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Mardi 18 août 2026
Sainte Hélène
Impératrice byzantine (+ 329)
Aimer du cœur de Jésus
L’abrégé de la foi est renfermé dans ces paroles : « Nous avons cru à l’amour que Dieu a pour nous. » Mais si nous y croyons, il faut l’imiter. Ce Cœur de Jésus embrasse tous les fidèles ; c’est là où nous sommes tous réunis « pour être consommés dans l’unité ». C’est ce Cœur qui parlait, lorsqu’il disait : « Père, je veux que là où je suis, mes disciples soient aussi avec moi. » Il n’en écarte personne, il les appelle tous ses enfants, et nous devons nous aimer « dans les entrailles de la charité de ce divin Sauveur ». Ayons donc un cœur de Jésus-Christ, un cœur étendu, qui n’exclue personne de son amour.
C’est de cet amour réciproque qu’il se formera une chaîne de charité qui s’étendra du Cœur de Jésus dans tous les autres, pour les lier et les unir inviolablement ; ne la rompons pas ; ne refusons à aucun de nos frères d’entrer dans cette sainte union de la charité en Jésus-Christ. Il y a place pour tout le monde. Usons sans crainte des biens qu’elle nous procure, nous ne les perdrons pas en les communiquant aux autres, mais nous les posséderons d’autant plus sûrement : ils se multiplient pour nous avec d’autant plus d’abondance que nous désirons plus généreusement les partager avec nos frères.
Aimons donc dans le Cœur de Jésus. « Dieu est charité, et qui persévère dans la charité demeure en Dieu et Dieu en lui. »
Jacques-Bénigne Bossuet (1627-1704), Panégyrique de l’apôtre saint Jean
Méditation
Dieu ne nous crée que parce que d'abord il nous aime ; Dieu ne nous crée que pour donner à son Fils « une multitude de frères » (Rm 8), si bien que Jésus pourra nous dire : « Tout ce que vous aurez fait à l'un de ces petits qui sont mes frères, c'est à moi que vous l'aurez fait ! » (Mt 25.) Tel est le fondement de la générosité sur laquelle insiste notre foi chrétienne ; elle est moins une exigence de justice que l'expression de cette dignité divine de tout homme.
Si le partage aboutit à une répartition plus juste des biens, il est d'abord création d'un lien entre celui qui donne et celui qui reçoit, formation de proche en proche d'une chaîne de charité, qui est la véritable « valeur ajoutée » au bien que l'un reçoit et l'autre donne. Et c'est ainsi que le partage enrichit celui qui donne en même temps que celui qui reçoit.
Notre vraie richesse se mesure à nos investissements dans cette sainte union de la charité en Jésus-Christ, et non dans l'entassement de nos pièces d'or dans un placard.
L´Auteur :
Bossuet (Jacques-Bénigne, 1627-1704)
Né à Dijon, où il étudie chez les jésuites, Bossuet connaît très vite la plus brillante carrière ecclésiastique, couronnée par l’évêché de Meaux. Disciple de saint Vincent de Paul, ami, puis adversaire, de Fénelon, proche de la cour, orateur très doué, écrivain abondant, il représente l’Église de France officielle (et donc gallicane) dans les débats de l’époque.
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