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Samedi 3 janvier 2026 L’engrenage du péché Prière de ce jour : Accorde-nous, Seigneur, d'échapper à l'engrenage du péché. « Qui a bu, boira ! Qui vole un œuf vole un bœuf ! » La sagesse populaire constate qu’il est difficile de refermer la porte lorsque le péché s’est introduit dans notre vie. C’est vrai lorsqu’il faut se convertir pour entrer en vie chrétienne à l’âge adulte ; mais c’est vrai toutes les fois qu’il faut redémarrer quand on a laissé le péché grignoter, et parfois dévorer, notre baptême. L’erreur serait de nous en décourager : L’une des bonnes pratiques que nous saurions faire de la douceur, c’est celle de laquelle le sujet est en nous-mêmes, ne nous dépitant jamais contre nous-mêmes ni contre nos imperfections ; car même si la raison veut que quand nous faisons des fautes, nous en éprouvions du déplaisir et en soyons marris, il faut néanmoins que nous nous empêchions d’en avoir une déplaisance aigre et chagrine, dépiteuse et colérique. En cela, beaucoup font une grande faute, lesquels, s’étant mis en colère, se courroucent de s’être courroucés, entrent en chagrin de s’être chagrinés, et ont du dépit de s’être dépités ; car par ce moyen, ils tiennent leur cœur confit et détrempé en la colère, et même s’il semble que la seconde colère ruine la première, elle sert néanmoins d’ouverture et de passage pour une nouvelle colère à la première occasion qui s’en présentera ; outre que ces colères, dépits et aigreurs que l’on a contre soi-même tendent à l’orgueil et n’ont origine que de l’amour-propre, qui se trouble et s’inquiète de nous voir imparfaits. Saint François de Sales, Introduction à la vie dévote Les personnes vraiment spirituelles, vivement pénétrées de leur néant, de leur misère et de leur faiblesse, ne sont ni découragées ni abattues, ni même surprises de leurs chutes. Elles apprennent de là à se mieux connaître, à s’humilier toujours plus profondément, à se défier jusqu’à tout désespérer d’elles-mêmes, pour ne mettre plus leur confiance qu’en Dieu seul, n’attendant plus rien que de sa bonté. Après nos chutes, relevons aussitôt notre courage et nos espérances à la vue d’un Dieu assez puissant, assez miséricordieux, pour nous faire trouver, au milieu même de nos chutes, le précieux trésor de la vraie humilité qui est le fondement et la gardienne de toutes les vertus, avec la totale défiance de nous-mêmes, avec la parfaite confiance en Dieu, qui sont comme les deux pôles de la vie spirituelle. Aussi, quand une âme en est venue là, Dieu la comble de ses dons, de ses faveurs. Pourquoi ? Parce qu’il ne risque plus qu’on lui dérobe quoi que ce soit de sa gloire en s’attribuant quelque chose ; et c’est alors qu’on comprend par sa propre expérience cette belle maxime d’un grand serviteur de Dieu, « qu’une misère bien connue vaut mieux qu’une vertu angélique qu’on s’approprie par de vaines complaisances. » Jean-Pierre de Caussade, L’Oraison du Cœur
L´Auteur : François de Sales (saint, 1567-1622) Noble savoyard, évêque de Genève-Annecy, François de Sales réforma son diocèse dans l’esprit du Concile de Trente. Il ramena au catholicisme le nord de la Savoie, éduqua les âmes à travers son Introduction à la vie dévote, et inaugura une nouvelle forme de vie consacrée en fondant la Visitation avec Jeanne de Chantal. Caussade (Jean-Pierre de, 1675-1751) Issu d’une famille noble, entré chez les jésuites à Toulouse, Jean-Pierre de Caussade enseigne dans de nombreux collèges du midi de la France, avant d’en parcourir aussi le nord et l’est comme missionnaire. ![]() |