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Mercredi 5 août 2026 La dédicace de sainte Marie Majeure Tenons ferme dans le combat ! S'il vous semble quelquefois que votre volonté est trop faible pour résister à l'appétit inférieur, et à d'autres ennemis qui tâchent de s'en rendre maîtres, et si alors vous ne vous sentez pas assez de courage et de résolution pour soutenir leurs attaques, ne laissez pas de tenir ferme, n'abandonnez point le combat, puisque vous devez croire que vous êtes victorieux tant qu'il ne paraît pas que vous soyez tout-à-fait vaincu. En effet, comme votre volonté n'a pas besoin du consentement de l'appétit inférieur pour prendre tel parti qu'il lui plaît, aussi, quelque violence qu'elle souffre du côté de cet ennemi domestique, elle conserve toujours l'usage entier de sa liberté. Car le Créateur lui a donné un pouvoir et un empire si absolu, que quand tous les sens, tous les démons, toutes les créatures ensemble, auraient conspiré contre elle, rien ne pourrait l'empêcher de faire ou de ne point faire ce qu'elle veut ou ce qu'elle ne veut pas, autant de fois et aussi longtemps, pour telle fin et de telle manière que bon lui semble. Que si quelquefois la tentation vous presse de sorte que votre volonté faible et presque vaincue semble n'avoir pas toute la force nécessaire pour y résister, et de mettre les armes bas, criez au moins et défendez-vous, en disant au tentateur : Retire-toi d'ici, Satan ; car je mourrai mille fois plutôt que de consentir à tes suggestions infâmes. Faites comme un homme qui, étant aux prises avec un ennemi opiniâtre, et ne pouvant le percer de son épée, le frappe avec le pommeau par où il peut. Voyez comme il recule de quelques pas, et comme il revient sur son adversaire pour lui donner le coup de la mort. Cela vous apprend à vous retenir souvent dans vous-même pour considérer que de votre fonds vous n'êtes rien, et que vous ne pouvez rien ; pour vous animer ensuite d'une généreuse confiance en la toute-puissance de Dieu ; pour attaquer et pour vaincre enfin, avec sa grâce, la passion qui vous domine. C'est alors que vous devez dire : Aidez-moi, Seigneur, mon Dieu, aidez-moi. Jésus et Marie, n'abandonnez point votre serviteur, ne permettez pas que je succombe à la tentation. Mais quand l'ennemi vous en donne le loisir, appelez votre entendement au secours de la volonté ; fortifiez-la par diverses considérations propres à lui relever le courage et l'animer au combat. Lorenzo Scupoli, Le Combat spirituel, chapitre 14
L´Auteur : Scupoli (Laurent, 1530-1610) Né à Otrante en 1530, François Scupoli rencontre à Naples la fervente et jeune famille sacerdotale des Théatins, fondée à Rome en 1524. Il y entre en 1569, y reçoit le nom de Laurent, et y sera formé par saint André Avellin, avant d’être transféré à Plaisance, où il sera ordonné prêtre en 1577, puis à Milan, Gênes, Venise, et Naples. Accusé, sans doute à tort, d’un grave délit en 1585, il fut en disgrâce parmi les siens, jusqu’à sa réhabilitation au soir d’une vie dont on ne connaît guère que l’humilité et la discrétion. Édité à Venise en 1588 sans nom d’auteur, le Combat Spirituel connut très vite un immense succès qui lui valut plus de 600 éditions dans toutes les langues jusqu’à nos jours. Son plus fameux lecteur sera saint François de Sales, qui ne s’en séparait jamais et en donnera une traduction française. Petit manuel de confiance absolue en la bonté de Dieu et de défiance envers soi-même, on y trouve déjà le secret du salésianisme : l’attention à la présence amoureuse de Dieu dans les moindres détails de la vie la plus ordinaire. ![]() |