![]() |
|
|
|
Lundi 8 juin 2026 Saint Médard de Noyon Nos corps nourris de l’Eucharistie ressusciteront Si la chair ne peut être sauvée, alors le Seigneur ne nous a pas rachetés par son sang, la coupe de l'Eucharistie n'est communion à son sang, ni le pain que nous rompons, la communion à son corps. Car le sang n'en est pas, s'il ne provient de veines, de chairs, et du reste de la substance humaine, et c'est pour être vraiment devenu cela que le Verbe de Dieu nous a rachetés par son sang. Ainsi le dit l'Apôtre : « En lui nous avons la rédemption par son sang, la rémission des péchés. » Parce que nous sommes ses membres, et que nous sommes nourris par la création — cette création qu'il nous donne lui-même, en faisant lever son soleil et pleuvoir comme il veut — il a confirmé que la coupe qui provient de la création était son sang, par lequel se fortifie notre sang ; il a confirmé que le pain qui provient de la création était son corps, par lequel il fortifie notre corps. Si la coupe qui a été mélangée, et le pain qui a été fait, reçoivent le Verbe de Dieu, et deviennent l'Eucharistie du sang et du corps du Christ, qui fortifie et affermit notre substance, comment peut-on dire que la chair est incapable de recevoir le don de Dieu, qui est la vie éternelle, alors qu'elle est nourrie par le sang et le corps du Christ, et en est le membre ? Voici ce que dit le bienheureux Apôtre à ce sujet dans la Lettre aux Éphésiens : « Nous sommes les membres de son corps, formés de sa chair et de ses os. » Ce n'est pas de je ne sais quel homme spirituel et invisible, qu'il dit cela, car « un esprit n'a ni os ni chair », mais il parle de l'organisme authentiquement humain, qui est constitué de chairs, de nerfs, et d'os, qui est, lui, nourri par la coupe qui est son sang, et fortifié par le pain qui est son corps. Ainsi nos corps qui sont nourris de l'eucharistie, après avoir été couchés dans la terre et s'y être dissous, ressusciteront en leur temps, quand le Verbe de Dieu leur donnera la résurrection, pour la gloire de Dieu le Père, lui qui procurera « l'immortalité à ce qui est mortel », et offrira « l'incorruptibilité à ce qui est corruptible », car « la puissance de Dieu se déploie dans la faiblesse ». Saint Irénée, Contre les hérésies, IV
L´Auteur : Irénée (Saint, vers 120-202) D’une famille grecque d’Asie Mineure, Irénée succède à saint Pothin comme évêque de Lyon sous la persécution de Marc-Aurèle. Il fut à l’origine d’une forte expansion missionnaire dans la vallée du Rhône, et rédigea une œuvre doctrinale importante avec son traité Contre les Hérésies, dirigées contre les déviations gnostiques de son époque.
![]() |