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Vendredi 21 août 2026 Saints Bernard, Marie et Grâce Martyrs en Espagne (+ 1180) La famille, cellule d'Église Le mariage fait de la famille la cellule de l'Église et comme une Église en petit. À l'intérieur de ce petit monde, les parents auront comme un sacerdoce et un magistère. Ils ont, de droit divin et ecclésiastique, le droit et le devoir d'assurer les exercices de religions familiaux et d'y présider, d'apprendre à prier, à croire, à aimer, aux âmes d'enfants que Dieu leur confie. Ils ont ce droit et ce devoir de par leur état, de par le sacrement qui persiste en ses effets ; ils les ont, sans doute, en dépendance de l'Église, car leur société n'est qu'une réalisation participée de celle qu'est l'Église ; ils les ont donc, peut-on dire, par une délégation de l'Église, mais une délégation qui tient à la structure même de l'Église, du sacrement et de la nature humaine, et qui est antérieure au droit positif ecclésiastique. N'est-il pas vrai que la plus forte influence religieuse que subisse un homme est celle de ses parents, et que l'enseignement qui est de loin le plus important dans l'Église, celui auquel tout croyant, fût-il pape, doit le plus, est celui que donnent les mamans sur leurs genoux – ou plutôt celui que le Christ donne par ceux qui le représentent, qui ont reçu ce sacrement, le sacrement des pères et des mères dans le Christ ? En sanctifiant les époux comme époux, le mariage fait que l'atmosphère du foyer est exactement celle qu'il faut à des petits baptisés. Aussi, pour ces petits, le rattachement à leur famille sera-t-il leur rattachement authentique à l'Église : ils sont d'Église en étant de leurs parents. Au point que ce sera aux parents plutôt qu'au curé comme tel à juger s'ils sont capables de faire leur première communion. Émile Mersch (1890-1940), La Théologie du Corps mystique, I, p. 310 sq. Méditation Le sacerdoce lié au baptême se précise dans le sacrement du mariage : les parents guident la véritable communauté chrétienne qu'est la famille, sont les premiers acteurs de son évangélisation, et en dirigent la pratique religieuse. Bien souvent, parce que la foi des vieux pays chrétiens s'est refroidie, les paroisses se sont en partie substituées aux parents, assurant le catéchisme et la préparation aux sacrements ; mais en réalité c'est un déséquilibre, et si l'Église baptise les nouveau-nés, ce n'est que dans la mesure où leurs parents s'engagent à ce véritable ministère, au titre du sacrement de mariage qu'ils ont reçu : tel est le sens des questions qu'elle pose au début de la cérémonie du baptême, et telle est la discipline qu'elle codifie très officiellement dans ce que l'on appelle le « droit canon ». Certes, il n'y a d'acte de foi que libre. Mais nous savons bien que la famille est, de fait, le chemin que le Dieu prend dans la grande majorité des cas pour nous y inviter. Vouloir l'ignorer, traiter comme accessoire la formation religieuse d'un enfant, loin de respecter sa liberté, est vraiment le lâcher en mer sans boussole et sans lui avoir appris à nager. L´Auteur : Mersch (Émile, 1890-1940). Entré chez les jésuites à 17 ans, il sera professeur et directeur spirituel à Louvain et à Namur. Un des très grands théologiens du XXe siècle, disparu tragiquement en se portant au secours des victimes des bombardements à la frontière française. ![]() |