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Mardi 10 février 2026Pourquoi demander ce que nous avons déjà ?Celui que nous prions sait, comme le Seigneur lui-même nous l’a dit, ce qui nous est nécessaire, avant même que nous le lui demandions. (Mt 6, 7-8) On pourrait donc s’étonner qu’après nous avoir interdit le bavardage dans la prière, il nous exhorte ainsi : « Il faut toujours prier, et sans se lasser. » Et celui qui sait donner de bonnes choses à ses enfants nous oblige à demander, à réclamer et à frapper à la porte. Que le Seigneur nous dise cela pourrait nous troubler, puisqu’il sait ce dont nous avons besoin avant même que nous le lui demandions. Mais il nous faut comprendre que ce que veut notre Dieu et Seigneur, ce n’est pas que nous lui fassions connaître notre volonté, car il ne peut l’ignorer, mais que nous mettions en mouvement notre désir par la prière, de telle sorte que nous puissions recevoir ce qu’il se prépare à donner. En effet, ce qu’il veut donner est immense, mais nous, nous sommes étroits et limités, et c’est pourquoi il nous est dit : « Dilatez-vous ! Ne vous mettez pas sous le joug des infidèles. » (II Co 6, 13-14) Cette réalité immense, l’œil ne l’a pas vue, car elle n’a pas de couleur déterminée ; l’oreille ne l’a pas entendue, car elle ne fait pas de bruit ; et elle n’est pas venue non plus au cœur de l’homme (I Co 2, 9), car c’est le cœur de l’homme qui doit venir en elle. Mais notre capacité à la recevoir sera d’autant plus grande que nous croirons avec plus de foi, que nous espérerons plus fermement, et que nous la désirerons plus ardemment. Saint Augustin (354-430), Lettre 130, 16-17 MÉDITER LE NOTRE PÈRE À quoi sert la prière ? À rien. Si Dieu est infiniment bon, que pourrions-nous demander de plus que ce qu’il veut de toute façon nous donner ? Alors, pourquoi prier ? Parce qu’au-dessus de ce que Dieu donne, il y a ce qu’il est en lui-même, ce que l’œil n’a pas vu, que l’oreille n’a pas entendu, et qui n’entre pas dans le cœur de l’homme (I Co 2, 9). Vivre en relation à Dieu, voilà le bonheur. Et le bonheur n’a pas d’autre justification de lui-même. Demander à Dieu notre pain de chaque jour, c’est renouveler chaque jour le bonheur d’être ses fils, et de recevoir de la main d’un Père ce que le païen croit être le produit inexplicable du hasard et de la nécessité. VIVRE LE NOTRE PÈRE Prier dilate notre désir. Ceux qui prient abondamment et depuis longtemps, connaissent cette dilatation : prier change le regard et conforme la volonté à celle de Dieu. Mais il y faut de la persévérance, qui est un des noms de l’amour. Soyons déterminés à ne jamais délaisser la prière. L’ennemi du genre humain n’ignore pas, le traître qu’il est, qu’une âme qui continue dans l’oraison est perdue pour lui. (Thérèse d’Avila)
L´Auteur : Augustin (Saint, 354-430) Saint Augustin, fils d’un père païen et de la pieuse sainte Monique, le plus célèbre, le plus lu et le plus commenté des Pères de l’Église latine, est un berbère de l’actuelle Algérie. Converti par la prédication de saint Ambroise (en 386) après une jeunesse orageuse et la parfaite éducation d’un rhéteur de l’Empire romain finissant, il est évêque d’Hippone en 395. Son œuvre immense ouvre le Moyen Âge ; rédigée au moment où les invasions barbares marquent la fin de l’Antiquité, elle domine la théologie et la spiritualité occidentales. Les Confessions, sont sans doute l’un des ouvrages les plus lus de l’histoire de l’humanité. Nous y suivons pas à pas l’itinéraire de conversion de saint Augustin, mais aussi de notre propre conversion, que nous commencions dans la vie chrétienne, ou que nous vivions la conversion permanente commencée avec notre baptême. ![]() |