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Mercredi 3 juin 2026 Bienheureux Charles-René Collas du Bignon Prêtre de Saint-Sulpice et martyr de la Révolution française (+ 1794) Notre ascension avec le Christ Le jour de l'Ascension, Notre Seigneur Jésus-Christ est monté au ciel : que notre cœur monte avec lui ! Écoutons l’Apôtre nous dire : « Puisque vous êtes ressuscités avec le Christ, goûtez les réalités d’en-haut, là où il siège à la droite de Dieu ; recherchez les réalités d’en-haut, non pas celles de la terre. » (Col 3, 1) Et comme en son ascension, le Christ ne nous a pas quittés, nous sommes déjà là-haut avec lui, quoique ce qui nous est promis ne soit pas encore accompli dans notre corps. Si le Christ est déjà exalté au-dessus des cieux, il continue cependant de souffrir sur la terre toutes les épreuves que nous y endurons, nous les membres de son corps. Et puisque nous lui sommes unis par la foi, l’espérance et la charité, pourquoi ne reposerions-nous pas avec lui dans les cieux tout en étant ainsi éprouvés sur la terre ? Le Christ n’a pas quitté les cieux en descendant vers nous, et il ne nous a pas non plus quittés en y remontant. Il semblerait que l’Ascension ne concerne que le Christ, comme si personne d’entre nous ne pouvait en être gratifié ; mais non : elle concerne le Christ en son unité, lui qui est notre tête et nous qui sommes son corps. S’il y a un seul corps du Christ, les membres en sont nombreux ; si lui-même est descendu du ciel par miséricorde, par sa grâce, c’est avec nous en lui qu’il y est remonté. C’est donc bien le Christ qui est descendu et le Christ qui est remonté, non pas que la tête et le corps soient confondus, mais parce que l’on ne doit pas séparer le corps de la tête. Saint Augustin (354-430), Sermon pour l’Ascension Méditation Reprenant la définition que saint Paul donne de l’Église comme corps du Christ, saint Augustin parle souvent de l’histoire de l’Église comme d’une naissance laborieuse à la vie divine : nous sommes les membres de ce corps en train de naître, et toutes nos épreuves ici-bas sont les douleurs de l’enfantement continué du Christ, qui ne s’achèvera avec la fin des temps. Toute la vie chrétienne est à comprendre selon notre double appartenance à la terre et au ciel, à Adam et au Christ, au naturel et au surnaturel. C’est pourquoi la douleur de la croix n’empêche pas la joie de la résurrection, comme nos épreuves ici-bas n’empêchent pas le triomphe de Pâques et de l’Ascension. Mais une nouvelle fois, une juste compréhension de l’Ascension suppose celle de l’Incarnation : c’est « le Christ en son unité » qui siège à la droite du Père, c’est-à-dire dans la plénitude de sa divinité ; si bien que nous sommes déjà ressuscités, victorieux de la mort avec le Christ, et pourtant ce qui nous est promis n’est pas encore accompli dans notre corps. L´Auteur : Augustin d’Hippone (Saint, 354-430) Saint Augustin, fils d’un père païen et de la pieuse sainte Monique, le plus célèbre, le plus lu et le plus commenté des Pères de l’Église latine, est un berbère de l’actuelle Algérie. Converti par la prédication de saint Ambroise (en 386) après une jeunesse orageuse et la parfaite éducation d’un rhéteur de l’Empire romain finissant, il est évêque d’Hippone en 395. Son œuvre immense ouvre le Moyen Âge ; rédigée au moment où les invasions barbares marquent la fin de l’Antiquité, domine la théologie et la spiritualité occidentales. ![]() |