Jeudi 5 février 2026

Sainte Agathe

En ceux qui le désirent, le Verbe vient naître

La naissance dans la chair du Verbe de Dieu n'a eu lieu qu'une seule fois ; mais sa naissance selon l'esprit se produit sans cesse, ainsi qu'il le désire, chez ceux qui eux aussi le désirent, à cause de sa bonté envers les hommes. Il devient un enfant, qui s'adapte à leurs capacités, et il se manifeste dans la mesure où celui qui le reçoit est capable de lui faire place. C'est sans aucune amertume qu'il réduit l'apparence de sa véritable grandeur : il se conforme à la mesure dont ceux qui désirent le voir sont capables. Ainsi le Verbe de Dieu se manifeste toujours de façon adaptée à ceux qui participent à lui, mais il demeure toujours invisible à tous, parce que son mystère est au-delà de tout.

Dieu se fait parfaitement homme, en n'omettant rien de ce qui appartient à notre nature, sauf le péché, lequel n'en faisait pas partie. Il voulait ainsi présenter notre chair comme un appât pour provoquer le dragon insatiable, prêt à engloutir cette chair, devenue pour lui un poison capable de le détruire entièrement, par la puissance de la divinité cachée en elle. Et cette même chair deviendrait un remède pour la nature humaine en la ramenant à la grâce des origines, par la puissance de la divinité unie à elle.

Comment le Verbe incarné est-il essentiellement le Verbe en personne, en étant substantiellement la même personne demeurant tout entière dans le Père ? Comment lui-même, étant entièrement Dieu par nature, et devenant tout entier homme par nature, n'est-il aucunement privé d'aucune de ces deux natures : ni de la nature divine selon laquelle il est Dieu, ni de notre nature selon laquelle il s'est fait homme ?

La foi seule embrasse ces mystères, car elle est « la manière de posséder déjà ces réalités » qui sont au-delà de l'intelligence et de la parole.

Maxime le Confesseur, centuries sur la charité

L´Auteur :

Maxime le Confesseur (Saint, 580-662)

Originaire d’Asie Mineure ou de Palestine, Maxime fut, pour les uns, secrétaire de l’empereur à Constantinople avant de devenir moine, pour d’autres, simple moine depuis sa jeunesse. En tout cas, au soir de sa vie, il sera mêlé aux controverses sur la double nature divine et humaine du Christ, et sera persécuté pour sa fidélité à la foi authentique, ce qui lui vaudra le surnom de « Confesseur ». Par son influence tant en Occident qu’en Orient, son œuvre, par ailleurs abondante et difficile, constitue un pont entre les traditions grecque et latine de la théologie chrétienne.