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Jeudi 21 mai 2026Ne pas craindre d’avouerLe péché est un grand mal assurément, mais un mal beaucoup plus affreux, c'est de nier le péché après qu'il a été commis. Voilà une des armes les plus puissantes du démon. Nos premiers parents en firent la triste expérience. Adam, au lieu d'avouer son péché, comme c'était son devoir, le rejette sur Ève ; Ève en accuse à son tour le démon. Ils n'avaient qu'une chose à faire, c'était de dire à Dieu : Nous avons péché, nous avons désobéi à ta Loi. Mais au contraire, loin de confesser leur faute, ils cherchent à l'excuser. Le démon sachant que la confession du péché est le moyen le plus puissant pour l'effacer, que fait-il ? Il suggère à l'âme de se conduire avec impudence. Pour vous, mon très cher frère, lorsque vous avez commis une faute, dites : J'ai péché. C'est là votre légitime défense ; c'est ainsi que vous vous rendrez Dieu propice, c'est ainsi que vous éloignerez la rechute dans les mêmes fautes. Mais si vous n'avez d'autre soin que de chercher des excuses imaginaires et de bannir de votre cœur tout sentiment de crainte, vous donnez à votre âme une facilité bien plus grande pour retomber dans les mêmes liens, et vous irritez la colère de Dieu. Saint Jean Chrysostome (350-407) Explication du Ps 140 MÉDITER LE NOTRE PÈRE « Celui qui commet le mal déteste la lumière et ne vient pas à la lumière, de peur que ses œuvres ne soient démasquées. » (Jn 3, 20) Avouer le péché est l’amener à la lumière, et du fait même lui ôter son pouvoir de nuisance. Nous excuser au lieu de nous accuser, c’est entrer dans une logique de mensonge ; certes, nous trouverons toujours de bonnes raisons pour cela (« j’ai volé, mais c’est que j’étais un peu gêné le mois dernier, j’ai été brutal avec mes enfants, mais c’est parce qu’ils m’énervaient… »), mais cela ne diminue en rien notre responsabilité ! Nous sortons du péché lorsque nous le regardons en face, que nous le nommons et que nous en assumons la responsabilité : c’est la raison d’être de la confession. VIVRE LE NOTRE PÈRE J’écris noir sur blanc et à la première personne du singulier un péché que j’ai récemment commis. Par exemple : hier, à 10h, j’ai laissé accuser un de mes collaborateurs pour une faute professionnelle dont j’étais le véritable responsable. L´Auteur : Jean Chrysostome (Saint, 350-407) Né vers 350 à Antioche, seconde ville de l’Asie Mineure, Jean Chrysostome s’accusera d’avoir abusé dans sa jeunesse de la gastronomie et des spectacles. Après une excellente formation classique, il demande le baptême vers 20 ans, et commence sa vie chrétienne par six ans d’érémitisme. De retour à Antioche, Jean est ordonné diacre en 380, puis prêtre en 386. Brillant prédicateur, il est surnommé pour son éloquence Chrysostome, c’est-à-dire « Bouche d’or ». En 397, l’empereur l’impose malgré ses résistances comme patriarche de Constantinople. Il va y entreprendre la réforme d’un clergé asservi à la cour, déposant les évêques indignes de la région, faisant rentrer les moines dans leur monastère, et n’hésitant pas à dénoncer les turpitudes et les injustices de la famille impériale, tout en menant lui-même la vie austère de l’ermite qu’il avait été dans sa jeunesse. Allant jusqu’à comparer l’impératrice à l’abominable Jézabel de l’Ancien Testament, Jean Chrysostome multiplie les mécontents, qui prononcent en 403 sa déposition et son bannissement. Le peuple révolté obtient son retour, mais fort de ce triomphe, Jean compare cette fois-ci l’impératrice à Hérodiade ! Ce qui lui vaut un nouvel exil en Arménie, puis au bord de la mer Noire. Ces années d’exil permettront à Jean Chrysostome une intense activité littéraire. Mais le pape prenant sa défense, la cour veut l’éloigner davantage en l’envoyant dans le Caucase en 407 ; il mourra en chemin en murmurant : «Gloire à Dieu pour tout.» ![]() |