![]() |
|
|
|
Lundi 9 février 2026Pain quotidien, pain d’éternitéSi quelqu'un réunit les flammes de deux cierges, il verra l'une complètement passée en l'autre. De la même façon, me semble-t-il, celui qui reçoit la chair de notre Seigneur Jésus-Christ et qui boit son sang précieux, comme lui-même le dit, sera trouvé ne faire qu'un avec lui ; il lui sera conjoint et il sera introduit en lui de telle manière par cette participation, qu'on le rencontrera dans le Christ, et réciproquement que le Christ sera rencontré en lui. Le Christ, bénissant en un seul corps, le sien, ceux qui croient en lui grâce à cette communion mystique, il les incorpore à lui et les incorpore entre eux. Qui donc pourrait séparer ceux qui, par ce saint corps, ne font ainsi qu'un avec le Christ ? Qui pourrait briser leur union réelle ? Car si tous nous participons au même pain, nous devenons tous un même corps : le Christ en effet ne peut être divisé. Et c'est pourquoi l'Église est appelée corps du Christ, et nous en sommes les membres particuliers, au dire de saint Paul, membres qui ne forment entre eux qu'une même réalité. Saint Cyrille d'Alexandrie (376-444), Sur l'Évangile de Jean MÉDITER LE NOTRE PÈRE Ne faire qu’un avec nous : voilà le désir du Christ au soir du Jeudi saint. Cette volonté d’unité explique sa passion, et en même temps le signe qu’il nous en donne en se faisant nourriture pour nous. Le pain quotidien de l’eucharistie devient ici pain d’éternité, dans une sorte de passage continuel de cette vie mortelle à la vie éternelle. Le Christ nous incorpore littéralement à lui en se faisant notre nourriture, et cette incorporation donne toute sa force à la définition que l’Église donne d’elle-même comme corps du Christ. Et c’est ainsi que le pain que Dieu nous donne chaque jour établit entre tous les chrétiens une communion de vie qui s’exprime dans leur vie fraternelle : Qui donc pourrait séparer ceux qui, par ce saint corps, ne font ainsi qu'un avec le Christ ? VIVRE LE NOTRE PÈRE Reconnaissons que bien souvent, notre fraternité chrétienne se limite à la politesse et à une certaine bienveillance qui ne nous coûte pas cher. Mais si acceptions d’être véritablement « passés en l’autre », si nous formions avec nos frères une vraie communauté, le partage, le pardon, l’entraide seraient des réalités quotidiennes. Essayons de repérer les limites que nous mettons à cette communion fraternelle.
L´Auteur : Cyrille d’Alexandrie (Saint, 376-444) Évêque vigoureux de la grande métropole égyptienne, saint Cyrille s’illustra comme défenseur de la vraie foi face à Nestorius qui minimisait la divinité du Christ. À ce titre, il fut l’acteur principal du concile d’Éphèse (431) qui proclama la maternité divine de Marie. ![]() |