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Dimanche 23 août 2026 21ème Dimanche du Temps Ordinaire Marie à la source de la grâce La vie éternelle est une fontaine intarissable qui arrose tout le paradis, et non seulement qui l’arrose, mais qui l’enivre : elle est « la fontaine des jardins, le puits des eaux vives qui descendent avec impétuosité du Liban » (Ct 4, 15), elle est « le fleuve qui réjouit la cité de Dieu » (Ps 45, 5). Mais qui donc est cette fontaine de vie, sinon le Seigneur Jésus ? Ce filet d'eau céleste est descendu à nous par un aqueduc, non pas sous l’apparente abondance d’une fontaine, mais en pénétrant de sa grâce goutte à goutte nos cœurs arides, donnant plus aux uns, moins aux autres. Vous voyez déjà, si je ne me trompe, de quel aqueduc je veux parler : il a reçu à sa source du cœur du Père la plénitude de cette fontaine, et il nous l’a versée non pas telle qu’elle est, mais telle que nous pourrions la recevoir. Vous savez en effet à qui il a été dit : « Je vous salue pleine de grâce ». Non pas que Dieu n’aurait pas pu, s’il l’avait voulu, nous pénétrer de sa grâce sans cet aqueduc, mais il a voulu te pourvoir d’un moyen adapté. En effet, tes mains sont peut-être pleines de sang, ou souillées par quelque faveur injuste dont tu ne les aurais pas encore complètement nettoyées… Alors, pour ne pas risquer un refus, prends soin de transmettre le petit cadeau que tu veux offrir à Dieu par les mains toutes gracieuses et dignes d’être agréées de Marie. Ces mains sont des lis d'une parfaite blancheur, et Celui qui aime les lis (Ct 2, 16) ne se plaindra pas de ne pas trouver entre les lis quoi que ce soit qu’il aura trouvé entre les mains de Marie. Saint Bernard (1090-1153), Sermon pour la Nativité de la Bienheureuse Vierge Marie Méditation Jésus est venu à nous par Marie ; la grâce de Dieu continue à venir à nous par Marie : toute la dévotion du chrétien envers Marie repose sur cette médiation liée au mystère de l’Incarnation. Elle autorise tous les titres donnés à Marie par la liturgie, et qui explicitent le titre premier de Mère de Dieu : « Mère de la divine grâce », « Mère de l’Église », « Trône de la Sagesse », « Arche d’alliance », « Porte du ciel »…, énumèrent les litanies de la Vierge. Marie, canal de la grâce est aussi bien le canal de l’action de grâce : l’homme va vers Dieu par le chemin qui permet à Dieu de venir vers l’homme. Prier Marie, c’est lui confier notre humanité pour qu’elle la présente à Dieu dans la perfection de celle qui est « pleine de grâce ». Toute prière chrétienne est mariale, explicitement ou implicitement. Allons vers celle dont les mains sont d’une parfaite blancheur, pour que le peu que nous pourrons apporter n’en puisse pas moins être reçu par celui dont la toute-puissance s’est investie dans la faiblesse d’un petit enfant. L´Auteur : Bernard (Saint, 1090-1153) De noble famille bourguignonne, Bernard entre au monastère de Cîteaux en 1112. Bientôt abbé de Clairvaux, il est à l’origine d’un prodigieux renouveau monastique en Occident (celui des Cisterciens), caractérisé par l’attachement à la sobriété primitive de la règle de saint Benoît. Arbitre des conflits politiques, intellectuels et religieux de son temps, saint Bernard fut d’abord un immense mystique, dont l’influence, conjuguée à celle de saint Augustin, dominera la suite de la littérature chrétienne. ![]() |