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Jeudi 2 juillet 2026 Bienheureuse Eugénie Joubert Religieuse (+ 1904) Un combat gagné d'avance La purgation et guérison ordinaire, soit des corps soit des esprits, ne se fait que petit à petit, par progrès, d’avancement en avancement, avec peine et loisir. La guérison, dit le proverbe, qui se fait tout doucement, est toujours plus assurée ; les maladies du cœur, aussi bien que celle du corps, viennent à cheval et en poste, mais elles s’en retournent à pied et au petit pas. Il faut donc être courageuse et patiente, ô Philothée, en cette entreprise. L’exercice de la purgation de l’âme ne peut ni ne doit finir qu’avec notre vie : ne nous troublons donc point de nos imperfections, car notre perfection consiste à les combattre, et nous ne saurions les combattre sans les voir, ni les vaincre sans les rencontrer. Notre victoire ne consiste pas à les sentir point, mais à ne point leur consentir ; mais ce n’est pas leur consentir que d’en être incommodé ! Il faut bien que pour l’exercice de notre humilité, nous soyons quelques fois blessés en cette bataille spirituelle ; néanmoins nous ne sommes jamais vaincus sinon lorsque nous avons perdu ou la vie ou le courage. Or, les imperfections et péchés véniels ne nous sauraient ôter la vie spirituelle, car elle ne se perd que par le péché mortel ; il reste donc seulement qu’elles ne nous fassent point perdre le courage… C’est une heureuse condition pour nous en cette guerre, que nous soyons toujours vainqueurs, pourvu que nous voulions combattre. Saint François de Sales (1567-1622), Introduction à la Vie dévote, I, 5 Méditation En venant partager notre vie, Jésus nous trouve désorientés, parce que tournés vers la mort depuis le péché originel. Il n’est donc pas surprenant que le retournement auquel la prière nous invite, même si il vient au-devant de notre désir profond de vie éternelle, rencontre des résistances en nous, soit ressenti comme « une lutte et une peine ». Dans ce combat chrétien, notre force n’est pas d’abord affaire de volonté : notre volonté elle-même doit être sauvée par « celui qui doit venir », mais dont la présence au milieu de nous nous est déjà acquise, dès que nous sommes vigilants dans la prière. Parce que notre salut est en cours, ayons à la fois la patience d’être encore pécheurs, et le courage d’être déjà sauvés : seul le péché mortel, c’est-à-dire lâcher la main du Sauveur, nous priverait de la victoire finale. L´Auteur : François de Sales (Saint, 1567-1622) Évêque modèle de la contre-réforme catholique, fondateur de la Visitation avec Jeanne de Chantal, saint François de Sales fut d'abord un maître spirituel aussi profond dans son enseignement "grand public" (Introduction à la Vie dévote et correspondance) que dans son Traité de l'Amour de Dieu, analyse magistrale de l'ensemble de la vie intérieure. ![]() |