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Lundi 2 mars 2026Jésus « aîné d’une multitude de frères »« Je suis venu faire la volonté du Père… ; le Père et moi, nous sommes un… ; celui qui n’honore pas le Fils n’honore pas le Père qui l’a envoyé… » : tout au long de l’Évangile, Jésus ne parle de lui-même qu’en relation à celui qu’il nous invite à appeler « Père » à notre tour, car « il nous a destinés d’avance à être configurés à l’image de son Fils, pour que ce Fils soit le premier-né d’une multitude de frères. » (Ro 8, 29) Notre vocation à être fils de Dieu devient vocation à être frère de son Fils unique, et tout ce que Jésus va vivre parmi nous sera pour l’accomplissement de cette vocation : C’est parce que tu nous as aimés que tu es venu jusqu’à nous sur la terre ; en t’aimant, nous nous élèverons jusqu’à toi dans le ciel. Toi qui as dit « Je suis la porte », je te supplie par toi-même, de nous ouvrir toi-même, et montre-nous avec évidence de quelle maison tu es la porte, quand et à qui elle est ouverte. La maison dont tu es la porte, c’est le ciel, que ton Père habite. Et nul ne va au Père, si ce n’est par toi qui es la porte. Et cela indique déjà que toute la vie chrétienne tiendra dans notre union à Jésus : « Qui m’a vu a vu le Père », nous dira-t-il. Le connaître et l’aimer sera connaître et aimer Dieu notre Père : Maître, où demeures-tu ? « Vous connaîtrez que je suis dans le Père, et que le Père est en moi, et que je suis en vous. » Le lieu où tu demeures, c’est le Père, et celui où il demeure, c’est toi ! Et non seulement cela, mais nous aussi sommes le lieu où tu demeures, et toi le lieu où nous demeurons. Cette communion entre Jésus, son Père et nous est son unique désir, son unique prière pour ses frères : « Comme toi, Père, tu es en moi et moi en toi, qu’eux aussi soient en nous…, moi en eux et toi en moi » (Jn 17, 21-23). Et cet unique désir de Jésus conduira les trente-trois ans de son existence historique, depuis son premier instant lorsqu’il s’est fait homme dans le sein de la Vierge Marie, jusqu’à son dernier instant lorsqu’il mourra sur la croix : Les richesses insondables de ta gloire, Seigneur, étaient profondément cachées dans le ciel de ton secret, jusqu’à ce que la lance du soldat ouvre le côté de ton Fils, notre Seigneur et notre Rédempteur crucifié, et que s’en répandent les mystères de notre rédemption. Que nous entrions tout entiers par cette porte ouverte jusqu’à ton cœur, ô Jésus, siège assuré de la miséricorde, jusqu’à ton âme sainte, pleine de toute la plénitude de Dieu, pleine de grâce et de vérité, de notre salut et de notre consolation. Guillaume de Saint-Thierry, Oraison Méditative VI Et là, Seigneur, que je t’aime ou que je m’aime, c’est la même chose, comme un alliage devenu une seule et même réalité ne pourra jamais plus être divisé. Gerlac Peters, Soliloque enflammé
L´Auteur : Guillaume de Saint-Thierry (1085-1148) Né à Liège, abbé bénédictin avant de passer à la réforme cistercienne comme simple moine, Guillaume fut l’ami et biographe de saint Bernard, sous le nom duquel nous est parvenu l’essentiel de son œuvre. Gerlac Peters (1378-1411) Né à Deventer (Hollande), il y subira la forte influence des Frères de la Vie commune, fondés par Gérard Groote (1340-1384) et organisés par Florent Radewijns (1350-1400), à l’origine de la Devotio Moderna. De mauvaise santé, presque aveugle, il ne laisse que deux lettres et deux courts traités, mais d'une rare puissance mystique. ![]() |