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Vendredi 17 avril 2026
Sainte Kateri Tekakwitha
Autochtone du continent nord-américain (+ 1680)
Soyons dans la joie
La joie est la première en date dans la vie de Jésus, la première occupante de son âme et le fond même de son état de Dieu incarné. Elle est le support de tout le reste de ses états humains, et elle en est aussi la conclusion. La douleur même qui, dans le mystère du Christ, a une part si considérable qu’elle paraît infinie à tout œil qui n’est pas celui de Dieu, la douleur y est mise au service de la joie. La douleur n’est d’ailleurs et ne peut jamais être qu’un fait secondaire et relatif, elle n’est pas de soi un fait divin.
Pour peu qu’on réfléchisse, on comprend pourquoi la joie est, naturellement et nécessairement, dans l’âme à jamais bénie de Jésus, quelque chose de primordial, de fondamental et d’immuable : la joie est le repos et l’épanouissement de l’être dans la vérité, l’amour et l’harmonie. Tel est l’état de Dieu, son état essentiel. Tel est aussi l’état originel et radical de toutes ses créatures. Or, en aucune créature, Dieu n’a plus librement et divinement agi que dans l’âme à laquelle il a uni son Verbe ; aucune n’a été, dès son origine, plus vraie, plus juste, plus pure, plus simple, plus parfaite et sainte en toute manière et de tout point, que cette âme sacrée du Sauveur.
Charles Gay (1815-1892), 9e Elévation sur la vie et la doctrine de Notre Seigneur Jésus-Christ
MÉDITATION
La joie, notre « état essentiel et radical » : voici qu’elle nous est rendue à proportion de notre accueil de Jésus. Oui, notre vie connaît bien des douleurs, le péché même laisse bien des traces en nous, mais enfin il n’y a d’ombre que par rapport à la lumière, et la vie chrétienne ne saurait être triste : la liturgie est parfois dominée par la joie, parce que secrètement, dans l’âme chrétienne, « même la douleur est mise au service de la joie. »
L´Auteur :
Gay (Charles, 1815-1892)
Né à Paris dans une famille bourgeoise aisée, Charles Gay sera élevé dans l’indifférence religieuse des lendemains de la Révolution. Les rencontres de Lacordaire et d’Ozanam l’orienteront vers le sacerdoce qu’il reçoit en 1845. Tenté par la vie monastique, il sera finalement appelé à Poitiers par le futur cardinal Pie, qui en fera son principal collaborateur, notamment dans la préparation du concile Vatican I, puis son évêque auxiliaire. Musicien lié à Gounod, prédicateur lié à Lacordaire, formateur d’âmes lié à Libermann, Mgr Gay fut à coup sûr l’un des grands acteurs du renouveau de la vie consacré et de la résistance spirituelle à la laïcisation de la France du XIXe siècle. Ses conférences et ses lettres montrent un profond pédagogue de la vie intérieure.
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