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Mercredi 10 juin 2026 Saint Landry Pour nous faire connaître l'excès de son amour « Nous ne sommes tous qu’un seul corps, dit l’Écriture, et les membres de sa chair et de ses os. » Que ceux qui sont initiés à nos saints mystères écoutent attentivement ce que je vais dire. Afin que nous devenions tels non seulement par l’amour, mais encore réellement, mêlons-nous à cette chair divine. C’est l’effet que produit l’aliment que le Sauveur nous a octroyé pour nous faire connaître l’ardeur et l’excès de son amour. Voilà pourquoi il a uni, confondu son corps avec le nôtre, afin que nous soyons tous comme un même corps, joint à un seul chef. En effet, c’est là le témoignage et la marque d’un ardent amour. Il nous a donné sa chair à manger pour nous engager à avoir pour lui un plus grand amour, et nous monter celui qu’il a pour nous ; il ne s’est pas seulement fait voir à ceux qui ont désiré le contempler, mais encore il s’est donné à toucher, à manger, à broyer avec les dents, à absorber, de manière à contenter le plus grand amour. Sortons donc de cette table, mes frères, comme des lions remplis d’ardeur et de feu, terribles au démon, plein du souvenir de notre Chef, et de cet ardent amour dont il nous a donné de si vives marques. Souvent les parents confient à des nourrices leurs enfants. Moi, au contraire, je les nourris de ma chair, je me donne moi-même à manger. Je veux tous vous anoblir et vous donner une bonne espérance des biens à venir. Celui qui s’est livré pour vous dans ce monde vous fera dans l’autre beaucoup plus de bien encore. J’ai voulu être votre frère pour l’amour de vous, j’ai pris votre chair et votre sang afin que l’un et l’autre fût commun entre nous : je vous rends cette chair et ce sang, par lesquels je suis devenu de même nature que vous. Ce sang forme en nous une brillante et royale image : il produit une incroyable beauté, il ne laisse pas la noblesse de l’âme se flétrir, lorsqu’il l’arrose souvent et la nourrit. Saint Jean Chrysostome, Homélie sur saint Jean
L´Auteur : Jean Chrysostome (Saint, 350-407) Né vers 350 à Antioche, seconde ville de l’Asie Mineure, Jean Chrysostome s’accusera d’avoir abusé dans sa jeunesse de la gastronomie et des spectacles. Après une excellente formation classique, il demande le baptême vers 20 ans, et commence sa vie chrétienne par six ans d’érémitisme. De retour à Antioche, Jean est ordonné diacre en 380, puis prêtre en 386. Brillant prédicateur, il est surnommé pour son éloquence Chrysostome, c’est-à-dire « Bouche d’or ». En 397, l’empereur l’impose malgré ses résistances comme patriarche de Constantinople. Il va y entreprendre la réforme d’un clergé asservi à la cour, déposant les évêques indignes de la région, faisant rentrer les moines dans leur monastère, et n’hésitant pas à dénoncer les turpitudes et les injustices de la famille impériale, tout en menant lui-même la vie austère de l’ermite qu’il avait été dans sa jeunesse. Allant jusqu’à comparer l’impératrice à l’abominable Jézabel de l’Ancien Testament, Jean Chrysostome multiplie les mécontents, qui prononcent en 403 sa déposition et son bannissement. Le peuple révolté obtient son retour, mais fort de ce triomphe, Jean compare cette fois-ci l’impératrice à Hérodiade ! Ce qui lui vaut un nouvel exil en Arménie, puis au bord de la mer Noire. Ces années d’exil permettront à Jean Chrysostome une intense activité littéraire. Mais le pape prenant sa défense, la cour veut l’éloigner davantage en l’envoyant dans le Caucase en 407 ; il mourra en chemin en murmurant : «Gloire à Dieu pour tout.» ![]() |