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Jeudi 7 mai 2026 Sainte Mâthie Martyre à Troyes (Ier siècle) Une vie qui ne refusera rien à Dieu L’homme dévot est déterminé à ne rien refuser à Dieu, à ne rien accorder à l’amour-propre, à ne faire aucune faute volontaire ; mais il ne se chicane point, il procède avec rondeur, il n’est point minutieux ; s’il tombe en quelque faute, il ne se trouble point, il s’en humilie, se relève et n’y pense plus. Il ne s’étonne point de ses faiblesses, de ses imperfections ; il ne se décourage jamais. Il sait qu’il ne peut rien, mais que Dieu peut tout. Il ne compte pas sur ses bons propos et ses résolutions, mais sur la grâce et sur la bonté de Dieu. Quand il tomberait cent fois le jour, il ne se désolerait pas ; mais il tendrait amoureusement les mains à Dieu, le priant de le relever et d’avoir pitié de lui. Le vrai dévot a horreur du mal, mais il a encore plus d’amour du bien. Il pense plus à pratiquer la vertu qu’à éviter le vice. Il est généreux, magnanime, et, lorsqu’il s’agit de s’exposer pour son Dieu, il ne craint pas les blessures. Il aime mieux, en un mot, faire le bien, au risque d’y commettre quelque imperfection, que de l’omettre pour éviter le danger de pécher. Jean-Nicolas Grou (1731-1803), Manuel des âmes intérieures, De la vraie et solide dévotion MÉDITATION Nous désirons une année véritablement chrétienne. Mais il est clair que les meilleures résolutions ne sont pas faites pour être tenues ! Il y aura des chutes et des rechutes. Alors, la pénitence aussi fait partie de la vie chrétienne. Profitons de ces chutes pour gagner en humilité ce que nous perdrons en performances. Jésus est venu pour les pécheurs, non pour les justes, et puisqu’il ne nous en veut jamais, pourquoi perdre à se désoler un temps mieux employé à reprendre la route ? La meilleure façon d’éviter le péché, c’est de vivre l’Évangile, tout simplement. On ne conduit pas une voiture le pied sur le frein, mais sur l’accélérateur. L’accélérateur, dans la vie chrétienne, c’est l’amour de Jésus, et toute l’organisation de notre année est pour mieux cultiver notre relation à lui. L´Auteur : Grou (Jean-Nicolas, 1731-1803) Né à Calais, le jeune Grou entre chez les jésuites à 15 ans. Brillant professeur de lettres à La Flèche, il s’exile en Lorraine lors de la suppression de la Compagnie en 1763. Bientôt à Paris, sa rencontre avec la visitandine Pélagie Lévêque l’ouvre à la mystique. Il se partagera désormais entre la direction spirituelle et la rédaction d’ouvrages connexes, notamment en Angleterre, car la Révolution française le force à un nouvel exil à partir de 1792. ![]() |