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Samedi 14 mars 2026Jésus à la droite du PèreRessuscité, Jésus vit désormais dans la condition « glorieuse » de Dieu, sans les limites de temps et de lieu qui caractérisent notre condition terrestre. Sa Pâque nous plonge dans la joie en ce qu’elle annonce et porte déjà secrètement la nôtre, mais elle inaugure aussi une nouvelle façon de lui être uni : il n’est plus possible de le voir ou de l’entendre, et il nous faut accepter de grandir dans l’expérience de la foi, telle que nous l’avons évoquée jeudi, appuyée sur la promesse de Jésus au jour de l’Ascension : « Je suis avec vous tous les jours jusqu’à la fin des temps » (Mt 28, 20). Aujourd’hui notre Seigneur Jésus-Christ monte au ciel ; que notre cœur y monte avec lui. Écoutons ce que nous dit l’Apôtre : Vous êtes ressuscités avec le Christ. Recherchez donc les réalités d’en haut : c’est là qu’est le Christ, assis à la droite de Dieu. Le but de votre vie est en haut, et non pas sur la terre. De même que lui est monté, mais sans s’éloigner de nous, de même sommes-nous déjà là-haut avec lui, et pourtant ce qu’il nous a promis ne s’est pas encore réalisé dans notre corps. Le temps de la foi est le temps de l’Église, corps du Christ dont Jésus est la tête : Lui a déjà été élevé au-dessus des cieux ; cependant il souffre sur la terre toutes les peines que nous ressentons, nous ses membres. Il a rendu témoignage à cette vérité lorsqu’il a crié du haut du ciel : « Saul, Saul, pourquoi me persécuter ? » Et il avait dit aussi : « J’avais faim, et vous m’avez donné à manger. » Pourquoi ne travaillons-nous pas, nous aussi sur la terre, de telle sorte que par la foi, l’espérance et la charité, grâce auxquelles nous lui sommes reliés, nous reposerions déjà maintenant avec lui, dans le ciel ? Lui, alors qu’il est là-bas, est aussi avec nous ; et nous, alors que nous sommes ici, sommes aussi avec lui. Lui fait cela par sa divinité, sa puissance, son amour ; et nous, si nous ne pouvons pas le faire comme lui par la divinité, nous le pouvons cependant par l’attachement à lui, mais en lui. Cette double appartenance au ciel et à la terre, telle est la condition du chrétien dans le monde : Lui n’a pas quitté le ciel lorsqu’il en est descendu pour venir vers nous ; et il ne nous a pas quittés lorsqu’il est remonté au ciel. Il était déjà là-haut, tout en étant ici-bas ; il est notre tête, et nous sommes son corps ; nous sommes lui en tant qu’il est Fils de l’homme à cause de nous, et que nous sommes fils de Dieu à cause de lui. Saint Paul affirme : « Notre corps forme un tout, il a pourtant plusieurs membres ; et tous les membres, bien qu’étant plusieurs, ne forment qu’un seul corps. » De même en est-il pour le Christ. Le Christ, c’est donc beaucoup de membres en un seul corps. Il est descendu du ciel par miséricorde, et lui seul y est monté, mais par la grâce nous aussi sommes montés en sa personne. Saint Augustin, Sermon pour l’Ascension
L´Auteur : Augustin d’Hippone (Saint, 354-430) Saint Augustin, fils d’un père païen et de la pieuse sainte Monique, le plus célèbre, le plus lu et le plus commenté des Pères de l’Église latine, est un berbère de l’actuelle Algérie. Son œuvre immense ouvre le Moyen Age ; rédigée au moment où les invasions barbares marquent la fin de l’Antiquité, elle domine la théologie et la spiritualité occidentales. ![]() |