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Vendredi 13 février 2026 Nos croix dans la croix de Jésus Saint Jean Chrysostome dit que nous devons recevoir en ce monde toutes les peines et afflictions, avec autant de dévotion que nous ferions pour une partie de la vraie croix, qui nous serait envoyée de Rome par notre saint Père le Pape. Nous pouvons voir par là comme toutes les souffrances, pour petites qu’elles soient, sont une participation de la croix de Jésus Christ ; et comme telles, elles sont à désirer pour nous unir à Dieu plus que toutes les consolations, qui souvent nous désunissent. C’est pourquoi nous ne les devons mépriser ni les laisser tomber par terre, car ce sont miettes de pain consacré par les souffrances, qui nous est envoyé de la table de Jésus Christ qui est la croix, pour la nourriture des pauvres affamés de Dieu ; ce sont gouttes de sang du souper de l’Agneau, répandu pour désaltérer les ardeurs amoureuses et languissantes des âmes séraphiques, qui ont pour leur devise : «Ou souffrir, ou mourir.» Ils les recevront comme des pierres précieuses, qui leur serviront à faire des couronnes plus agréables à Dieu, que tout autre exercice. Martial d’Étampes (1575-1635), Exercice des trois clous, IV, 5 MÉDITATION Voyons dans nos croix une marque de la prédilection divine. En nous les donnant, Dieu permet pour nous ce qu’il a permis pour Jésus, son bien-aimé. Alors, même et surtout quand la croix nous paraît trop dure (sinon elle ne serait pas la croix!), commençons par remercier le Seigneur quand elle arrive, car nous savons, oui, nous savons, qu’elle est croix de Jésus, et donc secrètement porteuse de tout son amour. Ne gaspillons pas nos croix, «ce sont miettes de pain consacré» ; vivons-les avec difficulté, certes, dans les cris et dans les larmes, mais ne les fuyons pas. Ne cherchons pas à les surmonter (si nous y arrivions, de nouveau, ce ne serait pas la croix), mais à les offrir avec toute notre maladresse. Non pas : «Seigneur, grâce à ma force et à la tienne, je vais y arriver !» Mais : «Mon Dieu, je ne sais pas comment m’en sortir, j’ai trop mal..., débrouille-toi !» L´Auteur : Martial d’Étampes (1575-1635) Né à Étampes, entre Paris et Orléans, Jean Raclardy entre chez les capucins en 1597, sous la direction de l’immense Benoît de Canfield, maître du tout-Paris mystique de la fin du XVIe siècle. Formateur de religieux et religieuses toute sa vie, notamment à Paris et Amiens, il fait partie de ces capucins méconnus (parce que peu étudiés) qui ont si profondément contribué à la vitalité spirituelle française du XVIIe siècle. ![]() |