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Vendredi 15 mai 2026 Saint Pacôme le Grand Sur la paix intérieure Se mettre bien avant dans l’esprit que sans la paix du cœur 1. on ne sera jamais content en cette vie ; 2. on n’avancera jamais en vertu. Moyens pour acquérir cette paix si utile et si délicieuse : 1) L’attendre de Dieu seul et la lui demander par notre Seigneur Jésus-Christ. 2) Tâcher de modérer toutes les vivacités et impétuosités du naturel, soit en pensées, désirs, paroles et actions, et même dans les prières, faisant le tout doucement et tranquillement autant qu’on le peut. 3) S’efforcer d’acquérir une entière soumission aux volontés de Dieu et, pour y parvenir peu à peu, il faut : 1. L’espérer de Dieu seul et la lui demander ; 2. Tous les matins, faire à Dieu un triple sacrifice du présent, du passé et de l’avenir, triple sacrifice contenu en ces trois pensées : vous l’avez voulu, ô mon Dieu, je le veux ; vous voulez telle chose pour le présent, je la veux ; vous voudrez peut-être telle et telle chose dans l’avenir, je le veux aussi, je m’y soumets par avance, j’accepte tout, je ne me réserve rien, je vous sacrifie tout et pour toujours, soutenez ma faiblesse et protégez-moi. 3. Dans toutes les occasions de peines de corps ou d’esprit, de chagrin, d’ennui, d’inquiétude même contre soi-même : mon Dieu, vous le voulez, vous le permettez, eh bien je le veux aussi, je m’y soumets de tout mon cœur pour l’amour de vous. 4. Évitez surtout de donner jamais des marques extérieures de colère, de vivacité, de chagrin, d’impatience ou de mauvaise humeur. 5. Si par malheur, par mégarde, par fragilité ou même par malice on s’est oublié ou échappé extérieurement ou intérieurement, revenir aussitôt à Dieu avec douleur, confusion, humilité, amour et confiance en Dieu, mais sans chagrin et dépit contre soi-même, évitant de s’impatienter, de s’inquiéter de s’être inquiété, disant à Dieu après tous ces manquements : Seigneur, je déteste le péché ou la faute commise, mais j’en accepte la juste punition, l’abjection et la peine intérieure que j’en ressens. J. P. de Caussade, Lettres Spirituelles, éd. DDB 1964, II, p. 243s
L´Auteur : Jean-Pierre de Caussade (1675-1751) D'une noble famille du Quercy, Jean-Pierre de Caussade étudia chez les Jésuites de Cahors, avant d'entrer en 1693 dans la Compagnie à Toulouse. Il enseigne jusqu'en 1720 dans de nombreux collèges du midi de la France, avant d'en parcourir aussi le nord et l'est comme missionnaire et prédicateur. Directeur spirituel particulièrement vigoureux, il pousse à ses dernières conséquences l'invitation à l'abandon à la volonté divine, ce qui le fera accuser de quiétisme en ces années où s'impose un certain moralisme janséniste. En Lorraine, son amitié pour le monastère de la Visitation sera l'occasion de ses Instructions Spirituelles et de l'essentiel de sa correspondance. Proche de Fénelon et de la tradition salésienne, lecteur des maîtres du Carmel, il sera peu à peu mis à l'écart à partir de 1731, jusqu'à sa mort en 1751 à Toulouse. ![]() |