Mercredi 6 mai 2026

Saint Jacques Chastan

Missionnaire en Corée (+ 1839)

Une vie dans la simplicité et la confiance

Le vrai dévot ne se recherche en rien dans le service de Dieu, et il s’attache à pratiquer cette maxime de l’Imitation : Partout où vous vous trouverez, renoncez-vous.

Le vrai dévot s’étudie à remplir parfaitement tous les devoirs de son état et toutes les véritables bienséances de la société. Il est fidèle à ses exercices de dévotion, mais il n’en est point l’esclave ; il les interrompt, il les suspend, il les quitte même pour un temps, lorsque quelque raison de nécessité ou de simple convenance l’exige. Pourvu qu’il ne fasse pas sa volonté, il est toujours assuré de faire celle de Dieu.

Le vrai dévot ne court point au-devant des bonnes œuvres, mais il attend que l’occasion s’en présente. Il fait ce qui dépend de lui pour la réussite ; mais il en abandonne le succès à Dieu. Il préfère les bonnes œuvres obscures à celles qui ont de l’éclat ; mais il ne fuit pas celles-ci lorsque la gloire de Dieu et l’édification du prochain y sont intéressées.

L’homme dévot ne s’accable point de prières vocales et de pratiques qui ne lui laissent pas le temps de respirer. Il conserve toujours la liberté d’esprit ; il n’est ni scrupuleux ni inquiet sur lui-même ; il marche avec simplicité et confiance.

Jean-Nicolas Grou (1731-1803), Manuel des âmes intérieures, De la vraie et solide dévotion

MÉDITATION

« Le vrai dévot s’étudie à remplir parfaitement tous les devoirs de son état. » Jésus ne s’est jamais fait remarquer. La vie chrétienne est une vie normale, généralement banale. Les saints ne ressemblent pas aux statues des saints, ou alors c’est qu’ils jouent à la sainteté.

« Le vrai dévot ne court point au-devant des bonnes œuvres. » À ceux qui lui demandent des miracles, Jésus répond : « Mon heure n’est pas encore venue. » Le zèle est toujours suspect. Il est tellement plus difficile de se taire que de parler !

Les prières, pèlerinages, dévotions diverses, sont des moyens, et ne garantissent en rien la valeur de notre vie chrétienne : il y a des gens qui aiment l’ambiance des sacristies comme d’autres aiment celle des bibliothèques ou des salles de jeu ! C’est l’Église qu’il nous faut suivre en ces matières, et non notre goût, même si l’Église nous donne des pratiques adaptées à tous les goûts.

L´Auteur :

Grou (Jean-Nicolas, 1731-1803)

Né à Calais, le jeune Grou entre chez les jésuites à 15 ans. Brillant professeur de lettres à La Flèche, il s’exile en Lorraine lors de la suppression de la Compagnie en 1763. Bientôt à Paris, sa rencontre avec la visitandine Pélagie Lévêque l’ouvre à la mystique. Il se partagera désormais entre la direction spirituelle et la rédaction d’ouvrages connexes, notamment en Angleterre, car la Révolution française le force à un nouvel exil à partir de 1792.