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Mardi 11 août 2026Pardonner est toujours possibleFrères très chers, personne ne peut se dispenser d'aimer ses ennemis. On peut dire : "Je ne peux pas jeûner, je ne peux pas prier pendant la nuit." Est-ce qu'on peut dire : "Je ne peux pas aimer" ? On peut dire : "Je ne peux pas donner tous mes biens aux pauvres et servir Dieu dans un monastère", mais on ne peut dire : "Je ne peux pas aimer." Tu me dis : "Je ne peux pas me priver de biens et de viandes", et je te crois, mais si tu dis que tu ne peux pardonner à ceux qui t'ont fait mal, je ne te crois pas du tout. Et nous n'avons aucune excuse de ne pas le faire puisque nous devons accomplir cette aumône en la tirant non pas de notre cave mais de notre cœur : aimons donc non seulement nos amis, mais aussi nos ennemis. ... Mais tu me dis : "Mon ennemi m'a fait supporter tant de mal que je ne peux en aucune façon l'aimer." Tu regardes ce que cet homme t'a fait et tu ne regardes pas ce que toi tu as fait à Dieu ? Examine attentivement ta conscience : tu as commis sans les réparer beaucoup plus de fautes contre Dieu qu'un homme n'en a commis contre toi. Avec quelle audace alors tu voudrais que Dieu te pardonne beaucoup, alors que tu n'acceptes pas de pardonner un peu. Saint Césaire d'Arles (470-543), Sermon 223 MÉDITER LE NOTRE PÈRE Nous avons peut-être des excuses pour ne pas jeûner, pour ne pas donner à la quête, pour ne pas passer des heures à l'église, mais nous n'en avons aucune pour ne pas pardonner : "L'amour de Dieu a été déversé dans notre cœur", dit saint Paul (Ro 5, 5). Il y a là de quoi pardonner à la terre entière. Il n'y a pas de limite au pardon, parce qu'il n'y a pas de limite à l'amour, parce que l'amour est Dieu. Pardonner n'est pas trouver aimable celui qui nous offense, mais malgré l'offense, continuer à vouloir et faire pour lui tout ce qui lui sera bon. De toute façon, les pires offenses que l'on a pu nous faire, sont sans proportion avec celles que nous faisons quotidiennement à Dieu. Nous ne nous en rendons pas compte ? C'est bien le pire ! VIVRE LE NOTRE PÈRE Je repère dans mon entourage une personne avec laquelle mes relations ne sont pas vraiment fraternelles. Je prie pour elle, et je trouve un geste, même minime, qui améliorera nos relations. L´Auteur : Césaire d’Arles (Saint, 470-543) Né à Châlons-sur-Saône de parents gallo-romains, Césaire part à 20 ans au monastère de Lérins. Ses écrits sur les règles monastiques en feront l’un des pères du monachisme occidental. Diacre, prêtre, puis évêque d’Arles en 502, il doit composer avec les rois wisigoths et ostrogoths, chrétiens, mais ariens. Défenseur de la foi catholique, il préside à ce titre de nombreux conciles, réforme un clergé relâché, fonde plusieurs monastères féminins, et devient l’homme de confiance du pape pour le sud de la Gaule et l’Espagne. Face aux hérésies pélagiennes, qui attribuaient à l’homme, même pécheur, une certaine capacité à s’assurer la vie éternelle, Césaire assurera le triomphe de la doctrine de saint Augustin sur l’absolue gratuité du salut. Après l’annexion de la Provence par les Francs en 536, ses excellentes relations avec la famille de Clovis vaudront d’importantes donations aux archevêques d’Arles. ![]() |