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Samedi 29 août 2026 Bienheureux Dominik Jedrzejewski Prêtre et martyr au camp de concentration de Dachau en Bavière (+ 1942) Le plus doux regard de Dieu sur terre Marie, cette âme sainte et divine, est en l'Église ce que l'aurore est au firmament ; elle précède immédiatement le soleil, mais elle est plus que l'aurore, car elle ne le précède pas seulement : elle le doit porter et enfanter au monde et donner la Vie, le Salut, la Lumière à l'univers, et y produire un Soleil levant, dont celui qui nous éclaire n'est que l'ombre et la figure. La terre, qui méconnaît Dieu, méconnaît aussi cet ouvrage de Dieu en la terre. Marie naît à petit bruit, sans que le monde en parle et sans qu'Israël même y pense, bien qu'elle soit la fleur d'Israël et la plus éminente de la terre. Mais si la terre n'y pense pas, le ciel la regarde et la révère comme celle que Dieu a fait naître pour un si grand sujet, et pour rendre un si grand service à sa propre personne, c'est-à-dire pour le revêtir un jour d'une nouvelle nature. Et ce Dieu même qui veut naître d'elle, l'aime et la regarde en cette qualité. Son regard n'est pas alors sur les grands, sur les monarques que la terre adore ; mais le premier et le plus doux regard de Dieu en la terre est vers cette humble Vierge que le monde ne connaît pas : c’est alors la plus haute pensée que le Très-Haut ait sur tout ce qui est créé. Il la regarde, la chérit, la conduit comme celle à qui il veut se donner soi-même, et se donner à elle en qualité de Fils, et la rendre sa Mère. Pierre de Bérulle (1575-1629), Vie de Jésus, chap.V Méditation Marie naît à petit bruit : personne n’a remarqué la Mère de Dieu à Nazareth ou tout au long de la vie publique de Jésus. Dieu n’a pas besoin de publicité et passe inaperçu, alors qu’il tient en sa main le ciel et la terre. Il est à la fois évident et transparent, disponible et discret ; parce qu’il nous aime, il ne veut pas s’imposer, tout en nous donnant à chaque instant tout ce qui peut nous rendre heureux. L’humilité de Marie participe de cette discrétion de Dieu : elle n’a pas besoin d’être reconnue, il lui suffit d’aimer. « Le bien se diffuse de lui-même », disaient les anciens ; il n’y a pas d’autre évangélisation que de vivre l’Évangile. Le plus doux regard de Dieu en la terre… Sainte Catherine de Sienne disait que Dieu avait perdu la tête devant la beauté de sa créature : on ne répétera jamais trop que le mystère chrétien est une histoire d’amour. L´Auteur : Bérulle (Pierre de, 1567-1629) Bérulle fut au départ de ce que l’on appelle « l’École française de spiritualité ». D'une famille de parlementaires parisiens, associé de près à la politique religieuse de Henri IV puis de Louis XIII, Bérulle sera au cœur du Tout-Paris dévot au lendemain des guerres de religion, ce qui en fait l’un des acteurs principaux du prodigieux renouveau spirituel et mystique né dans ce milieu. Il participera à l’introduction du Carmel thérésien en France en 1604, aura son mot à dire dans la réforme de nombreuses congrégations, et fondera l’Oratoire de France en 1611, société de prêtres vivant l'idéal du Concile de Trente. Les écrits de Bérulle reflètent ses lectures des Pères de l’Église et de saint Thomas, mais aussi des mystiques nordiques, dont il reçoit l’intuition fondamentale de son œuvre : la vie chrétienne comme « appropriation » des mystères de la vie de Jésus, nous introduisant dans sa relation éternelle à son Père. ![]() |