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Dimanche 9 août 202619ème Dimanche du Temps Ordinaire Voir Dieu tel qu’il estPour ceux qui voient Dieu, puisqu’ils ont tout à la fois le désir et la satisfaction de cette vision, comment leur bonheur ne serait-il pas entier ? Rien ne manque, en effet, à ceux qui sont dans la vision, et rien ne rassasie non plus ceux qui désirent toujours voir. Mais cette vision n’est pas pour la vie présente, mais pour les derniers temps, au moins pour ceux qui peuvent dire : nous savons que, lorsqu’il paraîtra, nous lui serons semblables, parce que nous le verrons tel qu’il est. (I Jn 3, 2) Et certes, il se montre actuellement à qui il veut, mais comme il veut, et non tel qu’il est. Aucun sage, aucun saint, aucun prophète ne peut ou n’a pu le voir tel qu’il est en ce corps mortel, mais celui qui en sera jugé digne le pourra en son corps immortel. Ici-bas, il nous appartient de nous approcher de lui, mais sans nous précipiter, de peur qu’en considérant sans respect sa majesté, sa gloire ne nous écrase (Prov 25, 27). Ce n’est pas non plus par une approche matérielle que nous le pouvons, mais de clarté en clarté, et clarté non pas corporelle, mais spirituelle, comme portés par l’Esprit du Seigneur (II Co 3, 18) ; oui, par l’Esprit du Seigneur, non par le nôtre, même si c’est à l’intérieur du nôtre. Et plus on est éclairé, plus on est proche ; et être complètement en sa présence, le voir tel qu’il est, n’est rien d’autre qu’être tel qu’il est, sans la honte de quelque dissemblance. Mais cela, comme je l’ai dit, c’est pour plus tard. Saint Bernard (1090-1153), Sermon 31 sur le Cantique des Cantiques Méditation Pour les anciens, « voir » est une véritable transformation de celui qui voit en ce qu’il voit. Si bien que l’expression « voir Dieu » dans la Bible est extrêmement forte : voir Dieu, c’est devenir Dieu, et nous savons que, lorsqu’il paraîtra, nous lui serons semblables, parce que nous le verrons tel qu’il est. Et cela définit le bonheur auquel tout homme aspire : vision toujours nouvelle et jamais rassasiée, car Dieu est amour et Dieu n’est qu’amour, toujours en train de donner. « Voir Dieu » est réservé à l’au-delà ; ou plus exactement, nous fera passer dans l’au-delà. Mais déjà, ici-bas, nous approchons Dieu dans une lucidité croissante : c’est lui que nous aimons, lui que nous devinons, lui qui arrive, lui qui vient nous prendre dans sa gloire. Voilà l’itinéraire chrétien, au fur et à mesure que sa grâce nous pénètre et nous fait passer de la mort à la vie. L´Auteur : Bernard (Saint, 1090-1153) Né en 1090 dans une noble et nombreuse famille bourguignonne, après avoir fréquenté l’école canoniale de Châtillon-sur-Seine où il aura reçu une excellente culture classique, Bernard entre au monastère de Cîteaux en 1112, accompagné d’une trentaine de ses cousins. Fondée en 1098 par Robert de Molesme, cette première abbaye « cistercienne » s’est détachée de Cluny pour vivre de plus près les observances de la règle de saint Benoît : face à la magnificence de Cluny, Cîteaux recherche une vie simple, une architecture sobre et une prière plus intérieure. Bientôt abbé de Clairvaux, fondation de Cîteaux à côté de Bar-sur-Aube, Bernard sera en fait le vrai propagateur de ce renouveau monastique. Le succès en est énorme, et notamment les cinq frères de Bernard le rejoignent à Clairvaux, qui sera à l’origine de 341 filiales à la mort de Bernard en 1153 ! En même temps que rénovateur de la vie monastique, Bernard, « le dernier des Pères de l’Église », dit-on parfois, aura une importance considérable dans la littérature occidentale : ses sermons sur le Cantique des cantiques, associant les commentaires des Pères grecs aux thèmes courtois des troubadours de son époque, fondent pour les siècles suivants une nouvelle façon de parler de l’expérience de Dieu. Par ailleurs prédicateur populaire, conseiller des rois et des papes, arbitre des conflits de son époque, Bernard fut un personnage immense, comparable à un saint Augustin pour son influence sur le cours de l’histoire de l’Église. ![]() |