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Mercredi 26 août 2026 Bienheureux Herluin "Hellouin", abbé fondateur du Bec (+ 1078) …mais Marie va dire « oui » ! Avant l’Annonciation, Marie était solitaire, étant seule en la terre, puisque Jésus n’y était point encore ; car Jésus seul est digne de tenir compagnie à Marie. Maintenant qu’il entre au monde et qu’il se loge en son cœur et en son sein, elle entre en une compagnie qui la fait vivre d’une vie toute nouvelle, en la nouvelle vie que le Fils de Dieu daigne prendre en sa créature. Elle entre en l’état heureux et divin de mère de Jésus, elle y entre en plénitude de lumière, de cette lumière que l’ange lui apporte du ciel et que Dieu répand en son esprit, afin qu’elle conçoive la splendeur du Père en splendeur de lumière. Elle sait, elle sent, elle voit où Dieu l’attire, l’appelle et l’élève, et elle entre en ce divin état pleine de grâces, de lumière et de désir de servir Dieu en ce haut ministère, et d’être Mère de celui qui a Dieu même pour Père. Ô parole de Marie, lorsqu’elle va concevoir Jésus ! Ô parole de Marie lorsqu’elle va recevoir en son cœur et ses flancs celui qui est la Parole du Père, sa Parole substantielle et personnelle ! « Voici la servante du Seigneur ; qu’il me soit fait selon ta Parole ! » Que cette parole est puissante, féconde et heureuse ! Que de secrets, de faveurs et d’effets y sont compris ! Aussi est-elle proférée par la Vierge en un temps si saint et si heureux pour elle, au temps de sa plus grande puissance et de la plus grande fécondité qui sera jamais communiquée à une créature, c’est-à-dire au temps où elle va concevoir et produire le Verbe incarné, la vertu, la lumière et la puissance du Père. Pierre de Bérulle (1575-1629), Vie de Jésus, chap.XV Méditation Une vie toute nouvelle : la nouveauté de la vie chrétienne, de la vie chrétienne de Marie ou de la nôtre, est toute dans l’union à Jésus. Certes, Marie était dans la grâce de Dieu avant l’Annonciation, mais elle n’était pas en la compagnie de Dieu, au sens d’une vie partagée, et partagée plus intimement encore que celle de deux époux : la seule union parfaite entre des personnes est celle qui règne dans la Trinité, et que Jésus a rendu possible entre lui et nous : « Vous en moi et moi en vous, comme je suis dans le Père et que le Père est en moi », dira-t-il dans l’Évangile. Marie a vécu cette union sur le mode de la maternité. Mais ne nous y trompons pas : c’est l’union qui permet la maternité, et non l’inverse. Et Marie n’aura rien eu à faire en cela, mais elle aura eu toute la responsabilité de laisser Dieu faire cela. La vie chrétienne est tout entière l’œuvre de Dieu, elle est une pure grâce, mais nous en portons toute la responsabilité : « Dieu qui t’a créé sans toi ne te sauvera pas sans toi », dira saint Augustin. L´Auteur : Bérulle (Pierre de, 1567-1629) Bérulle fut au départ de ce que l’on appelle « l’École française de spiritualité ». D'une famille de parlementaires parisiens, associé de près à la politique religieuse de Henri IV puis de Louis XIII, Bérulle sera au cœur du Tout-Paris dévot au lendemain des guerres de religion, ce qui en fait l’un des acteurs principaux du prodigieux renouveau spirituel et mystique né dans ce milieu. Il participera à l’introduction du Carmel thérésien en France en 1604, aura son mot à dire dans la réforme de nombreuses congrégations, et fondera l’Oratoire de France en 1611, société de prêtres vivant l'idéal du Concile de Trente. Les écrits de Bérulle reflètent ses lectures des Pères de l’Église et de saint Thomas, mais aussi des mystiques nordiques, dont il reçoit l’intuition fondamentale de son œuvre : la vie chrétienne comme « appropriation » des mystères de la vie de Jésus, nous introduisant dans sa relation éternelle à son Père. ![]() |