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Mercredi 20 mai 2026Le retour de l’enfant prodigueJe voudrais pouvoir vous gronder fort de ce que vous avez si peu de confiance en Notre-Seigneur. Il ne faut pas le craindre ; c’est lui faire une grande injure, à lui qui est si bon, si doux, si aimable et si plein de tendresse et de miséricorde pour nous. Vous pouvez vous tenir devant lui, tout couvert de confusion à cause de votre pauvreté et de votre abjection ; mais il faut que cette confusion soit celle de l’enfant prodigue après son retour, confiante et pleine de tendresse. Voilà comment vous devez paraître devant Jésus, notre bon Père et Seigneur. Vous êtes toujours dans les craintes que vous ne l’aimiez pas : c’est probablement dans ces moments, mon très cher, que vous l’aimez le plus, et qu’il est plus près de vous que jamais. Ne mesurez pas votre amour envers Notre-Seigneur par votre sensibilité. C’est une bien petite mesure que celle-là. Abandonnez-vous entre ses mains avec confiance ; votre amour croîtra de plus en plus, mais vous ne vous en apercevrez pas, et cela n’est aucunement nécessaire. Ô homme sensible et curieux, devenez donc un homme spirituel et selon le cœur de Dieu ! François Libermann (1802-1852), Lettre du 31 mai 1838 MÉDITER LE NOTRE PÈRE Depuis le péché originel, nous avons peur de Dieu. Et comme des enfants qui ont peur de se faire gronder essaient maladroitement de réparer leur bêtise, nous cherchons comment paraître devant Dieu de façon à peu près présentable. C’est oublier totalement que Dieu pardonne, qu’il ne voit même pas nos fautes, et que ce qu’il regrette dans notre péché, c’est justement cette peur qui nous empêche de nous précipiter dans ses bras. Oui, le péché fait des dégâts, mais Dieu les a mille fois réparés. En revanche, il y a une chose qu’il ne peut pas faire à notre place : que nous lui fassions confiance. Faire confiance : la peur n’est jamais qu’une impression. La foi va au-delà des impressions : nous avons toutes les preuves de l’amour inconditionnel de notre Père pour nous. Ne nous occupons pas de notre peur, et elle disparaîtra d’elle-même. VIVRE LE NOTRE PÈRE Le progrès spirituel est fréquemment paralysé par une fausse humilité qui nous permet de ne pas tirer toutes les conséquences du pardon de Dieu : à force de dire que nous ne sommes pas dignes de lui, nous ne nous occupons plus de lui. Obligeons-nous à la foi, regardons en face le pardon de Dieu, et au lieu de prendre la fuite, ne mesurons pas notre amour envers Notre-Seigneur par notre sensibilité. L´Auteur : Libermann (Vénérable François, 1802-1852) Jacob Libermann était le cinquième des neuf enfants du rabbin de Salerne, où il naquit en 1802. À la suite de son frère aîné, il est baptisé à 24 ans sous le nom de François, et s’oriente immédiatement vers le sacerdoce, mais sa santé précaire retardera son ordination jusqu'en 1841. Il n’attendra pas cette date pour être l’éducateur et le directeur spirituel de ses condisciples du séminaire Saint-Sulpice à Paris, puis chez les eudistes de Rennes. Très tôt, partageant le souci missionnaire de son époque d’expansion coloniale, il jette avec quelques confrères les fondations d’une œuvre d’évangélisation des noirs d’Afrique, la société du Saint-Cœur de Marie, qui fusionnera en 1848 avec la congrégation du Saint-Esprit. Toujours tributaire de sa mauvaise santé, le Père Libermann mourra prématurément en 1852. Malgré les difficultés de tous ordres qui auront entravé son existence trop courte, Libermann aura été l’un des reconstructeurs de la formation sacerdotale française après la fracture de la Révolution, et l’un des maîtres spirituels du clergé de sa génération, dans la tradition de l’École française. L’audace de ses projets missionnaires en fait également l’un des prophètes de l’action pastorale moderne. Il nous reste du Père Libermann un volumineux commentaire de l’Évangile de saint Jean, divers écrits spirituels et missionnaires, et surtout une importante correspondance. ![]() |