Jeudi 3 septembre 2026

Saint Grégoire le Grand

« Vous ne voulez que lui, par conséquent vous n’aimez que lui. »

Ne vous imaginez pas, ma chère enfant, que l’amour soit seulement dans la jouissance ; il se trouve dans tous les états de la vie, pourvu que l’âme soit fidèle à l’exercer en tous temps, c’est-à-dire dans l’anéantissement, dans la pauvreté, dans les abandonnements même que Dieu fait porter aux âmes de sa divine présence, un cœur touché de l’amour divin aime toujours, quoiqu’il lui semble n’aimer pas. Consolez-vous donc, ma chère enfant, vous êtes à Dieu, vous ne voulez que lui, par conséquent vous n’aimez que lui : l’état le plus souffrant de la vie n’est point sans amour, quoiqu’il semble que la souffrance nous fasse retourner vers nous-mêmes, mais dans les âmes qui ont les habitudes de l’amour, plus on souffre et plus l’on est élevé vers son divin Objet pour s’y attacher et s’y unir inséparablement. Tâchez donc d’acquérir ces divines habitudes de l’amour et vous aimerez en tout temps et en tout lieu.

Vous faites bien de ne pas vous décourager, vous perdriez tout par cet endroit. Plus vous êtes pauvre plus vous devez renouveler vos désirs pour Dieu, afin de vous en approcher et l’aimer plus ardemment, et aspirer toujours plus fort à cette divine union de votre âme avec Notre Seigneur qui fait le bonheur de cette vie quand on y est arrivé.

Marie de Sainte-Thérèse, Lettres tome II, p. 269

L´Auteur :

Marie de Sainte-Thérèse (1640-1717)

Carmélite converse de Bordeaux, dirigée d’un fils spirituel du carme Maur de l’Enfant-Jésus, elle connut des expériences mystiques intenses qui l’amenèrent à être elle-même de conseillère spirituelle bien au-delà des limites de sa communauté et même de son ordre. Ses lettres de direction, restées pratiquement ignorées après sa mort, gagneraient à être redécouverts, pour nous remémorer la primauté de l’amour de Dieu, qui nous appelle à une intimité nuptiale avec lui, et veut lui-même opérer la transformation nécessaire en nos âmes.