Jeudi 12 février 2026

« Ne pensons qu’à Dieu seul !»

Seigneur, ravissez à vous toutes mes affections, peines et passions. Que je sorte de moi-même pour demeurer uniquement en vous ; que je ne pense que de vous, en vous et pour vous ; que je n'aie d'amour qu'en vous ; que je ne craigne, et ne me réjouisse, et ne désire qu'en vous, et que je fasse usage de mes passions pour vous seul ; que votre grâce fasse mourir tant de craintes, espérances, tristesses et désirs naturels ; vous seul soyez l'unique objet de tout mon amour. C'est la pureté qu'il faut prétendre, autrement nous possédons notre âme en vain.

Jésus a dit dans l'Evangile qu'un passereau n'est pas en oubli devant Dieu. Pourquoi donc tant de crainte de manquer ? S'il permet que tout nous manque, c'est qu'il veut nous faire souffrir, et nous perfectionner par les croix. Dieu me donne son précieux Corps chaque jour, et il me dénierait du pain ! Je ne le saurais croire. Toute pensée contraire est du démon, ou de la nature trop discrète. Ma confiance doit être toute en Dieu seul.

Quand anéantirai-je toute la providence que j'ai au regard de ma personne, de mes affaires, pour entrer avec un pur abandon dans la divine Providence ? À quoi bon faire des réflexions sur ce qui m'arrivera ? Suivons simplement les desseins de Dieu, aimons uniquement son bon plaisir, et ne pensons qu'à Dieu seul, qui aura soin de nous en la meilleure manière pour sa gloire.

Jean de Bernières-Louvigny (1602-1659), Le Chrétien intérieur, III, 10

MÉDITER LE NOTRE PÈRE

« Pourquoi donc tant de craintes de manquer ? » Nous avons le devoir de cultiver la terre, de la rendre plus facile et même plus agréable à vivre ; mais le bonheur n’est pas pour autant dans l’abondance, et si celle-ci fait défaut, Dieu ne fera pas défaut pour autant.

Dieu seul rend heureux, et le seul véritable échec pour un chrétien est de ne pas faire sa volonté. Mais sa volonté n’est pas forcément la réussite de nos projets, surtout lorsqu’ils ne sont pas les siens.

« Suivons simplement les desseins de Dieu » : c’est forcément le chemin du bonheur, et s’en écarter est forcément un chemin de malheur.

VIVRE LE NOTRE PÈRE

Je repère les excès de prudence, confort, sécurité que j’ai laissé s’installer dans ma vie. J’en choisis un et je le supprime dès aujourd’hui.

L´Auteur :

Bernières-Louvigny (Jean de, 1602-1659)

Fils d’un trésorier général de Caen, Jean de Bernières-Louvigny consacrera sa fortune et ses relations à l’animation du groupe mystique normand né autour du capucin Jean-Chrysostome de Saint-Lô, tout en assurant l’intendance de nombreuses entreprises missionnaires, et en fondant séminaires et hôpitaux à partir de son ermitage ouvert à ses nombreux amis contemplatifs.