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Jeudi 13 août 2026Aimer jusqu’au boutDe toutes les aumônes, la plus sublime est celle qui consiste à pardonner sincèrement les offenses. Ce n'est pas un trait de grandeur d'âme que d'être bienveillant, généreux même, envers un homme qui ne nous a jamais nui : le comble de la bienfaisance et de la magnanimité, c'est d'aimer notre ennemi, de n'opposer à sa haine et à ses offenses que la charité et les bons offices, en obéissant à ce commandement du Seigneur : "Aimez vos ennemis, faites du bien à ceux qui vous haïssent et priez pour ceux qui vous persécutent." Mais les enfants de Dieu les plus parfaits atteignent seul cet idéal où chaque fidèle doit aspirer en substituant aux faiblesses humaines ce divin sentiment, à force de prières, de luttes et de victoires intérieures. Il se rencontre moins de personnes qu'on pourrait le croire qui aient le magnifique privilège de dire avec vérité : "Remets-nous nos dettes comme nous remettons à nos débiteurs." Toutefois ce vœu est rempli, sans aucun doute, quand, trop imparfaits encore pour aimer notre ennemi, nous cédons à ses prières et lui pardonnons sincèrement les offenses que nous en avons reçues. Saint Augustin (354-430), Traité de la foi, de l'espérance et de la charité, ch. 73 MÉDITER LE NOTRE PÈRE L’amour parfait est l’amour des ennemis, parce qu’il est forcément le plus désintéressé. L’amour des ennemis souligne qu’aimer n’est pas « faire », mais être, et être en relation. Faute de cette relation, nos actions les plus généreuses n’auront aucune valeur. Aimer nos ennemis suppose de laisser tomber toutes les barrières que le péché a édifiées entre nous et nos frères : il y faut « prières, luttes et victoires intérieures ». Le premier pas vers l’amour des ennemis est le pardon, c’est-à-dire l’abolition du crédit que nous pensions avoir sur eux : « Dans le Christ, Dieu a annulé notre dette. » (Col 2, 14) C’est à ce prix, entièrement payé par lui seul, qu’il nous a réconciliés avec lui et entre nous. VIVRE LE NOTRE PÈRE J’annule une « dette » entre moi et un frère. L´Auteur : Augustin (Saint, 354-430) Saint Augustin, fils d’un père païen et de la pieuse sainte Monique, le plus célèbre, le plus lu et le plus commenté des Pères de l’Église latine, est un berbère de l’actuelle Algérie. Converti par la prédication de saint Ambroise (en 386) après une jeunesse orageuse et la parfaite éducation d’un rhéteur de l’Empire romain finissant, il est évêque d’Hippone en 395. Son œuvre immense ouvre le Moyen Âge ; rédigée au moment où les invasions barbares marquent la fin de l’Antiquité, elle domine la théologie et la spiritualité occidentales. Les Confessions, sont sans doute l’un des ouvrages les plus lus de l’histoire de l’humanité. Nous y suivons pas à pas l’itinéraire de conversion de saint Augustin, mais aussi de notre propre conversion, que nous commencions dans la vie chrétienne, ou que nous vivions la conversion permanente commencée avec notre baptême. ![]() |