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Mercredi 2 septembre 2026 Bienheureux Martyrs de Septembre Pour aller à l’Amour, pas d’autre moyen que lui-même Il ne faut pour aller à Dieu que Dieu même, c’est-à-dire se débarrasser de toute vue et de soi-même et se jeter avec confiance entre les bras de ce Père céleste et s’y abandonner entièrement ; chercher Dieu pour Dieu, c’est là tout ce qu’il y a de plus parfait ; ne vous étonnez donc pas si vous l’avez si bien trouvé, puisque vous n’ignorez pas que ce Dieu d’amour vient au-devant des âmes amoureuses qui le désirent. Je souhaiterais donc, ma chère enfant, que vous n’eussiez plus d’autre moyen pour faire votre perfection que l’approche et la présence de Notre Seigneur et l’amour que vous lui devez. Cet amour, quand il est ardent, fait de très belles et très grandes choses ; il fait tout dans un cœur amoureux ; il retranche, il réforme tout ce qu’il y a en nous qui n’est pas conforme à Dieu et aux attraits de sa grâce. L’amour fait plus, puisqu’il transforme un cœur amoureux en l’objet de son amour. Tâchez donc de porter les feux et les flammes de votre amour jusqu’à cette divine transformation de votre amour en Dieu ; il y a si longtemps que vous soupirez pour arriver à son union et à sa divine possession, vous avez à présent plus que jamais sujet d’y aspirer et de la demander : priez donc le Saint-Esprit, qui est l’amour du Père et du Fils et le lien qui les unit, de vous unir aussi à leurs divines Personnes, puisque Sa divine Majesté vous a favorisée de quelque vue sublime. Ne vivez plus de la vie des sens : vivez de la vie de l’esprit pour le Père, pour le Fils et le Saint-Esprit. J’espère que tout ce que vous avez reçu de Dieu, bien loin de passer, va servir de nourriture à votre âme par le souvenir qui vous reste des bontés de Dieu sur vous. Je le supplie de les augmenter de plus en plus jusqu’à une parfaite consommation. Marie de Sainte-Thérèse, Lettres tome II, p. 152
L´Auteur : Marie de Sainte-Thérèse (1640-1717) Carmélite converse de Bordeaux, dirigée d’un fils spirituel du carme Maur de l’Enfant-Jésus, elle connut des expériences mystiques intenses qui l’amenèrent à être elle-même de conseillère spirituelle bien au-delà des limites de sa communauté et même de son ordre. Ses lettres de direction, restées pratiquement ignorées après sa mort, gagneraient à être redécouverts, pour nous remémorer la primauté de l’amour de Dieu, qui nous appelle à une intimité nuptiale avec lui, et veut lui-même opérer la transformation nécessaire en nos âmes. ![]() |