Lundi 4 mai 2026

Saint Gautier

Abbé de saint Martin de Pontoise (+ 1099)

La dévotion : une manière de vivre

On voit encore que la dévotion n’est pas quelque chose de passager, mais d’habituel, de fixe, de permanent, qui s’étend à tous les instants de la vie, et qui doit régler toute la conduite.

Le principe de la dévotion est que Dieu étant l’unique source et l’unique auteur de la sainteté, la créature raisonnable doit dépendre de lui en tout, et se laisser absolument gouverner par l’esprit de Dieu. Il faut qu’elle soit toujours attachée à Dieu par son fond, toujours attentive à l’écouter au dedans d’elle-même, toujours fidèle à accomplir ce qu’il demande d’elle à chaque moment.

Il est donc impossible d’être vraiment dévot à moins que d’être intérieur, adonné au recueillement, accoutumé à rentrer en soi-même, ou plutôt à n’en jamais sortir, à posséder son âme en paix. Quiconque se livre aux sens, à l’imagination, aux passions, je ne dis pas dans les choses criminelles, mais dans celles qui ne sont pas mauvaises en elles-mêmes, ne sera jamais dévot ; car le premier effet de la dévotion est de captiver le sens, l’imagination et les passions, et de ne jamais y laisser entraîner sa volonté.

Jean-Nicolas Grou (1731-1803), Manuel des âmes intérieures, De la vraie et solide dévotion

MÉDITATION

« Être toujours attaché à Dieu par notre fond. » Le fond de l’âme, c’est Dieu, nous dit saint Augustin. Une vie chrétienne est équilibrée quand elle ne perd jamais de vue cette présence silencieuse de Dieu, qui nous permet de lui référer tout ce que nous pensons, voulons, faisons.

Pour garder cette présence bien vivante, le chrétien fait de la culture de sa vie intérieure une priorité absolue, plaçant la prière et l’écoute de la parole de Dieu au cœur de son emploi du temps.

Combien de temps consacrons-nous à notre vie intérieure chaque jour ? Chaque semaine ? Chaque année ?

L´Auteur :

Grou (Jean-Nicolas, 1731-1803)

Né à Calais, le jeune Grou entre chez les jésuites à 15 ans. Brillant professeur de lettres à La Flèche, il s’exile en Lorraine lors de la suppression de la Compagnie en 1763. Bientôt à Paris, sa rencontre avec la visitandine Pélagie Lévêque l’ouvre à la mystique. Il se partagera désormais entre la direction spirituelle et la rédaction d’ouvrages connexes, notamment en Angleterre, car la Révolution française le force à un nouvel exil à partir de 1792.