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Jeudi 16 juillet 2026Notre-Dame du Mont Carmel Être bon, c’est déjà pardonnerCe doux Agneau, le plus persécuté et le plus maltraité d’entre tous les hommes, n’a jamais appelé aucune créature mortelle du nom d’ennemi ! Il appelle Judas son ami, au moment même qu’il trame contre lui la plus perfide et exécrable trahison qui fût jamais. On le calomnie contre toute raison, on l’accuse faussement, on le méprise à tort, on lui crache au visage par indignation, on le fouette par risée, on le couronne d’épines par moquerie, on le traite outrageusement, on le fait enfin mourir avec ignominie, et parmi tout cela il n’a que des pensées d’amour pour ceux qui le traitent de la sorte, il les excuse, il ne parle que de pardon et de réconciliation pour eux auprès de son Père. S’il nous a conseillé d’acquiescer à celui qui nous voudrait charger de quelque fardeau durant le chemin, et d’aller encore plus loin qu’il ne nous aurait demandé, c’est ce qu’il a voulu accomplir parfaitement, ne se contentant pas de porter le pesant fardeau de la croix qui lui fut mise sur les épaules, mais voulant aussi y perdre la vie pour notre amour. Et tout cela pour nous apprendre que chose quelconque ne nous devait séparer de cette charité, même envers nos plus grands ennemis. Voici que ton Roi vient à toi, plein de douceur (Mt 21, 5) : aussi l’a-t-il toujours conservée parmi les affronts, injures et persécutions de ses ennemis. Ce sera une marque assurée que Dieu prendra son plaisir de demeurer en nous, si nous sommes doux et débonnaires envers notre prochain. Jean-François de Reims († 1660), Exercice de la présence de Dieu, II, II, 2 MÉDITER LE NOTRE PÈRE Le salut apporté par Jésus est universel et s’étend à ses pires ennemis ; le pardon de Dieu est universel parce que tout homme est destiné à devenir enfant de Dieu : « Voici l’Agneau de Dieu, qui enlève les péchés du monde ! » Jésus savait depuis toujours que Judas le trahirait ; il ne l’en a pas moins traité en ami. Naïveté ? Non, pardon. Le pardon tend encore la main à celui qui la refuse, non pas pour donner une leçon, mais pour donner une chance. Le pardon est sans calcul, sans contrepartie, et le plus souvent il est incompris non seulement de nos ennemis, mais même de nos amis. Jésus n’a jamais cherché à se justifier, ni auprès des premiers, ni auprès des seconds. VIVRE LE NOTRE PÈRE Le pardon commence par la douceur : « Je veux bien lui pardonner, mais… ». Ce « mais » indique que nous ne sommes pas encore prêts à pardonner. Continuons à nous taire, continuons à prier, et attendons que la douceur soit revenue dans notre cœur pour ouvrir la bouche. L´Auteur : Jean-François de Reims († 1660) D’une famille d’hommes d’Église de Reims, Jean-François Dozet entre chez les capucins de Troyes en 1615. Disciple de Martial d’Étampes, il incarne avec lui le rôle considérable des capucins dans le renouveau mystique du XVIIe siècle français. Prédicateur et directeur spirituel en divers couvents de Champagne et de Paris, il eut un rôle important dans le gouvernement de sa province. ![]() |