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Samedi 16 mai 2026 Saint Honoré Pour parvenir au don d’oraison Se mettre bien avant dans l’esprit que, sans le don d’oraison, on n’avancera jamais en vertu que très peu, et avec mille peines et danger de nous décourager. Second principe : c’est le sentiment de tous les Pères, de tous les maîtres de la vie spirituelle, et l’expérience le confirme, que de toutes les manières d’oraison celle qui est la plus facile et par laquelle on fait de plus grands progrès, et en moins de temps, c’est l’oraison de recueillement ou de simple repos du cœur en la présence de Dieu. Pour parvenir peu à peu à ce don d’oraison, il faut : 1. Ne faire que le moins qu’on peut de prières vocales hors l’obligation. 2. Ne s’attacher à aucune pratique de piété, en sorte qu’on soit inquiet et troublé de n’y avoir pas satisfait. 3. S’accoutumer peu à peu à prier de cœur, faisant des actes intérieurs tels que Dieu les inspire. 4. En faire peu et fort doucement pour sentir l’attrait et le goût de Dieu au repos du cœur. 5. Dès qu’on a trouvé ce repos et cette tranquillité du cœur, s’y arrêter, en jouir, le goûter le plus longtemps qu’on peut, puisqu’il est certain qu’on ne trouvera rien de plus utile que ce doux repos de l’âme, pour léger qu’il paraisse dans les commencements. 6. Pour la même raison il faut lire peu, méditer et réfléchir fort peu, tendant toujours à rencontrer ce doux repos, et du moment qu’il se présente, s’arrêter, soit qu’on lise, soit qu’on médite, soit qu’on soit à genoux ou assis. Jean-Pierre de Caussade, Lettres Spirituelles, éd. DDB 1964, II, p. 243s
L´Auteur : Jean-Pierre de Caussade (1675-1751) D'une noble famille du Quercy, Jean-Pierre de Caussade étudia chez les Jésuites de Cahors, avant d'entrer en 1693 dans la Compagnie à Toulouse. Il enseigne jusqu'en 1720 dans de nombreux collèges du midi de la France, avant d'en parcourir aussi le nord et l'est comme missionnaire et prédicateur. Directeur spirituel particulièrement vigoureux, il pousse à ses dernières conséquences l'invitation à l'abandon à la volonté divine, ce qui le fera accuser de quiétisme en ces années où s'impose un certain moralisme janséniste. En Lorraine, son amitié pour le monastère de la Visitation sera l'occasion de ses Instructions Spirituelles et de l'essentiel de sa correspondance. Proche de Fénelon et de la tradition salésienne, lecteur des maîtres du Carmel, il sera peu à peu mis à l'écart à partir de 1731, jusqu'à sa mort en 1751 à Toulouse. ![]() |