Vendredi 26 juin 2026

Saint Josemaría Escrivá de Balaguer

Fondateur de l'Opus Dei et de la Société des prêtres de la Sainte Croix (+ 1975)

Tout homme est aimable

« Celui qui m’aime, dit le Seigneur, observera mes commandements. Or, mon commandement à moi, c’est que vous vous aimiez les uns les autres1. »

Celui donc qui n’aime pas son prochain, n’observe pas le commandement, et qui n’observe pas le commandement ne saurait aimer le Maître.

Heureux l’homme capable d’aimer tous les hommes également.

Qui aime Dieu aime aussi son prochain sans réserve.

Bien incapable de garder ses richesses, il les dispense comme Dieu, fournissant à chacun ce dont il a besoin.

Celui qui, en faisant l’aumône, veut imiter Dieu, ne met aucune différence entre bon et méchant, honnête ou malhonnête homme, dès lors qu’ils sont dans la nécessité.

À tous il donne de même, à chacun selon ses besoins, tout en préférant pour sa bonne volonté le bon au méchant.

Dieu, par nature bon et sans passion, aime également tous les hommes, œuvres de ses mains, mais glorifie le juste, parce qu’il lui est intimement uni par la volonté ; et dans sa bonté, il a pitié du pécheur, l’instruisant en cette vie pour le convertir. Ainsi, l’homme bon et sans passion par volonté aime également tous les hommes, les justes pour leur nature et leur volonté bonne, les pécheurs pour leur nature et par cette pitié compatissante qu’on a pour un fou qui s’en va dans la nuit.

1.Jn 14, 15

Saint Maxime le Confesseur (580-662), Centuries sur la Charité, 1, 16-25

Méditation

La sagesse des anciens moines du désert, dont hérite Maxime, porte sur tout homme un regard religieux, et place immédiatement l’action sociale sur le plan de l’union à Dieu : « qui n’observe pas le commandement ne saurait aimer le Maître. »

Avant d’être bon ou mauvais, l’homme est homme, et comme tel il est le Christ, pour le chrétien. Certes, on n’aide pas de la même façon le bon et le méchant, mais tous deux doivent être l’objet d’un amour inconditionnel, car l’homme est « bon par nature » : c’est la clef d’une action sociale chrétienne.

Oui, même le méchant est aimable, et pour ce qui dépend de nous, ayons pour lui plus de pitié que de haine : pourquoi le traiter plus sévèrement qu’un fou ?

L´Auteur :

Maxime le Confesseur (Saint, 580-662)

Originaire d’Asie Mineure ou de Palestine, Maxime fut, pour les uns, secrétaire de l’empereur à Constantinople avant de devenir moine, pour d’autres, simple moine depuis sa jeunesse. En tout cas, au soir de sa vie, il sera mêlé aux controverses sur la double nature divine et humaine du Christ, et sera persécuté pour sa fidélité à la foi authentique, ce qui lui vaudra le surnom de « Confesseur ». Par son influence tant en Occident qu’en Orient, son œuvre, par ailleurs abondante et difficile, constitue un pont entre les traditions grecque et latine de la théologie chrétienne.