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Mercredi 4 mars 2026Dieu se fait hommeDans la logique de son amour ne reculant pas devant notre manque d’amour, Dieu vient partager notre condition d’homme, mais d’homme pécheur : Demeurant ce qu’il était et assumant ce qu’il n’était pas, il a uni une vraie condition de serviteur à la condition selon laquelle il est l'égal du Père. L’humilité est reçue par la majesté, la faiblesse par la force, la mortalité par l’éternité. Pour payer la dette de notre condition, la nature intouchable est unie à la nature capable de souffrir. Telle est, mes bien-aimés, la naissance qui convenait au Christ, « puissance de Dieu et sagesse de Dieu ». Par elle et pour nous, il s’adaptait à notre humanité, et il gardait l’excellence de sa divinité. Saint Léon le Grand, 1er Sermon sur la Nativité Et le premier pas de Dieu en notre humanité, c’est celui de Noël, celui de l’incarnation et de la naissance humaine de Dieu, avec toutes les pesanteurs qui l’accompagnent et qui l’accompagneront jusqu’au tombeau : Nous n’avons pas seulement un Homme-Dieu, ce que nous donne le mystère de l’Incarnation, mais nous avons un enfant Dieu, un Dieu mortel, souffrant, tremblotant, pleurant dans une crèche ; un Dieu vivant et marchant sur la terre, en Égypte, en Judée, un Dieu souffrant et mourant sur la croix, un Dieu mort au sépulcre ; car celui qui a pris notre nature par le mystère de l’Incarnation, a voulu prendre tous ces états et conditions de notre nature, et les honorer de la subsistance divine. Car l’Incarnation du Verbe est la base et le fondement de la dignité suprême, c’est-à-dire, non seulement de la sanctification, mais aussi de la déification de tous ses états et mystères, qui partagent la vie et la condition voyagère du Fils de Dieu sur la terre. Pierre de Bérulle, Œuvres de Piété Épousant une à une toutes les circonstances d’une vie d’homme, Jésus vient les habiter de sa vie divine, comme égrenant le chapelet des mystères joyeux et douloureux du Fils de Dieu en notre chair : Permets-moi, Seigneur, d’embrasser par la pensée l’étable de la nativité, d’adorer la sainte enfance, de poser mes lèvres sur les pas du crucifié, et de baiser les pieds du ressuscité, de mettre ma main à la place des clous et de m’exclamer : « Mon Seigneur et mon Dieu ! » Qui entre par toi, ô porte, s’avance sur un chemin uni, et vient au Père, auquel personne ne vient si ce n’est par toi. L’homme qui va s’élever à Dieu pour lui offrir dons et sacrifices prescrits par la Loi, n’a plus besoin, désormais, de monter par des marches élevées jusqu’à son autel : qu’il avance tranquillement et d’un pas assuré sur un chemin de plain-pied ; qu’il aille, homme, vers l’Homme, son semblable, qui lui dit dès le seuil de la porte : « Moi et le Père, nous sommes Un ! » Et aussitôt, transporté d’amour en Dieu par le Saint-Esprit, il accueillera en lui-même Dieu venant à lui, et faisant en lui sa demeure. Guillaume de Saint-Thierry, Oraison Méditative X
L´Auteur : Léon-le-Grand (Saint, 390-461) Élu pape avant d'être évêque, au moment où l'Empire romain s'effondre, Léon le Grand donne à la papauté la place centrale qu'elle conservera en Occident tout au long du Moyen Âge. Bérulle (Pierre de, 1575-1629) D’une famille de magistrats champenois, Bérulle incarne le milieu de la reconquête catholique parisienne après les guerres de religion. Élève des jésuites et de la Sorbonne, grand lecteur des Pères et de saint Thomas, imprégné de la mystique nordique et espagnole, il introduit le Carmel thérésien en France en 1604, fonde en 1611 l’Oratoire de France, et est créé cardinal en 1627. Guillaume de Saint-Thierry (1085-1148) Né à Liège, abbé bénédictin avant de passer à la réforme cistercienne comme simple moine, Guillaume fut l’ami et biographe de saint Bernard, sous le nom duquel nous est parvenu l’essentiel de son œuvre. ![]() |