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Mercredi 17 juin 2026Le bon usage de nos péchésVous me demandez si une âme ayant le sentiment de sa misère peut aller à Dieu avec une grande confiance. Or, je réponds que non seulement l’âme qui a la connaissance de sa misère peut avoir une grande confiance en Dieu, mais elle ne peut avoir une vraie confiance qu’elle n’ait la connaissance de sa misère ; car cette connaissance et confession de notre misère nous introduit devant Dieu. Ainsi, tous les grands saints, comme Job, David et les autres, commençaient toutes leurs prières par la confession de leur misère et indignité ; de sorte que c’est une très bonne chose de se reconnaître pauvre, vil, abject, et indigne de comparaître en la présence de Dieu. Plus nous nous connaîtrons misérables, plus nous nous confierons en la bonté et miséricorde de Dieu ; car entre la miséricorde et la misère il y a une certaine liaison si grande, que l’une ne se peut exercer sans l’autre. Si Dieu n’eût point créé l’homme, il eût été vraiment tout bon, mais il n’eût pas été actuellement miséricordieux, car la miséricorde ne s’exerce qu’envers les misérables. Vous voyez donc que plus nous nous connaissons misérables, plus nous avons occasion de nous confier en Dieu, puisque nous n’avons rien de quoi nous confier en nous-mêmes. La défiance de nous-mêmes provient de la connaissance de nos imperfections. Il est bien bon de se défier de soi-même, mais de quoi nous servirait-il de le faire, sinon pour jeter toute notre confiance en Dieu et nous attendre à sa miséricorde. Saint François de Sales (1567-1622), Vrais Entretiens, « De la Confiance » MÉDITER LE NOTRE PÈRE Une âme ne peut être consciente de son péché que dans la lumière de Dieu, que dans la grâce de Dieu. En revanche, une âme morte est inconsciente. Ce qui veut dire qu’au lieu de prendre la fuite quand nous nous rendons compte du péché, nous devons rendre grâce à Dieu pour cette lumière qui témoigne de son amour : cette lumière n’est pas pour nous accuser, mais pour nous sauver. La confession de notre misère nous introduit devant Dieu : une chose est savoir que l’on est pécheur, autre chose confesser effectivement son péché. S’il faut répéter le Notre Père, s’il faut chaque jour demander le pain du jour, s’il faut chaque jour demander pardon à Dieu, c’est pour prendre toute notre responsabilité dans l’accueil de la grâce de Dieu. Il est bon de se défier de soi-même : que chacun de nos péchés soit l’occasion de nous remettre dans la vérité de notre dépendance de Dieu. VIVRE LE NOTRE PÈRE Ne gaspillons pas nos péchés ! En fait, ils sont les plus puissants ressorts de notre progrès spirituels, puisqu’ils sont l’occasion de grandir dans l’humilité, cette vertu dont dépendent toutes les autres, nous disent tous les maîtres. Voilà pourquoi, lorsque nous nous confessons, veillons à bien les désigner : on n’est pas pécheur « en général », mais tel jour, à tel endroit, nous avons trahi le Christ ; non pas : «Je suis un peu gourmand », mais : « Lundi, je me suis rendu malade en abusant d’un plat qui me plaisait. ». L´Auteur : François de Sales (Saint, 1567-1622) Noble savoyard, après une éducation de gentilhomme et de juriste à Paris et à Padoue, il entre dans les ordres et ramène au catholicisme le nord de la Savoie. Évêque de Genève en 1602, il réside en fait à Annecy, et réforme son diocèse dans l’esprit du Concile de Trente. En 1610, il inaugure une nouvelle forme de vie consacrée en fondant la Visitation avec Jeanne de Chantal. L’activité pastorale épuisante de François de Sales reposait sur une vie intérieure des plus riches, dont témoignent autant son enseignement « grand public » (dans l’Introduction à la Vie dévote et dans sa correspondance) que son magistral Traité de l’Amour de Dieu. Directeur spirituel, prédicateur, diplomate, écrivain… : un des maîtres absolus de la contre-réforme catholique ! ![]() |