Lundi 20 juillet 2026

Saint Élie

Prophète de l'Ancien Testament (IXe siècle av. J.-C.)

Un Dieu envahissant

Seigneur, ravissez à vous toutes mes affections, peines et passions. Que je sorte de moi-même pour demeurer uniquement en vous ; que je ne pense que de vous, en vous et pour vous ; que je n’aie d’amour qu’en vous ; que je ne craigne, et ne me réjouisse, et ne désire qu’en vous, et que je fasse usage de mes passions pour vous seul ; que votre grâce fasse mourir tant de craintes, espérances, tristesses et désirs naturels ; vous seul soyez l’unique objet de tout mon amour. C’est la pureté qu’il faut prétendre, autrement nous possédons notre âme en vain.

Jésus a dit dans l’Évangile qu’un passereau n’est pas en oubli devant Dieu. Pourquoi donc tant de crainte de manquer ? S’il permet que tout nous manque, c’est qu’il veut nous faire souffrir et nous perfectionner par les croix. Dieu me donne son précieux Corps chaque jour, et il me dénierait du pain ! Je ne le saurais croire. Toute pensée contraire est du démon, ou de la nature trop discrète. Ma confiance doit être toute en Dieu seul.

Quand anéantirai-je toute la providence que j’ai au regard de ma personne, de mes affaires, pour entrer avec un pur abandon dans la divine Providence ? À quoi bon faire des réflexions sur ce qui m’arrivera ? Suivons simplement les desseins de Dieu, aimons uniquement son bon plaisir, et ne pensons qu’à Dieu seul, qui aura soin de nous en la meilleure manière pour sa gloire.

Jean de Bernières-Louvigny (1602-1659), Le Chrétien intérieur, III, 10

Méditation

L’humilité nous permet la confiance : puisque Dieu est tout et que nous ne sommes que ce qu’il fera de nous, il est logique «que je sorte de moi-même pour demeurer uniquement en vous». Et c’est cela, aimer : habiter en celui que l’on aime.

«Il est venu habiter chez nous» : Jésus nous fait confiance, une confiance de petit enfant : il ne pense qu’en moi et pour moi, il n’a d’amour qu’en moi, il ne désire que moi...

«Pourquoi donc tant de crainte de manquer ?» Au lieu de lutter pour nous protéger, pour nous assurer, ouvrons tout grand notre cœur à celui qui, de toute façon, nous aimera toujours plus que nous ne nous aimerons nous-même.

L´Auteur :

Bernières-Louvigny (Jean de, 1602-1659)

Fils d’un tré­sorier général de Caen, Jean de Bernières-Louvigny consa­crera sa fortune et ses relations à l’animation du groupe mystique normand né autour du capucin Jean-Chrysos­tome de Saint-Lô, tout en assurant l’intendance de nom­breuses entreprises missionnaires, et en fondant séminaires et hôpitaux à partir de son ermitage ouvert à ses nombreux amis contemplatifs.