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Vendredi 3 avril 2026Vendredi Saint ❧ Jeûne et abstinence de viande Pourquoi la croix ?Tous les philosophes vous le diront : La question du mal est insoluble, parce que le mal est absurde. S’il ne l’était pas, il ne serait plus un mal. La Passion de Jésus n’est pas une réponse à un problème : elle ne s’explique que par sa volonté de nous rejoindre partout où le péché nous avait séparés de lui, et au-delà encore, par sa volonté de se donner à nous jusqu’à la dernière goutte de son sang. Pourquoi est-ce que je souffre ? À cette question terrible, la plus ancienne de l’Humanité, Dieu seul, directement interpellé et mis en demeure, était en état de répondre ; et l’interrogatoire était si énorme que le Verbe seul pouvait le remplir en fournissant non pas une explication, mais une présence : « Je ne suis pas venu expliquer, dissiper les doutes avec une explication, mais ' remplir ', c’est-à-dire remplacer par ma présence le besoin même de l’explication. » Le Fils de Dieu n’est pas venu pour détruire la souffrance, mais pour souffrir avec nous. Il n’est pas venu pour détruire la croix, mais pour s’étendre dessus. Paul Claudel, Les invités à l’attention Il n’y a pas d’autre logique à la Passion de Jésus que celle de l’amour, et L’amour est de lui-même suffisant, de lui-même, il plaît ; il est à lui-même son propre mérite et sa propre récompense. L’amour ne cherche pas d’autre cause, pas d’autre fruit que lui-même : son fruit, c’est d’aimer. J’aime parce que j’aime ; j’aime pour aimer. Saint Bernard, Sermon 83 sur le Cantique Jésus crucifié aurait été très étonné de s’entendre demander ce qu’il faisait là ! Il était là où le péché nous a mis, et c’est tout. On croit toujours, quand on aime, que, quoi qu’on fasse, que, quoi qu’on donne, ce ne sera jamais assez. Que manquait-il aux souffrances du Fils de Dieu ? C’en était plus qu’il ne fallait pour nos besoins, pour la justice de son Père, pour la haine de ses ennemis. S’il sue, c’est jusqu’à ce que le sang vienne après l’eau ; s’il verse son sang, c’est jusqu’à la dernière goutte ; à la flagellation, il reçoit des coups plus que la loi n’ordonne, plus qu’il n’en peut supporter sans miracle ; il n’a plus de force, il veut encore porter la croix ; il n’a plus de sang, plus de membres qui soient sans plaie, et il demande encore à souffrir, et ce désir est une soif insatiable : « Sitio », j’ai soif. Il n’y a que vous, ô mon Dieu, qui soyez capable d’aimer ainsi ; on ne trouve rien de pareil parmi les hommes. Ô mon divin Sauveur, d’où vient donc que je vous aime si peu, quoique vous soyez si parfait, si accompli, quoique vous soyez si grand, si éclairé, si sage, si bon, si bienfaisant, si fidèle, si libéral envers vos amis, envers même vos ennemis ? La raison – pardonnez-moi, Seigneur, si j’ose vous le dire –, c’est que vous ne m’avez pas encore assez aimé, assez donné : on peut encore ajouter à cet excès, et c’est le don de votre amour même. Saint Claude La Colombière, Méditation sur la Passion
L´Auteur : Claudel (Paul, 1868-1955) D'une famille de hauts fonctionnaires, diplomate et écrivain, Paul Claudel connut une fulgurante conversion dans la nuit de Noël 1886. Bernard (Saint, 1090-1153) De noble famille bourguignonne, Bernard entre au monastère de Cîteaux en 1112. Bientôt abbé de Clairvaux, il est à l'origine d'un prodigieux renouveau monastique en Occident. Son influence sur la spiritualité occidentale fut déterminante. La Colombière (Saint Claude, 1641-1682) Jésuite, il sera à Paray-le-Monial le directeur de Sainte Marguerite-Marie, devenant un apôtre de sa dévotion au Sacré-Cœur. ![]() |