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Mercredi 12 août 2026 Une affaire de cœur « Moi je vous dis : aimez vos ennemis, faites du bien à ceux qui vous haïssent. » (Mt 5, 44) Frères très chers, quand il s’agit des autres œuvres bonnes, on peut parfois trouver quelque excuse pour ne pas les faire, mais quand il s’agit d’aimer, personne ne pourra s’excuser. On pourra me dire : « Je ne peux pas jeûner », mais pourra-t-on dire : « Je ne peux pas être charitable ? » On pourra dire : « Parce que je suis malade, je ne peux me passer de vin et de viande », mais pourra-t-on dire : « Je ne peux pas aimer ? » Quelqu’un dira : « Je ne peux rester dans la virginité, je ne peux vendre tous mes biens au profit des pauvres », mais dira-t-il : « Je ne peux pas aimer mes ennemis ? » Il ne s’agit pas ici de fatiguer ses jambes à courir, ou ses oreilles à écouter, ou ses mains à travailler, ce qui nous permettrait de trouver quelque excuse. Il ne nous est pas demandé de partir vers l’orient pour y chercher la charité, ou de s’embarquer vers l’occident pour y trouver l’amour : c’est à l’intérieur, en notre cœur que l’on nous dit d’entrer, selon la parole du prophète : « Revenez au cœur, vous qui péchez ! » (Is 46, 8) Saint Augustin (354-430), Sermon 72 MÉDITER LE NOTRE PÈRE Bien souvent, nous ne savons pas comment nous y prendre pour renouer une relation brisée, et nous avons peur de faire plus de mal que de bien en faisant le premier pas. Certes, il faut savoir attendre et guetter l’occasion, et cela n’est pas refuser de pardonner. Mais si nous posons comme préalable que l’autre reconnaisse ses torts, l’occasion ne viendra jamais, et cela est refuser de pardonner. L’autre aurait-il tous les torts envers nous, il a encore droit à notre pardon. Ce n’est pas indulgence de notre part, mais justice. D’autant que pardonner ne coûte rien, …même si cela nous coûte beaucoup ! Ce n’est pas parce qu’ils sont ennemis que nous n’aimons pas nos ennemis ; mais c’est parce que nous ne les aimons pas que nous les déclarons ennemis. VIVRE LE NOTRE PÈRE Je repère un « ennemi » dans mon entourage, et je vais trouver un geste ou une attitude d’amitié envers lui. L´Auteur : Augustin d’Hippone (Saint, 354-430) Saint Augustin, fils d’un père païen et de la pieuse sainte Monique, le plus célèbre, le plus lu et le plus commenté des Pères de l’Église latine, est un berbère de l’actuelle Algérie. Converti par la prédication de saint Ambroise (en 386) après une jeunesse orageuse et la parfaite éducation d’un rhéteur de l’Empire romain finissant, il est évêque d’Hippone en 395. Son œuvre immense ouvre le Moyen Âge ; rédigée au moment où les invasions barbares marquent la fin de l’Antiquité, domine la théologie et la spiritualité occidentales. ![]() |