Samedi 4 juillet 2026

Saint Aurélien

Évêque de Lyon (+ 895)

Voir toute chose avec les yeux de l’amour

    L’amour ne veut voir que le Bien-Aimé, il ne cherche que le Bien-Aimé, il aime tout ce qui fait plaisir au Bien-Aimé : « Si c’est mon Sauveur seul que j’aime, pourquoi n’aimerais-je pas autant la montagne du Calvaire que celle du Thabor, puisqu’il est véritablement en l’une qu’en l’autre ? J’aime le Sauveur en Egypte. Pourquoi ne l’aimerais-je pas au festin de Simon le Lépreux sans aimer le festin ? Et si je l’aime entre les blasphèmes qu’on répand sur lui sans aimer les blasphèmes, pourquoi ne l’aimerai-je pas parfumé d’onguent précieux de la Madeleine sans aimer ni l’onguent, ni la senteur ? » (Saint François de Sales) Comme un enfant dans les bras de sa mère repose sans inquiétude et s’abandonne avec confiance, parce qu’il sent d’instinct que sa mère lui a donné tout son cœur, ainsi l’âme se livre à la Providence en pleine tranquillité d’esprit, quand elle en est arrivée à se dire : C’est mon Père des Cieux, c’est mon Epoux adoré, le Dieu de mon cœur qui a dans ses mains ma vie, ma mort, mon éternité, il ne m’arrivera que ce qu’il veut et il ne veut que mon plus grand bien pour l’autre monde et même pour celui-ci.

Dom Vital Lehodey (1857-1948), Le Saint Abandon, II, V

Méditation

« L’intelligence du cœur » est parfois opposé « au souci de nos tâches présentes ». Non pas que le chrétien soit dispensé de s’en occuper, mais bien de s’en préoccuper. Il nous faut donc regarder plus loin, ne pas évaluer les évènements à leur résultat, mais à leur sens, les lire comme paroles de Dieu sur le chemin qui nous conduit vers Jésus pour « entrer dans sa propre vie » : voilà « l’intelligence du cœur ».

    Comment l’acquérir ? En recevant toute chose de la main de Dieu, « ma vie, ma mort, mon éternité », le Calvaire comme le Thabor. Il ne s’agit pas de trouver agréable ce qui ne l’est pas, mais de vivre à un autre niveau : parce que nous sommes destinés à « entrer dans la vie du Fils », c’est le degré de notre union à Dieu, et lui seul, qui mesure notre félicité.

L´Auteur :

Lehodey (Vital, 1857-1948)

Né près de Coutances, prêtre diocésain en 1880, entre à la Trappe de Bricquebec (Manche) en 1890. Il en devient abbé en 1895, et connaîtra l’exil en Angleterre durant les expulsions. Grand contemplatif, ses ouvrages de formation spirituelle connurent un large succès, conférant une orientation résolument mystique à la vie monastique de son époque.