Mercredi 18 février 2026

Mercredi des Cendres

Jeûne et abstinence de viande

Quatre décisions pour un vrai carême

Le carême est un catéchuménat renouvelé, à travers lequel nous allons à nouveau à la rencontre de notre baptême pour le redécouvrir et le revivre en profondeur, pour devenir à nouveau réellement chrétiens. Le Carême est donc une occasion de redevenir chrétiens, à travers un processus constant de changement intérieur, et de progrès dans la connaissance et dans l’amour du Christ.

Benoît XVI, 21 février 2007

Aux premiers siècles de l’Église, cette catéchèse était assurée quotidiennement par l’évêque, expliquant le sens des rites de la nuit de Pâques : baptême, confirmation et eucharistie. Telle fut l’origine d’une bonne part des enseignements de ceux que l’on appelle les "Pères de l’Église". Nous retrouverons souvent leurs écrits au cours de ce carême.

Traditionnellement, le carême associe à la catéchèse trois composantes fondamentales de la vie chrétienne, la prière, le jeûne et l’aumône, mot auquel on préfère souvent celui de "partage" :

Pourquoi jeûnons-nous ces quarante jours ? Beaucoup autrefois s’approchaient des mystères de Pâques témérairement et comme à l’aventure, et surtout dans ce temps où Jésus-Christ les a institués. Or, les Pères, sachant le danger qu’il y avait à s’en approcher avec négligence, désignèrent, lorsqu’ils furent réunis, quarante jours consacrés au jeûne, aux prières, à l’audition de la parole de Dieu, aux assemblées, afin qu’étant tous soigneusement purifiés en ces jours, nous puissions nous approcher des sacrements avec une conscience aussi pure que possible.

Saint Jean Chrysostome, Contre ceux qui jeûnent à la première Pâque

Qu’allons-nous décider pour vivre ce carême ?

- Comme temps de catéchèse, fixons le moment de la journée que nous consacrerons à une lecture attentive et réfléchie de ce livret. Un vrai quart d’heure sera un minimum pour un vrai carême.

- Comme temps privilégié de prière, fixons le moment de la journée que nous lui consacrerons plus explicitement, selon la modalité qui nous sera la plus familière : recueillement en silence, méditation d’une page d’Évangile, participation à la messe en semaine, récitation d’une partie du chapelet… L’important est que nous soyons attentifs à Dieu présent, et que ce moment renforce notre détermination à vivre notre baptême.

- Comme temps de jeûne et d’efforts pour une vie plus libre des plaisirs superficiels, au-delà des prescriptions minimes de l’Église en la matière (jeûne et abstinence de viande certains jours), choisissons un point sur lequel nous allons conquérir cette liberté en décidant un effort spécifique : abstinence de tabac ou d’alcool, discipline dans l’usage de la télévision ou d’internet, etc.

- Comme temps de partage, décidons un geste fraternel qui nous accompagnera tout au long du carême : visite régulière d’un malade, mise à jour de notre correspondance en retard, aide à un ami surchargé, sans oublier un partage financier qui nous coûtera réellement, au-delà du seul superflu de notre petite monnaie.

L´Auteur :

Jean Chrysostome (Saint, 350-407)

Né à Antioche, baptisé en 372, moine, prédicateur, puis évêque de Constantinople, Jean Chrysostome fut l'ami des pauvres et le dénonciateur intransigeant des vices de la cour, ce qui lui valut d'être banni et de mourir sur la route de l'exil.