![]() |
|
|
|
Dimanche 22 février 2026 1ᵉʳ dimanche de Carême Jésus tenté comme nous La tentation est un résultat du péché, non sa cause : elle n'a de pouvoir que dans une vie déjà éloignée de Dieu. Si Jésus l'a éprouvée, c'est pour nous rejoindre dans cette situation, sans être lui-même pécheur, et par son union retrouvée avec nous, pour nous donner la victoire sur toutes les suggestions de Satan. Pourquoi notre béni Jésus-Christ a-t-il voulu être tenté ? Pourquoi ne l'a-t-il pas évité, alors qu'il l'aurait pu ? L'amour de son cœur n'est pas limité comme le nôtre. Cet amour est si grand, que jamais il ne nous oublie ni ne détourne ses yeux bénis de nos nécessités, de nos faiblesses et de nos misères pour y remédier, jamais il ne nous ôte sa faveur et son aide pour nous secourir en tout cela et s'occuper de nous : il est le pontife véritable qui véritablement compatit à notre faiblesse, comme le dit saint Paul. Et c'est pourquoi sa miséricorde a consenti à ce que le démon, prince du mensonge et de la méchanceté, ose venir à lui et le tenter, si bien que, "semblable à nous en toute chose hormis le péché", il a connu par expérience nos tentations, pour que quand nous nous verrions tentés à notre tour, nous soyons consolés de l'avoir vu tenté, croyant qu'il nous délivrerait, lui, le Pontife qui sait ce que sont nos tentations. Il a voulu cela pour que dans la tentation, vous ne faiblissiez pas, ni ne pensiez que Dieu vous oublie. Au contraire, il vous faut croire qu'avec l'aide du Seigneur vous serez victorieux de la tentation, et qu'elle tournera à votre récompense, tandis que l'épreuve et la peine qui l'accompagne se tournera en joie. Saint Jean d'Avila, Sermon pour le 1er dimanche de Carême Comment suivre Jésus dans l'épreuve de la tentation ? En agissant avant qu'elle ne prenne corps, c'est-à-dire en redisant le oui à Jésus-Christ de notre baptême. Concrètement, Il est certaines conditions requises avant, pendant et après la tentation. Avant la tentation, il faut éviter tout ce qui y expose ou ce qui incline au mal : qui aime le danger y périra ; qui compte sur sa force sera confondu. D'un autre côté, il ne faut pas craindre la tentation : en la craignant, on la fait naître ; le mieux est de n'y pas penser, et d'être uniquement à ce qu'on a à faire. Pendant la tentation, il faut, non pas s'amuser avec elle sous prétexte qu'elle est légère, autrement elle prendrait le dessus sur nous ; mais il faut faire avec elle une diversion prompte, ferme et tranquille ; lui tourner le dos avec mépris, sans daigner seulement la regarder ; et si elle produit quelques impressions, il faut les désavouer paisiblement en s'appliquant tout entier à l'action présente. Après la tentation, il faut l'oublier : la réflexion la ferait revivre. Il vaut mieux s'encourager paisiblement à réparer le mal passé, s'il y en a eu, en faisant très parfaitement l'action présente ; s'unir à Dieu et se jeter entre ses bras avec confiance et amour, en lui disant comme l'enfant prodigue : Mon père, j'ai péché contre le ciel et contre vous. André Hamon, Méditation pour le 1er dimanche de Carême
L´Auteur : Jean d’Avila (Saint, 1499-1569) Né près de Tolède d’une famille juive convertie, Jean d'Avila fut ordonné prêtre en 1526 après des études à Salamanque et Alcala. Établi en Andalousie, il y fut un modèle de pasteur dans l’esprit du Concile de Trente. Hamon (André, 1795-1874) Né en Mayenne dans une famille très chrétienne au lendemain de la Révolution, André Hamon, prêtre en 1820, entre dans la compagnie de Saint-Sulpice. À Bordeaux, Clermont et Paris, professeur, puis supérieur de séminaire, il se distinguera comme formateur du clergé dans la ligne spirituelle de saint François de Sales. ![]() |