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Vendredi 16 janvier 2026" Il apprit par ses souffrances l’obéissance."Nous lisions le jour des Rameaux : "Jésus qui était de condition divine n'a pas revendiqué d'être l'égal de Dieu, mais il s'est fait obéissant jusqu'à la mort, et la mort de la croix". L'obéissance est un autre nom de l'amour, Jésus allant aujourd'hui jusqu'au bout du double commandement qui résume tous les autres : "Tu aimeras Dieu de tout ton cœur, de toute ton âme et de tout ton esprit, et ton prochain comme toi-même." C'est cette double obéissance qui l'aura mené jusqu'à la croix : Jésus-Christ Notre Seigneur a fait profession, dès le premier moment de sa vie et de son entrée au monde, de ne faire jamais sa volonté, mais celle du Père, selon ce qu'il a dit lui-même : Je suis descendu du ciel, non pour faire ma volonté, mais la volonté de celui qui m'a envoyé. Aussi ne l'a-t-il jamais faite, cette volonté, mais quoiqu'elle fût sainte, divine et adorable, néanmoins il l’a quittée et comme anéantie pour suivre celle de son Père, lui disant sans cesse en toutes choses ce qu'il lui a dit en la veille de sa mort au jardin des Oliviers : Non pas ma volonté, mais la vôtre soit faite, ô mon Père. C'est en ce point que consiste la soumission et obéissance chrétienne, à savoir, à continuer la soumission et obéissance très parfaite que Jésus-Christ a rendu, non seulement aux volontés que son Père lui a déclarées par lui-même, mais même à celles qu'il lui a déclarées par sa sainte Mère, par saint Joseph, par l'ange qui l'a conduit en Égypte, par les Juifs, par Hérode et par Pilate. Car il s'est soumis non seulement à son Père, mais il s'est assujetti à toutes les créatures pour la gloire de son Père et pour l'amour de nous. Saint Jean Eudes (1601-1680), La Vie et le Royaume de Jésus, II, XXXI Comment allons-nous "continuer cette soumission et obéissance très parfaite de Jésus-Christ" ? Saint Paul nous apprend que de s'employer, voire de donner sa vie pour le prochain, n'est pas tant que de se laisser employer au gré des autres, ou par eux ou pour eux ; et ce fut ce qu'il avait appris de notre doux Sauveur sur la croix. Car ce n'est pas assez d'assister le prochain de nos commodités temporelles, ce n'est pas encore assez d'employer notre propre personne à souffrir pour cet amour : mais il faut passer plus avant, nous laissant employer pour lui par la très sainte obéissance, et par lui tout ainsi que l'on voudra, sans que jamais nous y résistions. Car quand nous nous employons nous-mêmes, et par le choix de notre propre volonté ou propre élection, cela donne toujours beaucoup de satisfaction à notre amour propre ; mais à nous laisser employer dans les choses que d'autres veulent, et que nous ne voulons pas, c'est-à-dire que nous ne choisissons pas, c'est là où réside le souverain degré de l'abnégation. Saint François de Sales (1567-1622), Entretiens spirituels, de la Cordialité
L´Auteur : Eudes (Saint Jean, 1601-1680) Né dans une famille paysanne normande, Jean étudie chez les jésuites, puis entre à l'Oratoire de France. Prédicateur infatigable, recours de tous les pauvres, il incarne la Normandie mystique du XVIIe siècle. Fondateur des eudistes, son influence sur le clergé français traversera les siècles. François de Sales (Saint, 1567-1622) Évêque modèle de la contre-réforme catholique, fondateur de la Visitation avec Jeanne de Chantal, saint François de Sales fut d'abord un maître spirituel aussi profond dans son enseignement "grand public" (Introduction à la Vie dévote et correspondance) que dans son Traité de l'Amour de Dieu, analyse magistrale de l'ensemble de la vie intérieure. ![]() |