Samedi 1er août 2026

Saint Jonat

Abbé d'un monastère à Marchiennes (VIIe siècle)

Heureux les artisans de paix, ils seront appelés fils de Dieu !

« Je vous laisse ma paix, je vous donne ma paix, non comme le monde la donne » (Jn 14, 27). Tous les hommes cherchent la paix, mais ils ne la cherchent pas où elle est : la paix que fait espérer le monde est aussi différente et aussi éloignée de celle qui vient de Dieu, que Dieu lui-même est différent et éloigné du monde ; ou plutôt, le monde promet la paix, mais il ne la donne jamais. Jésus-Christ seul peut mettre l’homme en paix : il l’accorde avec lui-même, il lui soumet ses passions, il borne ses désirs, il le console par l’espérance des biens éternels, il lui donne la joie du Saint-Esprit, il lui fait goûter cette joie intérieure dans la peine même ; et comme la source qui la produit est intarissable, et que le fond de l’âme où elle réside est inaccessible à toute la malignité des hommes, elle devient pour le juste un trésor que personne ne lui peut ravir.

La vraie paix n’est que dans la possession de Dieu. Éloignez de vous tous les objets défendus, retranchez tous les désirs illicites, bannissez tout empressement et toute inquiétude, ne désirez que Dieu, ne cherchez que Dieu, et vous goûterez la paix, vous la goûterez malgré le monde. Qu’est-ce qui vous trouble ? la pauvreté, les mépris, les mauvais succès, les croix intérieures et extérieures ? Regardez tout cela, dans la main de Dieu, comme de véritables faveurs qu’il distribue à ses amis et dont il daigne vous faire part ; alors le monde changera de face pour vous, et rien ne vous ôtera votre paix.

François de la Mothe-Fénelon (1651-1715), Réflexions pour tous les jours du mois, 27e jour

 Méditation

« Jésus-Christ seul peut mettre l’homme en paix », en paix avec lui-même, en paix avec Dieu, en paix avec ses frères : « Jésus-Christ est notre paix », nous dit saint Paul (Ép 2, 14). Cette paix n’est pas un simple équilibre de forces, mais elle appartient à l’essence même de Dieu.

En Jésus, homme parfait, nous sommes réconciliés avec nous-mêmes : nous attacher à Jésus remet en ordre tout ce que nous sommes et tout ce que nous faisons.

En Jésus, vrai Dieu et vrai homme, nous sommes réconciliés avec Dieu : « Dieu l’a fait péché pour nous », nous dit encore saint Paul (II Co 5, 21), ôtant tous les prétextes que nous pourrions avoir de nous méfier de lui.

En Jésus, « aîné d’une multitude de frères » (Rm 8, 29), nous sommes réconciliés entre nous : en nous aimant, il fait naître en nos cœurs la capacité de nous aimer les uns les autres « comme il nous a aimés ».

L´Auteur :

Fénelon (François de la Mothe, 1651-1715)

De vieille noblesse périgourdine, Fénelon étudie chez les jésuites, puis les sulpiciens. Familier de l’entourage de Louis XIV, éloigné de la cour sous prétexte de quiétisme, il devient archevêque de Cambrai en 1695. Il s’y révèle un pasteur modèle, en même temps que le dernier représentant du Siècle d’Or de la spiritualité française face au jansénisme et au gallicanisme envahissants.