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Samedi 27 juin 2026
Saint Cyrille d'Alexandrie
Père et Docteur de l'Église (+ 444)
Pourquoi se priver ?
Dieu t’aime et te dit : « Demande ce que tu veux. » Que vas-tu lui demander ? Ne te retiens pas, lâche ton avarice ! Vas-y, pas de limite à ta convoitise ! Ce n’est pas n’importe qui, mais le Dieu tout-puissant qui te dit de demander ce que tu veux ! Tu aimes les terres ? Demande toute la terre, et que tous ceux qui y naîtront soient tes fermiers ou tes esclaves. Et quand tu auras toute la terre, tu demanderas la mer, même si tu ne peux pas y vivre, les poissons faisant mieux que toi en cela ! À moins que tu n’aies les îles ! Plus fort ! Demande le ciel, même si tu ne peux pas voler, porte ta convoitise jusqu’au firmament, déclare que le soleil est à toi, la lune, les étoiles, puisque celui qui a tout fait te dit : « Demande ce que tu veux. »
Et pourtant, tu ne trouveras rien de plus précieux, rien de meilleur, que celui qui a tout fait. Demande-le, lui, et en lui et par lui tu auras tout ce qu’il a fait. Oui, tout est précieux, car tout est beau, mais quoi de plus beau que lui ? Tout est fort, mais quoi de plus fort que lui ? Et il ne veut rien donner davantage que lui-même.
Si tu trouves mieux que lui, demande-le ; mais demander autre chose, ce serait lui faire une injure en même temps que te faire du tort, ce serait lui préférer ce qu’il a fait à lui qui a tout fait, et qui veut se donner lui-même à toi.
Saint Augustin (354-430), Sur le Psaume 34, 12
Méditation
Le chrétien ne se prive pas, il préfère : «Si tu trouves mieux que celui qui a tout fait, demande-le». Le progrès spirituel n’est pas dans le renoncement, mais dans le dépassement. En se faisant homme, Dieu rend l’homme capable d’être Dieu : vouloir moins que cela n’est pas digne d’un homme.
Le combat spirituel est pour dilater notre désir, pour faire sauter ce qui obstrue l’entrée de notre âme et qui empêche Dieu de s’engouffrer : un petit barrage suffit à retenir un fleuve. Bien souvent, nous sommes arrêtés par des bricoles dans la grande aventure chrétienne : mon petit confort, ma petite santé, mes petits plaisirs…
Nos privations, mortifications, jeûnes, ne nous demandent pas beaucoup d’héroïsme, reconnaissons-le ; mais bien placés au pied du barrage, ils sont ces explosifs qui peuvent le faire sauter.
L´Auteur :
Augustin d’Hippone (Saint, 354-430)
Saint Augustin, fils d’un père païen et de la pieuse sainte Monique, le plus célèbre, le plus lu et le plus commenté des Pères de l’Église latine, est un berbère de l’actuelle Algérie. Converti par la prédication de saint Ambroise (en 386) après une jeunesse orageuse et la parfaite éducation d’un rhéteur de l’Empire romain finissant, il est évêque d’Hippone en 395. Son œuvre immense ouvre le Moyen Âge ; rédigée au moment où les invasions barbares marquent la fin de l’Antiquité, domine la théologie et la spiritualité occidentales.
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