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Mardi 21 avril 2026 Saint Maëlrub Abbé (+ 722) Le retour de l'enfant prodigue Je voudrais pouvoir vous gronder fort de ce que vous avez si peu de confiance en Notre-Seigneur. Il ne faut pas le craindre ; c’est lui faire une grande injure, à lui qui est si bon, si doux, si aimable et si plein de tendresse et de miséricorde pour nous. Vous pouvez vous tenir devant lui, tout couvert de confusion à cause de votre pauvreté et de votre abjection ; mais il faut que cette confusion soit celle de l’enfant prodigue après son retour, confiante et pleine de tendresse. Voilà comment vous devez paraître devant Jésus, notre bon Père et Seigneur. Vous êtes toujours dans les craintes que vous ne l’aimiez pas : c’est probablement dans ces moments, mon très cher, que vous l’aimez le plus, et qu’il est plus près de vous que jamais. Ne mesurez pas votre amour envers Notre-Seigneur par votre sensibilité. C’est une bien petite mesure que celle-là. Abandonnez-vous entre ses mains avec confiance ; votre amour croîtra de plus en plus, mais vous ne vous en apercevrez pas, et cela n’est aucunement nécessaire. Ô homme sensible et curieux, devenez donc un homme spirituel et selon le cœur de Dieu ! François Libermann (1802-1852), Lettre du 31 mai 1838 MÉDITATION Depuis le péché originel, nous avons peur de Dieu. Et comme des enfants qui ont peur de se faire gronder essaient maladroitement de réparer leur bêtise, nous cherchons comment paraître devant Dieu de façon à peu près présentable. C’est oublier totalement que Dieu pardonne, qu’il ne voit même pas nos fautes, et que ce qu’il regrette dans notre péché, c’est justement cette peur qui nous empêche de nous précipiter dans ses bras. Oui, le péché fait des dégâts, mais Dieu les a mille fois réparés. En revanche, il y a une chose qu’il ne peut pas faire à notre place : que nous lui fassions confiance. Faire confiance : la peur n’est jamais qu’une impression. La foi va au-delà des impressions : nous avons toutes les preuves de l’amour inconditionnel de notre Père pour nous. Ne nous occupons pas de notre peur, et elle disparaîtra d’elle-même. Le progrès spirituel est fréquemment paralysé par une fausse humilité qui nous permet de ne pas tirer toutes les conséquences du pardon de Dieu : à force de dire que nous ne sommes pas dignes de lui, nous ne nous occupons plus de lui. Obligeons-nous à la foi, regardons en face le pardon de Dieu, et au lieu de prendre la fuite, ne mesurons pas notre amour envers Notre-Seigneur par notre sensibilité. L´Auteur : Libermann (Vénérable François, 1802-1852) Fils d’un rabbin alsacien, baptisé à 24 ans au lendemain d’une conversion fulgurante, il s’oriente vers le sacerdoce qu’il ne recevra qu’à 40 ans du fait de sa santé précaire. Remarquable directeur spirituel, il est aussi l’un des grands acteurs de l’évangélisation de l’Afrique, à travers la Congrégation du Saint Esprit qu’il relance en 1848. ![]() |