![]() |
|
|
|
Samedi 22 août 2026
Mémoire de la Vierge Marie Reine Marie ne peut rien nous refuser Souviens-toi, souviens-toi, douce Reine élue entre toutes, que c’est de nous, pécheurs, que tu tiens toute ta dignité. Qui a fait de toi la mère de Dieu, l’écrin où a doucement reposé la Sagesse éternelle ? Ô Dame, ce sont nos péchés à nous, pauvres hommes. Comment te nommerais-tu Mère de la grâce et de la miséricorde, si ce n’est de par notre indigence qui a besoin de ta grâce et de ta miséricorde ? C’est notre pauvreté qui t’a rendue riche, ce sont nos crimes qui t’ont élevée en noblesse au-dessus de toutes les créatures les plus pures. Reine élue entre toutes, tu es aussi la porte de la grâce, la porte de miséricorde qui ne fut jamais fermée. Le ciel et la terre peuvent passer avant que tu laisses repartir sans l’avoir aidé celui qui recourt à toi d’un cœur sincère. Et voici que, pour cette raison, tu es le premier regard de mon âme quand je me lève, le dernier avant que je m’endorme. Comment, en raison de la dignité de la médiatrice, ce dont se portent garant et que présentent tes mains pures, et qui est minime en soi, pourrait-il être rejeté, alors que c’est toi, toute pure, qui en réponds devant ton cher enfant ? C’est pourquoi, douce Élue, agrée la pauvreté de mes œuvres et présente-les, afin que tes mains leur confèrent une valeur aux yeux du Dieu tout-puissant. Bienheureux Henri Suso (1295 ?- 1366), Livre de la Sagesse éternelle, I, XVI Méditation Le paradoxe du péché, c’est qu’il permet une augmentation de grâce : Dieu qui nous aime toujours, doit nous aimer pour deux quand nous ne l’aimons pas. C’est ainsi que Marie reçoit de notre indigence ce qui lui permettra de nous donner le Sauveur : « Comment te nommerais-tu Mère de la grâce et de la miséricorde, si ce n’est de par notre indigence qui a besoin de ta grâce et de ta miséricorde ? » Cela crée pour Marie une dette de reconnaissance envers nous : c’est une première raison d’avoir recours à elle comme à notre avocate auprès de Dieu. Nos péchés font que nos œuvres les meilleures sont encore bien imparfaites devant Dieu : présentées par les mains parfaites de Marie, elles en acquièrent la perfection qui les rend agréables à Dieu. C’est une seconde raison d’avoir recours à elle dans notre prière. L´Auteur : Suso (Bienheureux Henri, 1295 ?- 1366) Né sans doute à Constance d’une famille aisée, disciple d’Eckhart et contemporain de Tauler dans l’ordre dominicain, le « doux Suso » (seüs Seuse, en dialecte souabe) marque avec eux l’apogée de la mystique rhénane. De tempérament fragile et inquiet, mêlé aux troubles de l’époque, ses écrits reflètent ses épreuves, mais continuellement compensées par une tendresse sans fond pour la personne de Jésus, dont il portait le nom gravé sur son cœur. ![]() |