Mercredi 27 mai 2026

Saint Augustin de Cantorbéry

évêque (+ 604)

Choisir le vrai bonheur

Si tu as le moindre bon sens, comprends donc que tu es fait pour la gloire de Dieu et le bonheur éternel. C’est là ton but, le centre de ta vie, le trésor de ton cœur. Si tu atteins ton objectif, tu seras heureux ; si tu t’en écartes, tu feras ton malheur. Tout ce qui t’y mène, tiens-le pour bon ; tout ce qui t’en détourne, c’est mauvais. La prospérité et l’adversité, la richesse et la pauvreté, la santé et la maladie, ne sont pas à rechercher systématiquement, ni à fuir par principe. Si elles servent à la gloire de Dieu et à ton bonheur éternel, elles sont bonnes et souhaitables ; sinon, elles sont mauvaises et il faut les éviter.

Dis-toi, en outre, que Dieu n’est pas si loin de ceux qui l’aiment, que même ici-bas il leur accorde des joies immenses, supérieures à celles que se procurent les amoureux de la création. Il est écrit : «Fais tes délices du Seigneur, et il te donnera ce que ton cœur désire1Et quand saint Paul dit : «Je suis rempli de consolation et je surabonde de joie dans l’adversité2», il ne veut pas dire que les tribulations font son bonheur et que la douleur lui plaît, car les épines ne donnent pas de raisin, ni les ronces des figues ; il laisse entendre que Dieu accorde à ses amis, pour adoucir leurs peines, des joies si pures, si douces et si profondes, qu’elles sont sans aucune mesure avec les joies terrestres.

1. Ps 36, 4

2. 2 Co 7, 4

Saint Robert Bellarmin (1542-1621), La Montée de l’âme vers Dieu, 1er degré, 6 ; et 2e degré, 3

Méditation

« Si tu as le moindre bon sens, comprends donc que tu es fait pour la gloire de Dieu. » Nous le savons bien, et pourtant nous faisons comme si nous ne le savions pas. Nos temps de prière sont pour remettre notre vie à l’endroit. La vie chrétienne n’est pas une option : il n’y a pas d’autre bonheur possible.

Parce que, depuis le péché originel, nous éprouvons comme une sorte de fatalité à nous éloigner de Dieu, nous voulons nous persuader qu’il ne nous aime pas vraiment, qu’il est de toute façon trop loin, qu’être chrétien doit être triste… Mais les saints témoignent du contraire, de la joie et du bonheur que Dieu donne à ses amis ; et cela non pas comme d’une récompense après la mort, mais dès ici-bas, comme la seule vie vraiment réussie.

Prenons pleine conscience de l’appel que Dieu nous adresse, pour notre bonheur et pour le sien.

L´Auteur :

Bellarmin (Saint Robert, 1542-1621)

Né en Toscane, Robert Bellarmin devient jésuite à 18 ans. Ordonné prêtre, il se distingue comme enseignant et prédi­cateur, particulièrement dans la controverse avec les protes­tants. Conseiller des papes, il rédige le catéchisme que Clé­ment VIII imposera à toutes les paroisses. Archevêque de Capoue et cardinal, Bellarmin se révélera aussi bon pasteur que théologien. Élu par le conclave pour succéder à Clément VIII, le veto du roi d’Espagne l’empêchera de coiffer la tiare. Exceptionnellement doué dans tous les domaines, il n’en restait pas moins d’abord homme de Dieu, et fut notam­ment le directeur spirituel de saint Louis de Gonzague.