Vendredi 30 janvier 2026

Sainte Aldegonde

Abbesse à Maubeuge (+ 684)

«Je ferai chez toi la Pâque...»

    Prépare-moi un vaste cénacle, et je ferai chez toi la Pâque avec mes disciples. Si tu le veux, je viendrai chez toi et y demeurerai. Rejette le vieux ferment, et purifie la maison de ton cœur. Repousse tout ce qui est du siècle et tout le tumulte des vices, et comme le passereau solitaire sur le toit, pense à tes méfaits dans l’amertume de ton âme. En effet, celui qui aime prépare toujours la maison la meilleure et la plus belle pour le bien-aimé, et en cela se reconnaît l’affection qu’il a pour celui qu’il reçoit.

    Sache, cependant, que tu ne saurais satisfaire à cette préparation par les mérites de tes actes, quand même passerais-tu une année entière à cela sans penser à rien d’autre : c’est par ma seule bonté et grâce qu’il t’est permis d’accéder à ma table, comme un mendiant invité à la table du riche, sans qu’il ait rien d’autre pour l’en remercier que de s’humilier et de lui en rendre grâce. Fais donc ce qui est en toi ; et quand tu l’auras fait avec diligence, reçois le Corps du Bien-aimé Seigneur ton Dieu qui daigne venir à toi, non pas pour satisfaire à la coutume ou à la nécessité, mais avec crainte et révérence. C’est moi qui t’appelle, qui t’ordonne de venir et qui supplée à ce qui te manque : viens, et reçois-moi !

Thomas a Kempis (1379-1471), Imitation de Jésus-Christ, IV, 12

MÉDITATION   

     Jésus nous invite à sa table. Comment nous y préparer ? «Seigneur, je ne suis pas digne...» Mais le Seigneur le sait bien, et n’attend qu’une chose de nous : que nous lui permettions de faire la Pâque avec lui.

    «J’ai désiré d’un grand désir manger cette Pâque avec vous», nous dit Jésus au début de sa Passion. Tout ce que nous célébrons n’a d’autre explication que ce désir : «C’est moi qui t’appelle, qui t’ordonne de venir.» Pourquoi la messe ? Parce que Jésus le veut. Il faut que cela nous suffise.

L´Auteur :

Thomas a Kempis (1379-1471)

Né à Kempen (au nord de Cologne), Thomas passe son adolescence à Deventer, chez les Frères de la Vie commune (autour de Gérard Groote et Florent Radewijns), foyer de la «Dévotion moderne» : dans la ligne de Ruusbroec l’Admirable († 1381), les Frères y cultivaient à la fois l’intériorité qui s’épanouira chez les mystiques espagnols, et l’étude des grands auteurs de la Tradition. Entré chez les chanoines réguliers du Mont-Sainte-Agnès, près de Zwolle (maison de la très importante congrégation de Windesheim, dans la filiation de Ruusbroec), c’est comme maître des novices que Thomas y rédige des milliers de pages de méditation et de formation spirituelle, dont l’Imitation de Jésus-Christ, l’un des livres les plus diffusés de l’histoire de l’humanité.