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Dimanche 1er mars 2026 2ᵉ dimanche de Carême "Quitte ton pays !" Notre carême a-t-il sérieusement commencé ? Non ? En ce deuxième dimanche, la liturgie pousse les retardataires : Il faut imiter la foi d’Abraham, et aller toujours sans savoir où. On ne s'égare qu’en se proposant un but de son propre choix. Quiconque ne veut rien que la seule volonté de Dieu, la trouve partout, de quelque côté que la Providence le tourne, et par conséquent il ne s'égare jamais. Le véritable abandon n'ayant aucun chemin propre, ni dessein de se contenter, va toujours droit comme il plaît à Dieu. La voie droite est de se renoncer, afin que Dieu seul soit tout, et que nous ne soyons rien. J'espère que celui qui nourrit les petits oiseaux aura soin de vous. Heureux celui qui, comme Jésus-Christ, n'a pas de quoi reposer sa tête ! Quand on s'est livré à la pauvreté intérieure même, doit-on craindre l'extérieure ? Soyez fidèle à Dieu, et Dieu le sera à ses promesses. Parlez peu, coupez court, ménagez votre temps, travaillez avec ordre et tout de suite ; préférez les œuvres aux beaux discours : l'avenir n'est point encore à vous ; il n'y sera peut-être jamais. Bornez-vous au présent ; mangez le pain quotidien. Demain aura soin de lui-même ; à chaque jour suffit son mal. C'est tenter Dieu que de faire provision de manne pour deux jours ; elle se corrompt. Vous n'avez point aujourd'hui la grâce de demain : elle ne viendra qu'avec demain lui-même. Moment présent : petite éternité pour nous. Fénelon, Lettre spirituelle Comment nous y prendre ? Mets en Dieu toute ta confiance, qu’il soit toute ta préoccupation et tout ton amour. Il répondra lui-même pour toi et fera bien les choses, selon ce qu’il y aura de mieux pour toi. Tu n’as pas ici-bas de cité permanente, et tu seras partout un étranger et un pèlerin, et jamais tu ne trouveras le repos si tu n’es pas intimement uni au Christ. Qu’as-tu à te préoccuper d’ici-bas, alors que là n’est pas le lieu de ton repos ? Ta demeure doit être dans les cieux, et il te faut considérer toutes les réalités terrestres comme quelqu’un qui ne fait que passer. Toutes les choses passent, et tu passes toi aussi avec elles. Veille à ne pas t’y attacher, pour ne pas en être prisonnier et périr. Thomas a Kempis, Imitation de Jésus-Christ Vous hésitez encore ? Mes frères, désirons vivement notre propre patrie ; quant à cette terre d'exil qui nous en sépare encore, souffrons-la, mais ne lui donnons pas notre cœur ; hâtons-nous cependant. Qu'est-ce qui pourrait nous retenir ici ? qu'est-ce que vous pourriez aimer dans ce siècle ? L'amour même que nous avons pour nos parents, nos épouses, nos enfants, nos richesses, de combien de souffrance n'est-il pas suivi ? quelle crainte il engendre ? il n'y a pas lieu de nous fixer ici. En nous hâtant nous aspirons aux biens éternels, sans avoir à craindre que le siècle nous entraîne dans sa ruine. Saint Augustin, Sur le Cantique nouveau
L´Auteur : Fénelon (François de la Mothe, 1651-1715) De vieille noblesse périgourdine, familier de l’entourage de Louis XIV, Fénelon devient précepteur de l’héritier du trône, le duc de Bourgogne. Archevêque de Cambrai en 1695, en semi-disgrâce après les condamnations du quiétisme, il se révélera homme de Dieu et pasteur exemplaire. Thomas a Kempis (Bienheureux, 1379-1471) Maître des novices des chanoines réguliers du Mont-saint-Agnès, aux Pays-Bas, il est l'auteur de l’Imitation de Jésus-Christ, l’un des textes les plus diffusés dans le monde depuis l’invention de l’imprimerie. Augustin d’Hippone (saint, 354-430) Saint Augustin, fils d’un père païen et de la pieuse sainte Monique, le plus célèbre, le plus lu et le plus commenté des Pères de l’Église latine, est un berbère de l’actuelle Algérie. Son œuvre immense ouvre le Moyen Age ; rédigée au moment où les invasions barbares marquent la fin de l’Antiquité, elle domine la théologie et la spiritualité occidentales. ![]() |