Dimanche 29 mars 2026

Dimanche des Rameaux et de la Passion

Entrons dans la Passion

En cette Semaine Sainte, « Jésus-Christ a dessein de porter à son achèvement en nous le mystère de sa Passion, de sa mort et de sa Résurrection, en nous faisant souffrir, mourir et ressusciter avec lui et en lui. » (Saint Jean Eudes) Comment concrètement vivre en union à Jésus le mystère de sa Passion, que nous allons suivre jour après jour jusqu’à la nuit de Pâques ?

Ne nous contentons pas de lire l’histoire de la Passion du Sauveur : portons-la continuellement dans notre esprit et dans notre cœur ; ayons toujours présents à nos yeux la couronne d’épines, le manteau, le roseau, les soufflets, les coups qu’on lui a portés aux yeux, les crachats, les dérisions, les moqueries. Et ne nous contentons pas d’y penser : recevons comme lui tout ce qui dans nos vies est couronne d’épines, coups, dérisions et moqueries ; si Jésus-Christ a souffert toutes ces choses, c’est afin que nous suivions ses pas, et que nous supportions avec fermeté les mots piquants et les railleries qui ont coutume de nous émouvoir et d’allumer le plus notre colère.

Saint Jean Chrysostome, Homélie sur saint Jean

« Tout ce qui dans nos vies est couronne d’épines, coups, dérisions et moqueries… » : ce petit malaise qui alourdit nos journées, cette parole blessante d’un collègue de travail, cette peur d’être remarqué comme chrétien… Ce n’est que cela, la croix ? Non, bien sûr, mais c’est déjà cela, et si nous ne voulons pas porter nos petites croix quotidiennes, il y a fort à parier que nous refuserons les autres :

Jésus trouve beaucoup d’amateurs pour son royaume céleste, mais peu pour porter sa croix. Il trouve beaucoup de compagnons pour sa table, mais peu pour son abstinence. Tous veulent partager sa joie ; mais peu veulent supporter quelque chose pour lui.

Beaucoup suivent Jésus jusqu’à la fraction du pain, mais peu jusqu’à boire le calice de sa passion. Beaucoup admirent ses miracles ; mais peu vont jusqu’à l’ignominie de sa croix.

Beaucoup aiment Jésus pendant qu’il ne leur arrive aucune adversité, beaucoup le louent et le bénissent tandis qu’ils reçoivent de lui quelques consolations. Mais si Jésus se cache et les délaisse un moment, ils tombent dans le murmure ou dans un excessif abattement.

Tandis que ceux qui aiment Jésus pour Jésus, et non pour en être consolé d’une manière ou d’une autre, l’aiment et le bénissent dans les tribulations et l’angoisse du cœur comme dans les consolations les plus douces. Et quand il ne voudrait jamais leur en donner, toujours cependant ils le loueraient, toujours ils lui rendraient grâce.

Comme est puissant l’amour pur de Jésus, sans mélange d’amour propre et sans recherche de soi ! Ne sont-ils pas plutôt des mercenaires, ceux qui ne cherchent qu’à être toujours consolés ? Ne voit-on pas qu’ils s’aiment eux-mêmes, plutôt qu’ils n’aiment le Christ, en pensant toujours à ce qui les arrange et leur rapporte ? Où donc trouvera-t-on quelqu’un qui voudra servir Dieu gratuitement ?

Thomas a Kempis, Imitation de Jésus-Christ

L´Auteur :

Jean Chrysostome (Saint, 350-407)

Né à Antioche, baptisé en 372, moine, prédicateur, puis évêque de Constantinople, Jean Chrysostome fut l'ami des pauvres et le dénonciateur intransigeant des vices de la cour, ce qui lui valut d'être banni et de mourir sur la route de l'exil.

Thomas a Kempis (Bienheureux, 1379-1471)

Maître des novices des chanoines réguliers du Mont-saint-Agnès, aux Pays-Bas, il est l'auteur de l’Imitation de Jésus-Christ, l’un des textes les plus diffusés dans le monde depuis l’invention de l’imprimerie.