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Vendredi 10 Avril 2026Vendredi de Pâques Aimés jusqu'au boutDieu, qui ne peut être vaincu par aucune puissance, s'est laissé vaincre par son amour envers les hommes : « L'Amour triomphe de Dieu ! », dit saint Bernard. Il faut observer en outre que tout ce que Notre-Seigneur a souffert dans sa Passion, il l'a souffert pour chacun de nous en particulier. « Je vis, dit saint Paul, en la foi du Fils de Dieu, qui m'a aimé, et qui s'est livré lui-même à la mort pour moi » (Ga 2, 20). Saint Augustin ose même ajouter : « Seigneur ! vous m'avez aimé, non comme vous-même, mais plus que vous-même ; puisque, pour me délivrer de la mort, vous avez voulu mourir pour moi ! » Ô mon doux Rédempteur, vous qui avez voulu mourir pour moi afin de me contraindre à vous aimer, faites que je vous aime ! Ayant méprisé votre grâce et votre amour, je mériterais d'être condamné à ne plus pouvoir vous aimer ; mais non, mon Jésus, infligez-moi tout autre châtiment, et non celui-là ! Pourvu que je vous aime, punissez-moi comme il vous plaît. Privez-moi de tout, et non de vous-même. J'accepte toutes les maladies, toutes les humiliations, tous les maux que vous voudrez me faire souffrir ; il me suffit que je vous aime. Maintenant que je connais, par les lumières que vous m'accordez, combien vous êtes aimable et combien vous m'avez aimé, je ne saurais plus vivre sans vous aimer. Je consens plutôt à être anéanti qu'à me voir encore une fois séparé de vous ! Saint Alphonse-Marie de Liguori (1696-1787), Considérations sur la Passion, VIII, 3 MÉDITATION
Jésus mort et enseveli a été jusqu'au bout de la révélation de son amour, de la révélation de Dieu. Le voile du Temple et de l'Ancienne Alliance s'est déchiré, mentionne saint Matthieu dans son récit de la Passion : plus rien ne s'interpose entre Dieu et nous, il ne nous reste plus qu'à nous laisser aimer. Nous laisser aimer : quoi de plus simple, puisque Dieu se charge de tout ! Mais quoi de plus exigeant puisque depuis l'origine de l'humanité, nos habitudes sont d'aimer ce qui n'est pas aimable et qui nous empêche d'aimer. Au jour de notre baptême, nous avons inversé cette marche à la mort, et peu à peu nous réapprenons à vivre. C'est ce que nous avons exprimé durant la liturgie de Pâques, en redisant le oui à Jésus qui nous a faits chrétiens. Que ce oui soit celui d'une existence pleinement réorientée vers le Christ, celui d'une étape nouvelle dans notre propre résurrection. L´Auteur : Alphonse-Marie de Liguori (Saint, 1696-1787) Né à Naples, il suit un régime d’études serré et parvient au doctorat en droit à 16 ans. Destiné par son père au barreau, il sera cependant prêtre en 1726, puis évêque. Brûlant du désir missionnaire, il fonde l’Institut du Très Saint Rédempteur, et prend la plume pour les besoins des âmes de son temps, affermissant foi et espérance par ses ouvrages dogmatiques. ![]() |