Jeudi 29 janvier 2026

Sainte Savine

sœur de saint Savinien (+ 313)

Un peu de réalisme !

    Où que tu sois, de quelque côté que tu regardes, tu es malheureux si tu ne te tournes pas vers Dieu. Mais considère les biens du ciel, et tu verras que tous les biens passagers ne sont rien, mais qu’ils sont plutôt incertains et fort pesants, car jamais on ne les possède sans souci ni crainte. Le bonheur de l’homme ne dépend pas de leur abondance, et il lui suffit d’en avoir modérément.

    Malheur, donc, à ceux qui ne sont pas conscients de leur misère et de la fragilité de la vie ! Ô cœurs insensés et infidèles, si profondément enfoncés dans les réalités terrestres, au point de ne rien goûter d’autre que ce qui est charnel ! Les malheureux sentiront douloureusement à la fin combien était vil, combien n’était rien, ce qu’ils auront aimé.

    Ne perds pas, mon frère, la confiance de progresser dans les réalités spirituelles : tu en as encore le temps et le moment en est venu ; pourquoi vouloir remettre à plus tard ton bon propos ? Lève-toi, commence tout de suite et dis : voilà le moment de m’y mettre, voilà le moment de combattre, voilà le bon moment pour me corriger.

    Qu’en sera-t-il de nous à la fin, si déjà nous sommes lâches si tôt le matin ? Malheur à nous si nous choisissons le repos, comme si déjà nous étions en paix et en assurance, alors qu’aucune trace de vraie sainteté n’apparaît encore dans notre comportement ?

Thomas a Kempis (1379-1471), Imitation de Jésus-Christ, I, 22

MÉDITATION

On sait bien que l’argent ne fait pas le bonheur, ni la réputation ou même la santé... Et pourtant, nous vivons le plus souvent dans le rêve, comme si tout ce qui s’arrêtera au tombeau comptait plus que ce qui durera éternellement. De ce point de vue, la prière est un exercice d’hygiène spirituelle, même si la «vraie sainteté» seule est décisive pour le chrétien. Prenons conscience de la fragilité et de la vanité de tant de nos choix. La vie que je mène en vaut-elle vraiment la peine ? Qu’est-ce qui me survivra, si demain je dois quitter cette terre ?

L´Auteur :

Thomas a Kempis (1379-1471)

Né à Kempen (au nord de Cologne), Thomas passe son adolescence à Deventer, chez les Frères de la Vie commune (autour de Gérard Groote et Florent Radewijns), foyer de la «Dévotion moderne» : dans la ligne de Ruusbroec l’Admirable († 1381), les Frères y cultivaient à la fois l’intériorité qui s’épanouira chez les mystiques espagnols, et l’étude des grands auteurs de la Tradition. Entré chez les chanoines réguliers du Mont-Sainte-Agnès, près de Zwolle (maison de la très importante congrégation de Windesheim, dans la filiation de Ruusbroec), c’est comme maître des novices que Thomas y rédige des milliers de pages de méditation et de formation spirituelle, dont l’Imitation de Jésus-Christ, l’un des livres les plus diffusés de l’histoire de l’humanité.