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Jeudi 5 mars 2026Marie dans le mystère de DieuJésus, sans autre père que Dieu le Père, est né de la Vierge Marie ; et c'est en vue de cette naissance à notre humanité que Dieu a pensé, voulu, aimé Marie, en pensant, en voulant, en aimant Jésus-Christ, son Fils éternel, incarné. Elle est si indissociablement liée à ce mystère capital et universel du Christ, tel que Dieu l’a librement conçu et ordonné, qu’il ne peut plus s’accomplir sans elle : je veux dire, sans son intervention, son consentement, son concours. Elle est le passage de Dieu pour entrer dans ses voies, la clef dont il se sert pour pénétrer surnaturellement dans son œuvre. C’est d’elle, tige vivante, aimante et méritante, que devait sortir cette fleur, ce fruit d’éternelle vie, d’éternelle paix, d’éternelle joie qui est Jésus de Nazareth, Fils de Dieu, fils de l’homme. Elle est prédestinée mère du Christ et par conséquent Mère de Dieu. Mère de Dieu ! C’est-à-dire auteur et principe de celui qui est le principe et l’auteur de tout ce qui existe et pourrait exister. Charles Gay, Fleurs de doctrine et de piété Ève et Marie : le destin de l'humanité a dépendu de deux femmes. Ève nous a enfermés dans notre condition mortelle, Marie nous en a libérés en permettant à Dieu de revêtir cette condition, et en cela même de nous rétablir dans notre vocation divine. L'une et l'autre étaient parfaitement libres, la première en refusant, la seconde en acceptant cette vocation ; l'une comme l'autre étaient parfaitement conscientes de tenir notre sort entre leurs mains. Et c'est ainsi que depuis maintenant vingt siècles, nous comptons les années avant et après Jésus-Christ, avant et après le "oui" de Marie : Tu as appris de l’ange Gabriel, ô Marie, l'événement qui devait s’accomplir en toi, et la manière dont il devait s'accomplir. L’ange t'a dit que tu concevrais un fils, non de l'homme mais du Saint-Esprit ; l'ange attend ta réponse : il va être temps qu'il retourne auprès de Dieu qui l'a envoyé. Nous aussi, ô Souveraine, nous malheureux sur qui pèse la sentence de condamnation, nous attendons une parole de compassion. Voici qu'on t'offre le prix de notre salut : si tu l'acceptes, nous serons aussitôt délivrés. C'est la supplique d'Abraham, de David, de tous les Patriarches, tes propres ancêtres, qui eux aussi habitent l'ombre de la mort. Le monde entier, prosterné à tes genoux, se joint à cette prière. Car c'est à tes lèvres qu'est suspendue la consolation des misérables, le rachat des captifs, la délivrance des condamnés, en un mot le salut de tous les fils d'Adam, de toute ta race. Réponds bien vite à l'ange, ou plutôt, par l'ange, réponds au Seigneur. Prononce une parole et tu recevras la Parole ; profère ta parole et tu concevras la Parole divine. Ô Vierge bienheureuse, ouvre ton cœur à la foi, tes lèvres au consentement, ton sein au Créateur. Le désiré de toutes nations est là qui frappe à ta porte. Oh ! s'il allait passer son chemin tandis que tu tardes ! Lève-toi, cours, et ouvre ! Saint Bernard, Louanges de la Vierge Mère
L´Auteur : Gay (Charles, 1815-1892) Figure exemplaire du retour à l’Église catholique des grandes familles bourgeoises après la Révolution française, Charles Gay sera évêque auxiliaire de Poitiers aux côtés du cardinal Pie. Bernard (Saint, 1090-1153) De noble famille bourguignonne, Bernard entre au monastère de Cîteaux en 1112. Bientôt abbé de Clairvaux, il est à l'origine d'un prodigieux renouveau monastique en Occident. Son influence sur la spiritualité occidentale fut déterminante. ![]() |