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Mardi 21 juillet 2026
Sainte Julie
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Communier avec cohérence
La peur ici doit être expulsée par l’amour. Tu penses que tu es indigne de ces mystères ? Certes, ce n’est pas par tes mérites que tu deviens digne du sacrement, même après des milliers d’années d’efforts. Il faut que celui-là même qui t’invite te rende digne. Et il t’en rendra digne, si tu t’efforces d’expulser de ton cœur ce qui déplaît à ses yeux.
Si tu n’es pas conscient d’un empêchement véritable de recevoir l’eucharistie, pourquoi, paresseux et ingrat, te prives-tu d’un tel bien ? Si le remords de ta conscience t’accuse, pourquoi ne cherches-tu pas par le repentir à t’ouvrir l’accès vers l’eucharistie ? J’entends ce que tu vas me répondre : je suis froid, je suis dissipé, je suis charnel, je suis tourmenté de soucis, ma foi est faible, mon espérance chancelle, ma charité est glacée… Mais où chercher la guérison, si ce n’est auprès d’un tel Médecin ? Tu as l’exemple de Pierre, de Zachée, le pécheur. Fuis-toi toi-même et jette-toi entre les mains de ton Sauveur. Il n’est ni cruel, ni jaloux. Pourquoi, t’invitant, ne te recevrait-il pas, ne te guérirait-il pas ?
Jean Gerson, Commentaire du Magnificat
Méditation
L’époque de Gerson, celle de la guerre de Cent ans, abordait l’eucharistie avec une crainte presque superstitieuse. La nôtre risque de l’aborder avec indifférence, soit en n’y participant plus, soit en communiant n’importe comment. Le résultat est le même : nous serons coupés de Jésus.
Jésus nous le dit durant la Semaine Sainte : il désire « d’un grand désir » manger la Pâques avec nous, c’est-à-dire se donner à nous d’une façon tellement réelle qu’il devient notre nourriture. C’est ce désir, et non pas nos sentiments ou impressions, qui doit régler notre pratique eucharistique.
Nous sommes peut-être coupés de l’eucharistie par une vie incompatible avec elle, « un empêchement véritable » ? Alors, profitons d’un temps de prière pour examiner sérieusement notre situation : si nous sommes de bonne volonté, il y a forcément une solution.
L´Auteur :
Gerson (Jean, 1363-1429)
Né à Gerson en Champagne, Jean Charlier devient chancelier de l'université de Paris en 1395, en pleine guerre de Cent Ans et pendant le Grand Schisme d’Occident. Partisan de résoudre la crise de l’Église par le Concile de Constance, persécuté par le duc de Bourgogne, il connaît l’exil en Autriche avant de finir sa vie à Lyon dans la prière, l’enseignement des enfants et le soin des pauvres.
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