Samedi 14 février 2026

« Voici la servante du Seigneur ! »

Voici des textes qui nous invitent à prendre conscience de la part qui fut celle de la Vierge Marie dans la Passion de son Fils et le salut du monde. En effet,

Sa douleur forme un tout avec celle de son Fils. C’est une douleur pleine de foi et d’amour. La Vierge sur le Calvaire participe à la puissance salvifique de la souffrance du Christ en unissant son « fiat » à celui de son Fils.

Benoît XVI, Angelus du 17 septembre 2006

Et ce fiat de Marie au Calvaire est l’écho et l’aboutissement du fiat de l’Annonciation, contenant tous les mystères joyeux et douloureux qui devaient en provenir :

Tu as appris, Marie, ce qui devait s’accomplir en toi, et de quelle manière merveilleuse. Réjouis-toi, fille de Sion, tressaille de joie, fille de Jérusalem ! Puisque tu as entendu cette parole de joie, nous souhaitons entendre de ta bouche l’heureuse réponse qu’appellent nos désirs. On t’a dit que tu concevrais un fils, non de l’homme mais du Saint-Esprit ; l’ange attend ta réponse : il va être temps qu’il retourne auprès de Dieu qui l’a envoyé. Le monde entier, prosterné à tes genoux, se joint à sa prière, car c’est à tes lèvres qu’est suspendue la consolation des misérables, le rachat des captifs, la délivrance des condamnés, en un mot le salut de tous les fils d’Adam, de toute ta race.

C’est notre sort éternel et le sort de l’humanité tout entière qui est ainsi suspendu aux lèvres de Marie :

Hâte-toi de donner ta réponse. Ô Souveraine, prononce cette parole qu’attendent la terre et les enfers et les cieux. Pourquoi tarder ? pourquoi trembler ? Crois, confie-toi, et accueille. En ton humilité, sois audacieuse ; en ta modestie, n’aie pas peur. Il n’est pas question que ta simplicité virginale renonce maintenant à son habituelle prudence, mais voici bien la seule occasion où tu ne doives pas craindre de te montrer présomptueuse ; la pudeur t’inspirait un louable silence, mais maintenant la ferveur doit t’inciter à parler. Vierge bienheureuse, ouvre ton cœur à la foi, tes lèvres au consentement, ton sein au Créateur. Celui que désirent toutes nations est là qui frappe à ta porte. Oh ! s’il allait passer son chemin tandis que tu tardes, et s’il te fallait recommencer à chercher avec angoisse celui que ton cœur aime ! Lève-toi, cours, ouvre ! Lève-toi par la foi, cours par la dévotion, ouvre par le consentement.

Saint Bernard, Louanges de la Vierge Mère

Et ce consentement de Marie nous a ouvert la vie éternelle :

Chers frères et sœurs, renouvelons, nous aussi, notre « oui » à Dieu qui a choisi le chemin de la Croix pour nous sauver. Il s’agit d’un grand mystère qui continue de s’accomplir, jusqu’à la fin du monde, et qui requiert notre collaboration. Que Marie nous aide à prendre chaque jour notre croix et à suivre fidèlement Jésus sur le chemin de l’obéissance, du sacrifice et de l’amour.

Benoît XVI, Angelus du 17 septembre 2006

L´Auteur :

Bernard (Saint, 1090-1153)

Né en 1090 dans une noble et nombreuse famille bourguignonne, après avoir fréquenté l’école canoniale de Châtillon-sur-Seine où il aura reçu une excellente culture classique, Bernard entre au monastère de Cîteaux en 1112, accompagné d’une trentaine de ses cousins. Fondée en 1098 par Robert de Molesme, cette première abbaye « cistercienne » s’est détachée de Cluny pour vivre de plus près les observances de la règle de saint Benoît : face à la magnificence de Cluny, Cîteaux recherche une vie simple, une architecture sobre et une prière plus intérieure. Bientôt abbé de Clairvaux, fondation de Cîteaux à côté de Bar-sur-Aube, Bernard sera en fait le vrai propagateur de ce renouveau monastique. Le succès en est énorme, et notamment les cinq frères de Bernard le rejoignent à Clairvaux, qui sera à l’origine de 341 filiales à la mort de Bernard en 1153 ! En même temps que rénovateur de la vie monastique, Bernard, « le dernier des Pères de l’Église », dit-on parfois, aura une importance considérable dans la littérature occidentale : ses sermons sur le Cantique des cantiques, associant les commentaires des Pères grecs aux thèmes courtois des troubadours de son époque, fondent pour les siècles suivants une nouvelle façon de parler de l’expérience de Dieu. Par ailleurs prédicateur populaire, conseiller des rois et des papes, arbitre des conflits de son époque, Bernard fut un personnage immense, comparable à un saint Augustin pour son influence sur le cours de l’histoire de l’Église.