Mercredi 1er avril 2026

Mercredi Saint

Le signe de la croix

Le chrétien se reconnaît à la croix : à celle qui est placée au sommet de nos églises, le long de nos routes ou au mur de nos maisons, à la croix que nous portons à notre cou, au signe de croix tracé sur le front du nouveau-né au jour de son baptême, ou sur le cercueil du vieillard au jour de sa sépulture. Toutes ces croix proclament avec saint Paul : « Que ma seule fierté soit la croix de notre Seigneur Jésus Christ ! » (Ga 6, 14)

En cette Semaine sainte, il serait bon de prendre soin de toutes ces croix que nous finissons par oublier : nettoyer, fleurir, repeindre celle du carrefour voisin, mettre une croix à l’entrée de notre maison si ce n’est déjà fait, remettre en état celles de nos tombes…

Ne rougissez donc pas de la Croix, afin que Jésus-Christ ne rougisse point de vous lorsqu’il viendra dans la majesté de sa gloire, et qu’il fera briller ce signe d’une lumière plus éclatante que les rayons du soleil. Car elle paraîtra alors aux yeux de tous les hommes qui auront été dans le monde : elle publiera hautement l’innocence et la charité de celui qui s’y est laissé attacher, et elle convaincra toute la terre qu’il n’a rien omis pour sa part de tout ce qui était nécessaire pour notre salut.

Gravez donc, mes frères, ce signe dans votre cœur ; embrassez avec amour ce qui a produit le salut de vos âmes, car c’est la Croix qui a sauvé et converti toute la terre. C’est elle qui en a banni l’erreur, qui a rétabli la vérité, qui a fait de la terre un ciel, qui a changé les hommes en anges. Si vous trouvez donc quelqu’un qui vous dise : « Quoi, vous adorez une croix ? », répondez-lui d’un ton de voix qui témoigne de votre fermeté, et d’un visage gai et riant, dites : « Oui, je l’adore, et je ne cesserai de l’adorer. » S’il se moque de vous, plaignez-le et répandez vos larmes en voyant son aveuglement.

Saint Jean Chrysostome, Homélie sur l’Évangile de Matthieu

Et comment passer du signe de la croix à une vie réellement crucifiée ?

Jésus-Christ a souffert pour notre amour, souffrons pour le sien ; Jésus-Christ a porté la croix, aidons-le à la porter ; Jésus-Christ a été déshonoré, ne cherchons pas les honneurs ; Jésus-Christ a supporté la douleur, que je la supporte. Jésus-Christ a connu la pauvreté, il a vécu ici-bas en étranger à cause de moi : que je n’aie pas non plus où reposer mon cœur. Il est mort pour moi : que ma vie soit une mort continuelle par amour de lui. « Ce n’est plus moi qui vis, mais le Christ vit en moi », le Christ crucifié, supplicié, abandonné, et accepté de Dieu seul : c’est ce Christ que je veux, c’est là que je le cherche, et hors de là, je ne le veux pas ! Qu’il fasse de moi ce qu’il voudra, car je veux souffrir pour lui. Qu’il me récompense ou non, seulement souffrir pour lui est la plus haute récompense. Et s’il voulait me faire quelque faveur, je ne lui en demanderais pas d’autre que des épreuves, car je connaîtrais que je l’aime et qu’il m’aime en ce qu’il me mettrait sur la croix qui fut sienne ici-bas.

Saint Jean d’Avila, Lettre 23

L´Auteur :

Jean Chrysostome (Saint, 350-407)

Né à Antioche, baptisé en 372, moine, prédicateur, puis évêque de Constantinople, Jean Chrysostome fut l'ami des pauvres et le dénonciateur intransigeant des vices de la cour, ce qui lui valut d'être banni et de mourir sur la route de l'exil.

Jean d’Avila (Saint, 1499-1569)

Né près de Tolède d’une famille juive convertie, Jean d'Avila fut ordonné prêtre en 1526 après des études à Salamanque et Alcala. Établi en Andalousie, il y fut un modèle de pasteur dans l’esprit du Concile de Trente.