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Lundi 23 mars 2026Nous sommes le corps du Christ.« Vous êtes le corps du Christ, et, chacun pour votre part, vous êtes membres de ce corps. » (I Co 12, 27) Il s’agit de penser notre union au Christ comme aussi forte que celle qui existe entre les différentes parties de notre corps, vivant de la même vie tout en contribuant chacune pour sa part à cette unique vie. Félicitons-nous et rendons grâces de ce que nous sommes devenus non seulement des chrétiens, mais le Christ lui-même. Comprenez, mes frères, la grâce que Dieu nous fait en nous le donnant pour tête ! Soyez dans l’admiration et dans la joie : nous sommes devenus le Christ ! Car s’il est la tête et nous les membres, lui et nous formons l’homme tout entier. Et c’est ce que dit l’apôtre Paul : « Afin que nous ne soyons plus des enfants ballottés et emportés à tout vent de doctrine ». Et il disait plus haut : « Que nous parvenions tous à l’unité de la foi et à la connaissance du Fils de Dieu, à la perfection de notre humanité, à la mesure de l’âge de la plénitude du Christ. » (Eph 4) La plénitude du Christ comprend donc la tête et les membres ; et qu’est-ce que veut dire « la tête et les membres » ? Le Christ et l’Église. Prétendre cela de nous-mêmes serait de l’orgueil, si lui-même n’avait pas daigné nous le promettre, lui qui le dit par la bouche du même Apôtre : « Or, vous êtes le corps du Christ et ses membres. » (I Co 12, 27) Le Christ n’a pas voulu se séparer de nous, mais il a daigné s’attacher intimement à nous. Il était loin de nous, très loin ; qu’est-ce qui peut être, en effet, aussi loin l’un de l’autre que le Créateur et la créature ? Comment le Verbe s’est-il rendu proche de nous au point qu’il devienne ce que nous sommes, et que nous soyons en lui ? « Le Verbe s’est fait chair, et il a habité parmi nous ». (Jn 1, 14) Saint Augustin, Commentaire sur l’Évangile de Jean Et la force de cette union entre Jésus et son disciple donne à l’Église toutes les qualités de Jésus lui-même : L’Église est l’expansion de Jésus, son gratuit et volontaire épanouissement dans le temps et dans l’espace ; c’est son apparition et son action continuées sur la terre. « Je suis la vigne, disait Jésus, et vous, mes appelés, mes fidèles, mes amis, mes membres, mon Église, vous êtes les rameaux. » (Jn 15, 5) Les rameaux viennent du cep : ils prennent appui sur lui et vivent de sa sève ; si nombreux qu’ils puissent être et quels que soient leurs fruits, ils n’augmentent pas la sève du cep, mais ils en révèlent la vertu, et montrant ce que le cep a de fécondité, ils concourent à sa gloire. L’Église sort du Christ, l’Église naît des labeurs du Christ, de ses angoisses, de sa Passion inénarrable, de son sacrifice enfin, où il est tout entier consumé par une mort sanglante et infamante. Telle est la date de sa naissance et la manière dont elle est enfantée. Charles Gay, Fleurs de doctrine et de piété
L´Auteur : Augustin d’Hippone (Saint, 354-430) Saint Augustin, fils d’un père païen et de la pieuse sainte Monique, le plus célèbre, le plus lu et le plus commenté des Pères de l’Église latine, est un berbère de l’actuelle Algérie. Converti par la prédication de saint Ambroise (en 386) après une jeunesse orageuse et la parfaite éducation d’un rhéteur de l’Empire romain finissant, il est évêque d’Hippone en 395. Son œuvre immense ouvre le Moyen Âge ; rédigée au moment où les invasions barbares marquent la fin de l’Antiquité, domine la théologie et la spiritualité occidentales. Gay (Charles, 1815-1892) Figure exemplaire du retour à l’Église catholique des grandes familles bourgeoises après la Révolution française, Charles Gay sera évêque auxiliaire de Poitiers aux côtés du cardinal Pie. ![]() |