Samedi 25 juillet 2026

Saint Christophe

Martyr en Lycie (IIIe siècle)

La souffrance, amour du pauvre

Ne vous laissez pas abattre, pas même troubler par toutes ces peines que vous éprouvez : elles ne sont que des grâces et des moyens de vous unir de plus en plus au souverain Bien. Ne vous amusez pas aux fleurs de la vie, ne comptez pas les épines ni les cailloux de votre chemin ; passez vite dessus et venez vers Notre-Seigneur, les pieds ensanglantés, mais sans les regarder ni vous en plaindre. Fortifiez-vous bien dans l’amour de Jésus-Christ et dans les preuves véritables de son amour, qui sont la croix, le détachement des créatures, l’immolation de soi-même à sa plus grande gloire ; et vous sentirez en vous comme une nouvelle vie, un océan de paix, un besoin de souffrir pour donner quelque chose à l’amour divin, un peu de bois au feu.

Ne regardez pas trop le temps, ni les nuages, vous ne feriez rien de stable ; allez plus haut, vers le soleil qui ne bouge pas de place, ne fait que donner sa lumière et sa chaleur à tout ce qui tourne autour de lui.

Vous dites que vous n’aimez pas la souffrance ; les saints non plus ne l’aiment pas naturellement. Mais confiance, la souffrance qui gémit, qui lutte dans le vieil homme, est souvent la plus parfaite ; puis on fait comme les pauvres malades, on ramasse toutes ses larmes, tous ses gémissements et ses soupirs, et on les jette aux pieds de Notre-Seigneur pour les offrir encore en hommage et amende honorable : c’est l’amour du pauvre. Quand on souffre, on n’a pas le courage de réfléchir, ni de prier, mais on peut bénir Dieu et l’honorer encore plus parfaitement par la soumission à sa sainte et toujours aimable volonté.

Saint Pierre-Julien Eymard, La divine eucharistie, V

Méditation

Le péché originel nous a plongés dans l’illusion d’une béatitude terrestre. Les épreuves de la vie sont le chemin le plus court pour retourner au réel : au lieu de les fuir, accueillons-les comme des grâces.

Le chrétien n’aime pas plus les épreuves que le païen, mais il en connaît le sens : celui d’un enfantement à la vie éternelle. L’épreuve nous dépouille de nous-mêmes bien plus sûrement que la générosité : « c’est l’amour du pauvre », très supérieur à celui du riche.

Ne redoutons pas la volonté de Dieu : elle est toujours aimable, parce que toujours aimante. Le seul malheur est de chercher à lui échapper ; c’est alors que d’un tremplin pour plus d’amour, nous faisons un obstacle pour moins d’amour.

L´Auteur :

Eymard (Saint Pierre-Julien, 1811-1868)

Né à La Mure, après avoir envisagé d’être missionnaire, Pierre-Julien devient prêtre du diocèse de Grenoble, puis passe chez les Maristes. En 1856, il fonde à Paris la Société du Saint-Sacrement, puis participe à la naissance de la Société des Servantes du Saint-Sacrement à Angers, dans le but de développer l’adoration eucharistique, notamment dans les milieux populaires.