleinement vécue comme explosion de vie : « C’est dans les bras du bon Dieu que je tombe ! »
|