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Jeudi 30 juillet 2026 Saint Sylvain d'Anjou Moine de l'abbaye Saint Mesmin de Micy (VIe siècle) Heureux les miséricordieux, ils obtiendront miséricorde ! « Qu’elle est grande la miséricorde du Seigneur ! C’est un asile certain pour tous ceux qui se tournent vers elle ! » (Si 17, 29.) Que tardons-nous à nous jeter dans la profondeur de cet abîme ? Plus nous nous perdrons avec une confiance pleine d’amour, plus nous serons en état de nous sauver. Son amour croissant chaque jour nous tiendra lieu de tout le reste. Il remplira lui seul tout notre cœur, que le monde avait enivré, agité, troublé, sans le pouvoir jamais remplir ; il ne nous ôtera que ce qui nous rend malheureux, il ne nous fera mépriser que le monde que nous méprisons peut-être déjà ; il ne nous fera faire que la plupart des choses que nous faisons, mais que nous faisons mal, au lieu que nous les ferons bien en les rapportant à lui. Pensez devant Dieu aux effets de cette miséricorde infinie. Que la reconnaissance du passé vous inspire de la confiance pour l’avenir : soyez persuadée, âme timide, qu’il vous a trop aimée pour ne pas vous aimer encore. Ne vous défiez pas de lui, mais seulement de vous-même. Souvenez-vous qu’il est, comme dit l’Apôtre, « le Père des miséricordes et le Dieu de toute consolation » (II Co 1, 3). Il sépare quelquefois ces deux choses ; la consolation se retire, mais la miséricorde demeure toujours ; il vous a ôté ce qu’il y avait de doux et de sensible dans sa grâce parce que vous aviez besoin d’être humiliée, et d’être punie d’avoir cherché ailleurs de vaines consolations. Ce châtiment est encore une nouvelle profondeur de sa divine miséricorde. François de la Mothe-Fénelon (1651-1715), Réflexions pour tous les jours du mois, 22e jour Méditation Il n’y a qu’une condition à notre salut : reconnaître que nous sommes perdus. Et cette reconnaissance déjà est le salut, car elle ouvre notre cœur à Dieu et lui permet de venir y vivre. Il ne nous ôtera que ce qui nous rend malheureux. Quelle erreur que de croire que Dieu nous privera de quoi que ce soit, alors que les choses ne subsistent qu’en lui, et que lui seul sait nous rendre heureux ! Pourquoi avoir peur de Dieu, alors qu’il est le seul dont nous ne devrions pas avoir peur, et que nous devrions avoir peur de tout le reste ? Dieu vous a ôté ce qu’il y avait de sensible dans sa grâce… Fénelon s’adresse à ceux qui croient que Dieu les a oubliés parce qu’ils n’éprouvent ni tendresse, ni consolation dans la prière. Mais c’est encore lire à l’envers ce que sa Providence fait pour nous : le sensible de l’amour n’est que pour rapprocher ceux qui s’aiment ; mais en les obligeant à la confiance mutuelle, l’insensible les fait littéralement vivre l’un par l’autre. Ce n’est plus rapprochement, mais union et transformation de l’un en l’autre. L´Auteur : Fénelon (François de la Mothe, 1651- 1715) De vieille noblesse périgourdine, prêtre en 1675, il devient précepteur de l’héritier du trône de Louis XIV, le duc de Bourgogne. Sa défense inconditionnelle de la mystique Madame Guyon face à Bossuet le conduira en disgrâce comme archevêque de Cambrai en 1695. Homme de Dieu et pasteur exemplaire, dernier représentant du Siècle d’Or de la spiritualité française face au Jansénisme et au Gallicanisme envahissants, Fénelon fut un grand directeur spirituel dans la ligne de François de Sales. ![]() |