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Mardi 14 avril 2026
Saint Maxime
Martyr à Rome (+ 260)
N’ayons pas peur d’être pécheurs
Ne croyez pas m’effrayer en me parlant « de vos belles années gaspillées ». Moi je remercie Jésus qui vous a regardé d’un regard d’amour comme autrefois le jeune homme de l’Évangile… Vous aimez saint Augustin, sainte Madeleine, ces âmes auxquelles « beaucoup de péchés ont été remis parce qu'elles ont beaucoup aimé ». Moi aussi je les aime, j'aime leur repentir, et surtout… leur amoureuse audace ! Lorsque je vois Madeleine s'avancer devant les nombreux convives, arroser de ses larmes les pieds de son Maître adoré, qu'elle touche pour la première fois ; je sens que son cœur a compris les abîmes d'amour et de miséricorde du Cœur de Jésus, et que toute pécheresse qu'elle est, ce Cœur d'amour est non seulement disposé à lui pardonner, mais encore à lui prodiguer les bienfaits de son intimité divine, à l'élever jusqu'aux plus hauts sommets de la contemplation.
Ah ! Mon cher petit Frère, depuis qu'il m'a été donné de comprendre ainsi l'amour du Cœur de Jésus, je vous avoue qu'il a chassé de mon cœur toute crainte. Le souvenir de mes fautes m'humilie, me porte à ne jamais m'appuyer sur ma force qui n'est que faiblesse, mais plus encore ce souvenir me parle de miséricorde et d'amour.
Comment, lorsqu'on jette ses fautes avec une confiance toute filiale dans le brasier dévorant de l'Amour, comment ne seraient-elles pas consumées sans retour ?
Thérèse de l’Enfant-Jésus, Lettre à l'Abbé Bellière, 21 juin 1897
MÉDITATION
Jésus n’est pas venu pour les justes, mais pour les pécheurs. Etre pécheur est un privilège dans l’Évangile. Ne soyons pas fiers de l’être, mais n’ayons pas peur de l’être.
Aimer n’est pas affaire de générosité, mais affaire de cœur. Au fond, on n’y peut rien, sinon accepter d’être aimé en aimant soi-même.
Tout l’effort d’une vie chrétienne est de cultiver l’amour, l’intimité avec le Christ, de le laisser nous aimer : voilà la conversion qu’il nous demande.
L´Auteur :
Thérèse de l’Enfant-Jésus (Sainte, 1873-1897)
Née à Alençon, étoile filante dans la nuit rationaliste de son siècle, Thérèse Martin n’est encore qu’une fillette hypersensible, brisée par la mort de sa mère, lorsqu’elle ressent, à l’occasion d’un chagrin d’enfant, durant la nuit de Noël 1886, toute la détresse de l’homme sans Dieu. Mais prenant appui sur cette faiblesse même, elle plonge au cœur de l’Amour miséricordieux, opérant d’un coup la révolution copernicienne qui caractérise sa « petite voie », dans laquelle va s’engouffrer la spiritualité contemporaine : « En cette nuit où Il se fit faible et souffrant pour mon amour, Il me rendit forte et courageuse, Il me revêtit de ses armes. » Entrée quelques mois plus tard au carmel de Lisieux, elle fera de cette impuissance le ressort de son union à Dieu, avançant de joie en joie dans les épreuves les plus rudes du corps et de l’âme, jusqu’à une mort pleinement vécue comme explosion de vie : « C’est dans les bras du bon Dieu que je tombe ! »
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