Jeudi 1er janvier 2026

Sainte Marie, Mère de Dieu

Marie, débordante de grâce

La prière de ce jour :

Dieu tout-puissant, accorde-nous de sentir que la bienheureuse Marie intervient en notre faveur.

Dieu ne peut rien refuser à sa Mère, et c’est toute la force de la fête d’aujourd’hui : en la plaçant au 1er janvier, l’Église nous invite à considérer que toutes les grâces que nous recevrons en 2026 seront passées par son cœur de mère :

Marie s’est faite toute à tous, et s’est constituée, dans son immense charité, débitrice des insensés, aussi bien que des sages. Elle ouvre à tous les hommes le sein de sa miséricorde, afin que tous reçoivent de sa plénitude : le captif, la rédemption ; le malade, la santé ; l’affligé, des consolations ; le pécheur, son pardon ; le juste, la grâce ; les anges, la joie ; la Trinité entière, la gloire ; et la personne du Fils, la substance humaine, en sorte qu’il n’y eût personne qui échappât à sa douceur.

Saint Bernard, Sermon pour le dimanche dans l’octave de l’Assomption

Sentir l’intervention de Marie porte bien au-delà des sentiments, par ailleurs très légitimes. Jésus est notre frère parce que nous avons le même Père, mais il l’est aussi parce que nous avons la même Mère, et pour autant, les mêmes droits sur elle :

Ô Dame du ciel et de la terre, lève-toi, sois notre médiatrice, obtiens-nous la grâce de ton tendre enfantJésus, la Sagesse éternelle. Ah ! Sagesse éternelle, comment peux-tu maintenant me refuser quelque chose ? De même que je te présente au Père éternel, de même je présente à la douceur de tes regards ta pure et tendre Mère, élue entre toutes. Ah ! douce et belle Sagesse, regarde-la, vois ces yeux pleins de douceur qui t’ont si souvent regardé avec tant de bonté, reconnais ces joues gracieuses qu’elle a si souvent pressées avec tant de tendresse contre ton visage d’enfant ! Ah ! regarde cette bouche délicate qui t’a si souvent couvert de tendres baisers, vois ces mains pures qui t’ont si souvent servi ! Ah ! douceur des douceurs, comment peux-tu refuser quelque chose à celle qui t’a allaité avec tant d’amour, porté dans ses bras, qui te couchait, qui te levait, qui te soignait si tendrement ?

Seigneur, je te rappelle tout l’amour que tu éprouvais pour elle aux jours de ton enfance, lorsque, assis sur ses genoux maternels, tu la regardais avec tant de tendresse profonde, les yeux pleins de joie et de rires, lorsque tes bras d’enfant la serraient tendrement, avec un amour, une tendresse infinie, la préférant à toute autre créature. Souviens-toi aussi de la grande affliction que son cœur maternel fut seul à porter avec toi sous le gibet de ta misérable croix, lorsqu’elle te vit dans les angoisses de la mort, lorsque son cœur et son âme moururent bien des fois avec toi dans le chagrin et la douleur, afin que tu me donnes par sa grâce d’écarter tous les obstacles, d’obtenir ta grâce et de ne jamais la perdre.

Bienheureux Henri Suso, Livre de la Sagesse éternelle

L´Auteur :

Bernard (saint, 1090-1153)

De noble famille bourguignonne, Bernard entre au monastère de Cîteaux en 1112. Bientôt abbé de Clairvaux, il est à l’origine d’un prodigieux renouveau monastique en Occident. Son influence sur la spiritualité occidentale fut déterminante.

Suso (bienheureux Henri, 1295 ?- 1366)

Né sans doute à Constance d’une famille aisée, disciple d’Eckhart et contemporain de Tauler dans l’ordre dominicain, le « doux Suso » (seüs Seuse, en dialecte souabe) marque avec eux l’apogée de la mystique rhénane. De tempérament fragile et inquiet, mêlé aux troubles de l’époque, ses écrits reflètent ses épreuves, mais continuellement compensées par une tendresse sans fond pour la personne de Jésus, dont il portait le nom gravé sur son cœur.