![]() |
|
|
|
Dimanche 8 mars 2026Troisième dimanche de Carême La source d’eau viveL’eau du baptême, source de vie éternelle, irrigue toute l’Histoire sainte : eau jaillissant au paradis terrestre, eau du déluge qui submerge le péché, eau qui étanche la soif du peuple hébreu dans sa traversée du désert… En ce troisième dimanche de Carême, le dialogue entre Jésus et la Samaritaine nous invite à prendre conscience de cette vie qui a jailli en nous au premier jour de notre « Le Royaume de Dieu est en vous. » Ô fond noble de l’âme, temple divin dont jamais Dieu ne se retire ! Ô fond très noble dans lequel habite la sainte Trinité, et dans lequel l’éternité elle-même est goûtée ! Se tourner parfaitement vers ce fond et vers Dieu même, ne serait-ce qu’une seule fois, vaut plus que beaucoup d’autres pratiques et d’autres œuvres, et peut rattraper la perte de dix années et plus. En effet, en ce fond coule la source d’eau jaillissant pour la vie éternelle, eau si efficace et si douce, qu’elle ôte facilement l’amertume de tous les vices, qu’elle donne facilement victoire et domination sur toute révolte de la nature. À peine est-elle bue, qu’elle se répand par toute l’âme et tout le corps, et leur donne à tous deux une admirable pureté et une admirable fécondité. Quand nous en aurons pris ne serait-ce qu’une seule petite goutte, nous ne pourrons plus avoir soif d’aucune créature vaine et périssable, mais nous n’aurons plus soif que de Dieu, que du seul amour de Dieu. Louis de Blois, Institution Spirituelle Mais qu’avons-nous fait de notre baptême ? Pour un petit bénéfice, on parcourt une longue route ; pour la vie éternelle, beaucoup ne lèveront qu’à peine le pied. On recherche un bien misérable, on se met parfois en procès pour une seule pièce de monnaie, on ne craint pas de se fatiguer jour et nuit pour un rien et une promesse minime, mais, quelle honte ! on est trop paresseux pour une petite fatigue en vue d’un bien inaltérable, d’un honneur immense et d’une gloire sans fin ! Rougis donc, serviteur paresseux toujours en train de réclamer ! On trouve ces gens-là plus disposés à leur perte, que toi à la vie éternelle ! Ils se réjouissent plus des vanités, que toi de la vérité ! Et pourtant, leur espoir est souvent déçu, tandis que ma promesse ne trompe personne, ni ne renvoie les mains vides celui qui se confie en moi : ce que j’ai promis, je le donnerai ; ce que j’ai dit, je l’accomplirai, si toutefois on demeure fidèle dans mon amour jusqu’à la fin. Thomas a Kempis, Imitation de Jésus-Christ Jésus, fontaine de vie, fais-moi boire en toi la coupe d’eau vive, pour que t’ayant goûté, je n’aie plus jamais soif sinon de toi. Plonge-moi tout entière dans la profondeur de ta miséricorde. Baptise-moi dans la pureté sans tache de ta mort précieuse. Renouvelle-moi dans ton sang, par lequel tu m’as rachetée. Dans l’eau de ton côté très saint, lave toutes les taches dont j’ai pu souiller l’innocence de mon baptême. Remplis-moi de ton Esprit, et possède-moi tout entière en pureté d’âme et de corps. Amen. Sainte Gertrude, 1er Exercice spirituel
L´Auteur : Louis de Blois (1506-1565) De noble famille, moine, puis abbé et réformateur de l’abbaye de Liessies (près de Maubeuge), il fut d’abord un amoureux de la personne de Jésus en son humanité. Érudit et grand lecteur de Ruusbroec et de Tauler, il transmet l’essentiel de la mystique nordique à l’Espagne et à la France. Thomas a Kempis (Bienheureux, 1379-1471) Maître des novices des chanoines réguliers du Mont-saint-Agnès, aux Pays-Bas, il est l'auteur de l’Imitation de Jésus-Christ, l’un des textes les plus diffusés dans le monde depuis l’invention de l’imprimerie. Gertrude (Sainte, 1256-1301) Confiée dès l’âge de cinq ans aux moniales d’Helfta, en Saxe, Gertrude fut chantre et copiste au monastère malgré une petite santé. Elle deviendra célèbre par l’édition de ses écrits que fera la chartreuse de Cologne en 1536. ![]() |