Vendredi 27 février 2026

Vendredi de la 1ère semaine de Carême

Abstinence de viande

Un Père tout-puissant

Parce que la bonté de Dieu est sans limite, notre abandon à sa volonté peut être aussi sans limite : tel est le secret de la voie d'enfance spirituelle, la "petite voie" de sainte Thérèse de l'Enfant-Jésus :

Rester petite enfant devant le bon Dieu, c'est reconnaître son néant, attendre tout du bon Dieu, comme un petit enfant attend tout de son père ; c'est ne s'inquiéter de rien, ne point gagner de fortune. Même chez les pauvres, on donne à l'enfant ce qui lui est nécessaire, mais aussitôt qu'il grandit son père ne veut plus le nourrir et lui dit : "Travaille maintenant, tu peux te suffire à toi-même." C'est pour ne pas entendre cela que je n'ai pas voulu grandir, me sentant incapable de gagner ma vie, la vie éternelle du Ciel. Je suis donc restée toujours petite, n'ayant d'autre occupation que celle de cueillir des fleurs, les fleurs de l'amour et du sacrifice, et de les offrir au bon Dieu pour son plaisir.

Être petit, c'est encore ne point s'attribuer à soi-même les vertus qu'on pratique, se croyant capable de quelque chose, mais reconnaître que le bon Dieu pose ce trésor dans la main de son petit enfant pour qu'il s'en serve quand il en a besoin ; mais c'est toujours le trésor du bon Dieu. Enfin, c'est de ne point se décourager de ses fautes, car les enfants tombent souvent, mais ils sont trop petits pour se faire beaucoup de mal.

Sainte Thérèse de l’Enfant-Jésus, 6 août 1897

"Je crois en Dieu le Père tout-puissant…" : toute notre foi chrétienne, tout notre Credo, tient dans ce mot de Père, qui appelle notre abandon inconditionnel entre les mains de celui dont la toute-puissance est celle d'un amour inépuisable. Toute la vie chrétienne, toute la prière du chrétien tient dans l'acceptation de cette réalité vertigineuse :

"Mon Père, je remets mon esprit entre vos mains…"

C’est la dernière prière de notre Maître, de notre Bien aimé... puisse-t-elle être la nôtre... Et qu’elle soit non seulement celle de notre dernier instant, mais celle de tous nos instants : Mon Père, je me remets entre vos mains ; mon Père, je me confie à vous ; mon Père, je m’abandonne à vous ; mon Père, faites de moi ce qu’il vous plaira ; quoi que vous fassiez de moi, je vous remercie ; merci de tout ; je suis prêt, à tout ; j’accepte tout ; je vous remercie de tout ; pourvu que votre volonté se fasse en moi, mon Dieu, pourvu que votre volonté se fasse en toutes vos créatures, en tous vos enfants, en tous ceux que votre cœur aime, je ne désire rien d’autre, mon Dieu ; je remets mon âme entre vos mains ; je vous la donne, mon Dieu, avec tout l’amour de mon cœur, parce que je vous aime, et que ce m’est un besoin d’amour de me donner,  de me remettre en vos mains sans mesure ; je me remets entre vos mains avec une infinie confiance, car vous êtes mon Père. 

Saint Charles de Foucauld, Prière d'abandon

L´Auteur :

Thérèse de l’Enfant-Jésus (Sainte, 1873-1897)

Née à Alençon, étoile filante dans la nuit rationaliste de son siècle, Thérèse Martin entre encore adolescente au carmel de Lisieux. Elle vit dans un joyeux abandon les épreuves les plus rudes du corps et de l’âme avant de conclure à 25 ans  : « C’est dans les bras du bon Dieu que je tombe  !  »

Foucauld (Saint Charles de, 1858-1916)

Né à Strasbourg, orphelin très tôt, Charles de Foucauld connut une jeunesse agitée, entre la vie militaire et l’exploration du Maghreb. Converti à 28 ans, il entre à la Trappe, avant de recevoir le sacerdoce, qu’il vivra comme ermite au Sahara, seul chrétien au milieu des Touaregs, dont il étudie en spécialiste la langue et de la civilisation.