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Samedi 28 février 2026Samedi de la 1ère semaine de Carême Un amour créateurLe premier don que nous fait notre Père est tout simplement de nous créer. Il ne nous crée pas d'abord pour nous aimer ensuite : il nous crée parce qu'il nous aime. Considérez l'amour éternel que Dieu vous a porté, car déjà avant que Notre Seigneur Jésus-Christ en tant qu'homme souffrît en Croix pour vous, sa divine Majesté vous projetait en sa souveraine bonté et vous aimait extrêmement. Mais quand commença-t-il à vous aimer ? Il commença quand il commença à être Dieu. Et quand commença-t-il à être Dieu ? Jamais, car il l'a toujours été sans commencement et sans fin, et aussi il vous a toujours aimé dès l'éternité. Saint François de Sales, Introduction à la Vie dévote La création est le premier don que Dieu nous fait de lui-même : Dieu ne serait pas Dieu s'il ne se suffisait à lui-même… Cependant, il semblerait que Dieu ne pouvait pas se contenir en lui-même, qu'il succombait sous la plénitude de son essence et de sa beauté, qu'il lui fallait sortir de lui-même, appeler ses créatures du néant, s'appuyer sur elles et les écraser de son amour, et que ce n'était qu'ainsi qu'il trouverait le repos. Il faut que l’amour de Dieu déborde. Cela paraît comme une nécessité ; Dieu sortira de lui-même ; il habitera dans une autre demeure, il portera le bonheur partout où il ira ; il répandra la joie autour de lui ; il appellera à la vie les mondes les uns après les autres ; il les plongera dans la lumière qui l’environne ; il se communiquera à eux dans toute sa plénitude et d’une manière inépuisable, et cependant il restera invariablement le même, dans le repos de sa majesté. William Faber, Bethléem Dieu n'est Dieu qu'en train de m'aimer, et le point de départ de la vie chrétienne est dans la prise de conscience de cet amour sans commencement ni fin : Avant que le monde fût, avant qu’il y eût des heures, avant que les aînés de la Création, qui sont les anges, eussent chanté leur premier cantique, alors qu’il n’y avait rien que Dieu ; quand, ravi de sa propre beauté, riche de son opulence essentielle, enivré de son inépuisable amour, fécond, glorieux, absolument heureux, Dieu vivait seul, sans regard au dehors, sans conversation, sans contact, il m’aimait, moi qui n’étais pas ! J’étais parlé dans sa propre parole substantielle, j’étais aimé dans sa personnelle dilection. Cette parole qui est son Verbe, était créatrice avant d’avoir créé le monde ; et tout ce qu’il avait lui-même résolu de tirer du néant, elle le contenait comme en étant la cause et l’exemplaire. J’étais là ; non tel que je suis, mais tel que je dois être ; non tel que l’abus de ma liberté et mon péché m’ont fait, mais tel que la grâce m’a refait, tel surtout que j’espère être un jour dans la gloire. J’étais là divinement embrassé… Dieu m’aimait ; son amour pour moi date de l’heure impossible où il a commencé de s’aimer lui-même : il m’a aimé, il m’aime d’un amour éternel. Charles Gay, Fleurs de doctrine et de piété
L´Auteur : François de Sales (Saint, 1567-1622) Noble savoyard, évêque de Genève en 1602 tout en résidant à Annecy, François de Sales réforme son diocèse dans l’esprit du Concile de Trente. En 1610, il fonde la Visitation avec Jeanne de Chantal. Faber (William, 1814-1863) Anglican converti au catholicisme dans le sillage de Newman, il fonde l’Oratoire de Londres. Brillant orateur et auteur spirituel à succès. Gay (Charles, 1815-1892) Figure exemplaire du retour à l’Église catholique des grandes familles bourgeoises après la Révolution française, Charles Gay sera évêque auxiliaire de Poitiers aux côtés du cardinal Pie. ![]() |