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Samedi 7 février 2026 Saint Pie IX Les larmes du Dieu fait chair Quand il se fit chair et apparut sur cette terre, le Christ nous montra la divinité dans une manifestation nouvelle. Il prit de nouveaux attributs, ceux de notre chair, assumant une âme et un corps humains, afin de faire siens des sentiments, des affections et des pensées qui correspondissent aux nôtres et nous certifiassent sa tendre miséricorde. Lors donc que notre Sauveur pleure par sympathie pour les larmes de Marie, n’allons pas dire que c’est là l’amour d’un homme vaincu par un sentiment naturel. C’est l’amour de Dieu, ce sont les entrailles compatissantes du Dieu Tout-Puissant et Éternel qui condescend à nous montrer cet amour de telle sorte que nous soyons capables de le recevoir, c’est-à-dire sous sa forme humaine. Si Jésus pleura, ce ne furent donc pas seulement les pensées profondes de son intelligence qui l’y poussèrent, mais aussi une tendresse spontanée ; mais aussi la miséricordieuse douceur, la toute-enveloppante bonté, le surabondant amour du Fils de Dieu pour son propre ouvrage : la race humaine. Les larmes des hommes le touchèrent, comme leurs misères l’avaient fait descendre du ciel. Son oreille leur était ouverte, et le son des gémissements alla droit à son Cœur. Mais nous pouvons supposer encore (si les conjectures, ici, sont permises) que sa pitié, ainsi spontanément excitée, s’attacha aux diverses circonstances qui, dans la condition humaine, la peuvent appeler. Une fois éveillée, elle promena son regard autour d’elle sur les misères du monde. Il y avait là d’abondantes sources d’afflictions (s’il nous est licite de les rechercher) dans le contraste entre Adam, au jour où il avait été créé, innocent et immortel, et l’homme tel que le démon l’avait transformé, plein du poison du péché et du souffle de la tombe. John Henry Newman, Sermons paroissiaux, vol. III, 10 « Les larmes du Christ devant la tombe de Lazare »
L´Auteur : Newman (Saint John Henry, 1801-1890) Ayant reçu à Oxford une brillante culture classique et patristique, il fut l’un des animateurs du renouveau de l’Église anglicane. Converti au catholicisme en 1845, brillant théologien, créé cardinal en 1879. ![]() |