![]() |
|
|
|
Mardi 7 juillet 2026 Saint Willibald Le bienfait des épreuves L’ascèse est la mère de la sanctification. De la sanctification naît la première sensation spirituelle de la saveur des mystères du Christ. Et celle-ci est appelée le premier degré de la connaissance spirituelle. Que nul ne se trompe lui-même et ne s’imagine que l’on obtient la connaissance en recourant à des procédés de divination ; en effet, une âme souillée ne peut pas s’élever jusqu’au Royaume de la pureté, ni se joindre aux esprits des saints anges. Fais briller la chasteté de ton âme par les larmes, le jeûne et L’hèsychia dans la solitude.Une petite tribulation endurée pour Dieu vaut mieux qu’une grande œuvre accomplie sans difficulté, car l’affliction volontaire prouve la foi et manifeste la charité. En revanche, la recherche du repos naît d’un assoupissement de la conscience. C’est pourquoi les saints ont fait leurs preuves dans les tribulations subies pour l’amour du Christ, et non dans le bien-être. C’est pourquoi aussi l’œuvre accomplie sans peiner est la justice des mondains, qui font la miséricorde avec des biens extérieurs à eux-mêmes, sans aucun profit intérieur. Mais toi, vaillant lutteur, expérimente en toi-même les souffrances du Christ, afin d’être jugé digne de goûter à sa gloire. Car si nous souffrons avec lui, nous serons glorifiés avec lui (cf Rom. 8,17). L’intellect ne sera pas glorifié avec Jésus, si le corps ne souffre pas avec lui. Ainsi donc, celui qui méprise la gloire humaine sera jugé digne de la gloire de Dieu, et son corps sera glorifié avec son âme. Car la gloire du corps, c’est d’obéir à Dieu en gardant la chasteté ; et la gloire de l’intellect, c’est la contemplation véritable de Dieu. La véritable obéissance est double, elle consiste dans les actes, et dans le support des outrages. Lorsque le corps souffre, le cœur souffre lui aussi avec lui. Si tu ne connais pas Dieu, il n’est pas possible que son amour agisse en toi, et il est impossible d’aimer Dieu, si on ne le voit pas. La vision de Dieu vient de ce qu’on le connaît ; en effet, la contemplation de Dieu ne précède pas la connaissance de Dieu. Prière. — Rends-moi digne, Seigneur, de te connaître et de t’aimer, mais non point de cette connaissance que l’on acquiert par l’étude et qui disperse l’intellect ; rends-moi digne de cette connaissance dans laquelle l’intellect, en te contemplant, glorifie ta nature, ravi dans cette contemplation qui lui enlève la sensation du monde. Rends-moi digne d’être élevé au-dessus de cette vision qui dépend de la volonté et engendre les imaginations, et de te voir de cette vision qui est le second mode de crucifixion, la crucifixion de l’intellect, par laquelle une contemplation incessante, supérieure à la nature, nous libère des pensées en faisant cesser leurs opérations. Augmente en moi mon amour (agapè) pour toi, afin que, attiré par cet amour passionné (érôs), je sorte de ce monde. Donne-moi de comprendre ton humilité, cette humilité en laquelle tu as vécu ici-bas, dans cette demeure composée de membres semblables aux nôtres, par la médiation de la Vierge sainte, afin que, gardant un souvenir continuel et indéfectible de tout cela, j’accepte avec délices l’humilité de ma propre nature. Celui qui se soumet à Dieu n’est pas loin de se soumettre l’univers. A celui qui se connaît lui-même sera donnée la connaissance de toutes choses ; en effet, la connaissance de soi-même est la plénitude de la connaissance de toutes choses ; et par la soumission de ton âme, toutes choses te seront soumises. Lorsque l’humilité régnera dans ta conduite, ton âme te sera soumise, et avec elle toutes choses, car il naîtra dans ton cœur une paix qui viendra de Dieu. A l’inverse, sans l’humilité, tu seras constamment persécuté non seulement par les passions, mais aussi par les événements. En vérité, Seigneur, si nous ne nous humilions pas nous-mêmes, tu ne cesseras pas de nous humilier. La vraie humilité est le fruit de la connaissance, et la vraie connaissance est engendrée par les épreuves. Saint Isaac le Syrien, Discours ascétiques, 16
L´Auteur : Isaac le Syrien (Saint, 640-700) Né dans l'actuel Qatar, moine très jeune, saint Isaac le Syrien est sacré, vers 676, évêque de Ninive. Très rapidement, il renonce à cette charge qui l’empêche de continuer sa vie d’ermite. Il entre au monastère de Rabban Shabur sur le mont Shoustar (Kurdistan septentrional) et finit aveugle. Il meurt à une date inconnue. Ses écrits ont profondément marqué la tradition spirituelle orientale. ![]() |