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Lundi 2 février 2026La Présentation du Seigneur Le Fils vient à Jérusalem, ville de son offrandeLe premier mouvement de Jésus sur la terre regarde le temple et Jérusalem, et c’est le premier lieu qu’il visite et honore de sa présence ; ce lieu de Jérusalem où il doit dire, où il doit faire, où il doit pâtir tant de choses. Il va au temple pour s’y offrir à Dieu son Père ; il va en Jérusalem, comme pour prendre possession dès l’heure même de son entrée au monde, de ce lieu où il doit souffrir pour le monde. Ce divin enfant est enfant quant au corps, mais n’est pas enfant quant à l’esprit. Il connaît Dieu soi-même, et les souffrances auxquelles il est destiné ; et le mouvement de son esprit le porte en cette ville, comme pour reconnaître à l’heure même le champ de bataille où il doit vaincre l’ennemi, le diable et le péché, et où il doit mourir pour donner vie au monde. De tous les lieux, le plus important à Jésus vivant, et à nous en Jésus, c’est Jérusalem où il doit consommer sa vie pour son peuple, et d’où il doit partir pour descendre aux enfers et monter au ciel, et consommer les choses prédites de lui dedans les prophètes. Or c’est ce lieu que Jésus visite le premier en la terre, et qu’il va dédier lui-même et consacrer par sa présence. Cet Enfant porté entre les bras de sa très sainte Mère, prenant son repos en son sein, demeurant en son sacré silence, ouvre ses yeux et son esprit en approchant de cette ville, et regarde les lieux où doivent un jour s’accomplir ses mystères ; ce temple où il va s’offrir, ce Calvaire destiné à sa mort, ce mont d’Olivet où il partira dans peu d’années pour achever son voyage de la terre au ciel. Vous voyez cette porte, ô divin Enfant, par laquelle vous entrez maintenant en la compagnie de Joseph et de Marie, et vous la regardez comme la porte par où vous sortirez pour aller au Calvaire en la compagnie des larrons, au milieu desquels vous serez attaché à la croix ; vous regardez ces rues qui seront arrosées de votre sang, lorsque vous y passerez pour la dernière fois, portant, comme un Isaac, le bois du sacrifice sur vos épaules, la croix où vous serez consommé en holocauste. Ce sont vos pensées, ô Jésus, en cette solennité, et ce doivent être les nôtres. Vous allez vous offrir en hostie au Père éternel dans son temple, et nous devons nous offrir à lui avec vous. Pierre de Bérulle, Traité de l’abnégation intérieure
L´Auteur : Bérulle (Pierre de, 1575-1629) D’une famille de magistrats champenois, Bérulle incarne le milieu de la reconquête catholique parisienne après les guerres de religion. Élève des jésuites et de la Sorbonne, grand lecteur des Pères et de saint Thomas, imprégné de la mystique nordique et espagnole, il introduit le Carmel thérésien en France en 1604, fonde en 1611 l’Oratoire de France, et est créé cardinal en 1627. ![]() |