Lundi 25 mai 2026

La Vierge Marie, Mère de l'Eglise

Enfantés à la grâce par Marie

Comme dans l'ordre naturel, il faut qu'un enfant ait un père et une mère, de même dans l'ordre de la grâce, il faut qu'un vrai enfant de l'Église ait Dieu pour père et Marie pour mère ; et, s'il se glorifie d'avoir Dieu pour père, n'ayant point la tendresse d'un vrai enfant pour Marie, c'est un trompeur qui n'a que le démon pour père.

Puisque Marie a formé le Chef des prédestinés, qui est Jésus-Christ, c'est à elle aussi de former les membres de ce Chef, qui sont les vrais chrétiens : car une mère ne forme pas le chef sans les membres, ni les membres sans le chef. Quiconque, donc, veut être un membre de Jésus-Christ, plein de grâce et de vérité, doit être formé en Marie par le moyen de la grâce de Jésus-Christ, qui réside en elle en plénitude, pour être communiquée en plénitude aux vrais membres de Jésus-Christ et à ses vrais enfants.

Le Saint-Esprit ayant épousé Marie, et ayant produit en elle, et par elle, et d'elle, Jésus-Christ, ce chef-d'œuvre, le Verbe incarné, comme il ne l'a jamais répudiée, il continue à produire tous les jours en elle et par elle, d'une manière mystérieuse, mais véritable, les prédestinés.

Marie a reçu de Dieu une domination particulière sur les âmes pour les nourrir et faire croître en Dieu. Saint Augustin dit même que dans ce monde, les prédestinés sont tous enfermés dans le sein de Marie, et qu'ils ne viennent au monde que lorsque cette bonne Mère les enfante à la vie éternelle.

Saint Louis-Marie Grignion de Montfort (1673-1716), Le Secret de Marie, nos 11-14

Méditation

Louis-Marie Grignion de Montfort comprend la place de Marie dans le mystère du Christ à travers l’expression de saint Paul : l’Église corps du Christ. Plus qu’une simple image, cette expression indique la relation pour ainsi dire charnelle qui existe entre Jésus et chaque chrétien, et du fait même entre Marie, mère de Jésus, et chaque chrétien.

Saint Augustin pense l’ensemble de l’Histoire humaine comme enfantement de l’Église, ce qui renforce encore cette maternité de Marie sur nous : tous les événements grands ou petits qui font notre histoire, sont à comprendre comme les douleurs et les joies de cet enfantement sous l’emprise de l’Esprit Saint.

Voir en Marie l’épouse du Saint-Esprit, est un thème original, et qui a été contesté, de l’enseignement du Père de Montfort ; il a au moins le mérite de souligner que notre vie chrétienne est en continuité avec celle de la Trinité, et que c’est Dieu lui-même qui vient vivre en nous par sa grâce.

L´Auteur :

Grignion de Montfort (Saint Louis-Marie, 1673-1716)

Né en Bretagne en 1673 dans une famille bourgeoise, formé chez les jésuites de Rennes, puis à Paris, Louis-Marie sera prêtre en 1700. Désormais, le Père de Montfort sera l’homme des pauvres et des malades, avant de se consacrer aux missions paroissiales dans tout l’Ouest de la France. Il s’y épuisera et mourra à seulement 43 ans, en 1716, après avoir fondé plusieurs congrégations religieuses apostoliques, dont les Frères de Saint-Gabriel et les Filles de la Sagesse. Sa prédication était fondamentalement mariale et se reflète dans ses écrits, qui nous révèlent en Louis-Marie un mystique de grande originalité, notamment le Traité de la vraie dévotion à la Sainte Vierge, devenu un classique de la littérature religieuse.