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Jeudi 27 août 2026 Bienheureux François de Sainte-Marie et ses 14 compagnons Martyrs à Nagasaki (+ 1620) Et un monde nouveau commence « Fiat… Qu’il me soit fait selon ta parole ! » Un fiat a donné commencement au monde ; ce fiat de Marie donne commencement à l’auteur du monde. Une parole a fait l’univers, et cette parole met en cet univers un autre univers, et fait un nouveau monde au milieu de ce monde, et un monde de merveilles, un ciel en la terre et une terre au ciel, une nature créée dans un être incréé. Fiat… La Vierge, en proférant cette grande parole, est l’Orient où naissent ces merveilles. Dieu l’a élevée parmi tous les autres, l’a élevée au-dessus des autres, et maintenant il l’élève au-dessus d’elle-même et l’établit en un état d’excellence et en une conduite admirable. Ce n’est pas un ange, mais le Dieu de cet ange qui est avec elle ; et cet ange nous en a avertis dès le commencement lorsqu’il lui a dit en arrivant : « Le Seigneur est avec vous. » Dieu est avec elle en attendant qu’il soit en elle, mais il est maintenant avec elle pour opérer en elle, pour l’élever au-dessus de tout ce qui est créé, pour l’associer à lui-même et pour la préparer à l’œuvre de ses œuvres. Car Marie est la seule parmi toutes les créatures à être choisie, destinée, employée en la plus grande opération du Tout-Puissant hors de lui-même, c’est-à-dire en l’incarnation du Verbe, et elle le sert pour cela par un si haut et si digne ministère que celui de mère ; et le moment approche où elle doit entrer en cette grande et singulière opération ! Ô grandeur ! ô merveille !
Pierre de Bérulle (1575-1629), Vie de Jésus, chap. XVI Méditation Le fiat de la création était en vue du fiat de Marie : le premier définit l’ordre de la nature, le second l’ordre de la grâce, l’un supposant l’autre. Ainsi Dieu permet-il à l’homme d’être homme, et Marie permet-elle à Dieu d’être Dieu en l’homme. Arbitre du dessein de Dieu, Marie, et avec elle toute l’humanité, se trouve établie d’un coup au-dessus de tout ce qui est créé, comme si le Créateur laissait sa place à sa créature, pour se mettre en sa dépendance et « apprendre l’obéissance » (Hb 5, 8). Si le fiat de Dieu a créé le monde, le fiat de Marie l’a recréé, et au moment où elle va le prononcer, le ciel et la terre inversent en quelque sorte leur rapport, le ciel étant désormais suspendu à la terre qui va décider de son destin. L´Auteur : Bérulle (Pierre de, 1567-1629) Bérulle fut au départ de ce que l’on appelle « l’École française de spiritualité ». D'une famille de parlementaires parisiens, associé de près à la politique religieuse de Henri IV puis de Louis XIII, Bérulle sera au cœur du Tout-Paris dévot au lendemain des guerres de religion, ce qui en fait l’un des acteurs principaux du prodigieux renouveau spirituel et mystique né dans ce milieu. Il participera à l’introduction du Carmel thérésien en France en 1604, aura son mot à dire dans la réforme de nombreuses congrégations, et fondera l’Oratoire de France en 1611, société de prêtres vivant l'idéal du Concile de Trente. Les écrits de Bérulle reflètent ses lectures des Pères de l’Église et de saint Thomas, mais aussi des mystiques nordiques, dont il reçoit l’intuition fondamentale de son œuvre : la vie chrétienne comme « appropriation » des mystères de la vie de Jésus, nous introduisant dans sa relation éternelle à son Père. ![]() |