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Vendredi 27 mars 2026❧ Abstinence de viande Vivants corps et âme pour toujoursPour nous comme pour Jésus, notre corps n’est pas un accessoire pour notre vie terrestre : c’est corps et âme que nous sommes nous-même, corps et âme que nous existons, corps et âme que nous ressuscitons. Nos corps ressusciteront donc ; le tombeau n’est pour eux qu’un lieu de passage ; ils y sont moins morts qu’endormis. Telle est la foi des chrétiens. On ne saurait admettre que, en fin de compte et après tant de vicissitudes périlleuses qu’elle traverse, la créature humaine ne se retrouve point en Dieu telle qu’elle est sortie de lui, dans son identité, dans son intégrité, et partant âme et corps : l’âme avec ses puissances, le corps avec ses membres, ses organes, ses sens. Charles Gay, Mystères du Rosaire S’il faut du temps pour que notre baptême se développe jusqu’à la résurrection de notre corps, si l’œuvre du Christ s’accomplit au rythme de l’histoire humaine, En Jésus-Christ ressuscité, la nature humaine est déjà toute refaite, la mort est abattue, la vie a triomphé, l’âme a rejoint le corps, le corps a rejoint l’âme, et cela pour l’éternité. C’est assez : le principe est posé avec toutes ses conséquences. Le chef vit, les membres vivront. N’ont-ils pas commencé à vivre ? Nous sommes déjà ressuscités en Jésus-Christ ; nos âmes le sont, nos corps vont l’être. Charles Gay, Sermon du 3 août 1851 Habitués au matérialisme ambiant, nous réduisons souvent notre corps à une réalité biologique, ce qui est aussi naïf que de dire d’un animal qu’il n’est que le corps d’un animal ! Vous me dites qu’il vous semble que le corps humain est anéanti après quelques années de sépulture. Non, ma chère fille ; rassurez-vous ! Le corps n’est point anéanti. S’il l’était, la résurrection de la chair que nous attendons sur la promesse de Dieu, serait non pas une résurrection, mais une création. Ce qui fait notre identité corporelle, ce n’est point tel ou tel nombre de molécules dont notre corps serait inaltérablement composé. Puisque nous avons grandi, puisque nous grossissons ou maigrissons, nous avons plus de molécules matérielles en tel temps de notre vie que dans tel autre ; et, cependant, c’est bien toujours le même corps, au fond, que nous avons, quoique ses états soient différents. Voici un petit gland ; vous le jetez dans la terre : en cent ans, il poussera un grand chêne. Supposez que ce grand chêne soit réduit en poussière : au fond, dans le gland, dans le chêne, dans la poussière, ç’a été toujours la même substance qui est demeurée, quoiqu’en des états différents : il n’y a pas anéantissement, mais transformation. Or, supposez que, par une volonté particulière de Dieu, le chêne sortît instantanément de sa poussière, tout poussé, tout feuillu, parfait enfin, comme il est sorti d’abord lentement de son gland, ce sera bien toujours, au fond, le même chêne ; Dieu l’aura, non pas une deuxième fois créé, mais ressuscité. Charles Gay, Lettre de direction spirituelle
L´Auteur : Gay (Charles, 1815-1892) Né à Paris dans une famille bourgeoise aisée, Charles Gay sera élevé dans l’indifférence religieuse des lendemains de la Révolution. Les rencontres du Père Lacordaire et de Frédéric Ozanam l’orienteront vers le sacerdoce qu’il reçoit en 1845. Tenté par la vie monastique, il sera finalement appelé à Poitiers par le futur cardinal Pie, qui en fera son principal collaborateur, notamment dans la préparation du concile Vatican I, puis son évêque auxiliaire. Musicien lié à Charles Gounod, prédicateur lié au Père Lacordaire, formateur d’âmes lié au Père Libermann, Mgr Gay fut à coup sûr l’un des grands acteurs de la résistance spirituelle à la laïcisation de la France du XIXe S. Charles Gay laisse une œuvre très abondante, dont se détachent ses Élévations sur la vie et la doctrine de Notre-Seigneur Jésus-Christ, qui classent leur auteur parmi les plus grands spirituels de son siècle. ![]() |